2007 : De mère en filles, elles ont suivi la même voie

Auteur : Nicolas MANZANO,
Le Bien Public - les Dépêches jeudi 30 août 2007

Is-sur-Tille (Côte d’Or) : Des accueillantes familiales hors du commun

Irène, Patricia et Delphine ont une particularité. De mère en filles, elles ont décidé de consacrer leur temps aux autres en devenant accueillantes familiales pour personnes âgées. Pour elles, cette profession constitue avant tout un véritable mode de vie intégralement basé sur le modèle familial, et le don de soi-même.

Il y a 14 ans, Irène décide d’abandonner son travail pour s’occuper de sa fille de six ans handicapée. Ses deux autres filles, Delphine et Patricia, ont alors onze et quinze ans. C’est en découvrant un article de presse sur la Suède, pays dans lequel l’activité est répandue, qu’Irène entreprend de consacrer sa vie aux autres en devenant accueillante familiale pour personnes âgées. Les démarches accomplies, elle ouvre sa première famille d’accueil à Clamecy dans la Nièvre.

Aujourd’hui, c’est en Côte-d’Or, à Is-sur-Tille, qu’elle poursuit son activité. Elle s’occupe actuellement de deux personnes âgées et de Nicolas, un jeune handicapé de 27 ans. Il y a 18 mois, Delphine, qui exerçait dans l’hôtellerie à Dijon, a décidé de changer de métier et de travailler aux côtés de sa mère. A 23 ans, elle est ainsi la plus jeune accueillante agréée de Côte-d’Or. Plus récemment, c’est Patricia, l’aînée, qui s’est reconvertie à son tour. Auparavant enseignante en éducation physique et sportive, elle vient d’obtenir avec son mari Bruno l’agrément qui leur permet d’accueillir deux personnes à leur domicile. Depuis le 4 août, les deux époux ont déjà une personne à leur charge.

« Un véritable choix »

Pour Irène, il n’y a rien d’anodin à ce que ses filles suivent cette voie. « Elles ont grandi entourées de personnes âgées, souvent très dépendantes et qui finissaient leur vie chez nous », dit-elle. « Avant, l’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). était assuré principalement par des femmes au foyer qui cherchaient une activité tout en restant à la maison. Mais la profession a évolué. Elle se rajeunit et les personnes qui la choisissent font désormais un véritable choix de reconversion professionnelle », ajoute Patricia avec passion.

Contrairement à la grande majorité des familles d’accueil du département, leur but n’est pas d’accueillir des personnes handicapées mentales, mais surtout des personnes âgées. « C’est un travail complètement différent pour une même formation. Pour nous, c’est beaucoup plus simple », explique Irène.

« Une vie de famille »

L’objectif de l’accueil familial est d’offrir aux personnes dépendantes la possibilité de conserver une vie sociale tout en assurant un suivi de la santé et une sécurité face aux risques liés à l’âge ou au handicap. Mais au-delà de cet aspect, Irène, Delphine et Patricia ont une conception large de leur mission.

Sorties, restaurants, shopping, ici tout se partage avec les pensionnaires. « Ce n’est plus un travail, c’est une vraie vie de famille », estime Delphine. Et ce partage dépasse, lorsque cela est possible, les barrières de l’âge et du handicap. C’est ainsi que, récemment, Nicolas a pu réaliser son rêve en effectuant son baptême de l’air.

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Patricia, Irène, Delphine...
Patricia, Irène, Delphine ainsi que Jean-Marie, l’époux d’Irène (de gauche à droite). Au premier plan, trois de leurs quatre pensionnaires Marie-Jeanne, Paulette et Nicolas (photo Philippe Maupetit)

Patricia, Irène, Delphine ainsi que Jean-Marie, l’époux d’Irène (de gauche à droite). Au premier plan, trois de leurs quatre pensionnaires Marie-Jeanne, Paulette et Nicolas (photo Philippe Maupetit)

« Donner sans espérer recevoir »

Plus qu’une simple profession, Irène et ses filles cultivent ainsi un véritable mode de vie basé sur le modèle familial, avec toute la complexité que cela peut porter. « Il faut s’adapter continuellement. Cela demande des mois de patience et bien sûr une certaine attirance pour autrui. C’est également lourd physiquement, il faut s’impliquer et posséder une extrême rigueur dans l’organisation. Les jeunes qui veulent devenir accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.
doivent en être conscients.

Il ne faut pas oublier que nous sommes de véritables professionnelles. En Côte-d’Or, le travail est très structuré. Des réunions et des visites à domicile sont organisées chaque mois. Le tout est de savoir donner sans espérer recevoir. Mais on reçoit toujours beaucoup. Ce sont de véritables leçons de vie », avoue Irène.

Nicolas MANZANO

Contact : 03.80.95.30.73. (Patricia Roumier)


Une activité réglementée

L’activité d’accueillant familial est soumis à un agrément valable 5 ans pour un maximum de trois pensionnaires. La formation s’effectue de façon continue. Les personnes accueillies peuvent bénéficier d’aides sociales telles que l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) ou l’APL (aide personnalisée au logement).

Renseignements auprès du conseil général de Côte-d’Or (tél. 03.80.63.66.00.), direction de l’autonomie, service soutien à domicile, cellule accueil familial des adultes, 1, rue Nicolas-Berthot à Dijon.

Dernière mise à jour : mercredi 12 janvier 2011

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