14 - Calvados : Famille d’accueil pour des personnes âgées

Auteur : Alice Labrousse, Normandie 14 Actu, 6 décembre 2015

Marie-Line Terry a quitté son travail d’auxiliaire de vie pour devenir accueillante familiale, en mars 2015. Désormais, elle héberge deux personnes âgées sous son toit. Récit

Marie-Line Terry était auxiliaire de vie à domicile. En mars 2015, elle décide de quitter son job pour pouvoir concilier sa vie de famille avec son goût pour l’entraide. Elle choisit de devenir accueillante familiale, une sorte de famille d’accueil pour adultes. Aujourd’hui, elle héberge deux personnes âgées, Andrée, 88 ans, et Denise, 83 ans, chez elle, à Saint-Martin-de-Tallevende, près de Vire (Calvados). Marie-Line serait l’une des 182 personnes accueillantes familiales dans le département, selon l’association des accueillants familiaux 14.

Rompre la solitude +++

Un quotidien de famille

Le matin, comme tous les jours, Denise et Andrée se réveillent comme si ils étaient chez eux, avec les trois enfants de cette famille recomposée. Le petit-déjeuner est pris en famille, comme la plupart des repas. « Dans la journée, ils aiment surtout discuter, parfois Denise propose de jouer aux cartes. Mais, en général, ils ne sont pas très jeux. Ils préfèrent parler, marcher dehors et retrouver des amis et des proches qui viennent leur rendre visite », raconte l’accueillante. Son travail au quotidien, elle ne le changerait pour rien au monde.

C’est un travail humain. Les personnes, à partir d’un certain âge, ou selon leur état de santé, ont besoin d’une aide constante et quotidienne. Les maisons de retraite débordent souvent. Les familles d’accueil, c’est un soin particulier, une attention. »

Un travail…comme un autre ?

Les accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.
doivent se rendre à quelques rendez-vous, et disposer de chambre individuelle d’au moins 9m² pour chaque pensionnaire. Pour le devenir, il faut obtenir un agrément du Conseil départemental, et la validation d’un infirmier et de l’assistance sociale.
« Nous préparons les repas, nettoyons les chambres, consacrons notre temps à discuter avec nos pensionnaires, mais aussi pourvoir à leurs besoins quotidiens médicaux ou autre. Et puis, il y a les soins comme l’hygiène des personnes. »
Pour les deux pensionnaires de Marie-Line, ce sont les enfants de ceux-ci qui en ont la charge légale, et qui rémunèrent l’accueillante. Dans d’autres cas, il y a des services de l’État comme l’UDAF (L’Union départementale des associations familiales) qui se chargent de la mise sous tutelle, et des documents administratifs. Mais Marie-Line Terry insiste : « Nous ne faisons pas ce métier pour l’argent mais pour le contact humain. »

Selon l’état de santé de la personne hébergée et ses besoins quotidiens, le montant varie. Pour ma part, je reçois moins de 1 600 euros par mois par personne. Cette somme comprend le logement et les charges, la nourriture, les frais divers comme le ménage et les soins. »

Une histoire de famille

Ce sont pour des raisons personnelles que l’ancienne auxiliaire de vie a quitté son emploi. « Je voulais être plus présente chez moi, pour mes enfants. Mon métier ne me le permettait pas. » Mais ce n’est pas l’unique raison. L’héritage familial est aussi quelque chose qui a compté pour l’accueillante.

Ma grand-mère était accueillante familiale. Aujourd’hui, atteinte de la maladie d’Alzheimer, c’est ma mère qui s’occupe d’elle. Et moi, il faut croire que c’est une fibre familiale, ce besoin de donner, et toujours un contact humain fort.

Depuis l’arrivée d’Andrée en mars, l’accueillante a eu un autre pensionnaire, un vieil homme, qui est décédé en octobre, avant que Denise n’arrive. C’est aussi ça le métier d’accueillant, savoir rendre le plus agréable possible les derniers jours des personnes. Marie-Line revient sur ce quotidien parfois douloureux.

Nous nous attachons, forcément, les enfants aussi. Ils font partie de la famille. Nous espérons surtout rendre leur quotidien plus joyeux qu’à leur domicile où ils étaient seuls, malgré la venue d’auxiliaire ou de proches en visite. »

Alice Labrousse, journaliste pour Normandie Actu

Post Scriptum

Selon l’association des accueillants familiaux 14, il y aurait en 2015 182 accueillants familiaux agréés dans le département du Calvados.

Dernière mise à jour : lundi 7 décembre 2015

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