2011 : La réhabilitation psychosociale des patients psychiatriques stabilisés via l’Accueil Familial Thérapeutique

Auteur : Émilie Volat, Mémoire d’initiation à la recherche dans le champ professionnel (extraits) - DCESF – session 2011

Merci à Émilie, qui nous a autorisé à publier ici de larges extraits de son mémoire.
Nous lui souhaitons "bonne chance" pour la suite de ses études !

L’équipe de Famidac ;-)


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II. Problématique

Ces différentes recherches m’ont amené à la problématique suivante :
Par quels moyens le placement en accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). thérapeutique favorise la réinsertion sociale des patients psychiatriques stabilisés ?

II.1. Le public

II.1.1. Les candidats au placement

Les personnes placées en famille d’accueil thérapeutique sont des personnes qui souffrent de maladie mentale.

La maladie mentale est « l’ensemble des problèmes affectant l’esprit. Il s’agit de manifestations, d’un dysfonctionnement psychologique et souvent biologique. Ces perturbations provoquent différentes sensations de malaises, des bouleversements émotifs et/ou intellectuels, de même que des difficultés de comportement » [1].

Quelques exemples de maladies mentales : les psychoses (la schizophrénie, la psychose infantile…), la dépression, le retard mental, les troubles liés à la consommation de drogues…

Une psychose est une affectation mentale caractérisée par une altération profonde de la personnalité et des fonctions intellectuelles, et par le fait que le sujet n’a pas conscience de son état.

Ces maladies mentales peuvent constituer un handicap psychique plus ou moins important chez la personne atteinte.

Le handicap psychique est la conséquence d’une maladie mentale. La personne malade mentale est un individu « qui souffre de troubles d’origines diverses qui entachent son mode de comportement d’une façon momentanée ou durable et inégalement grave » [2]. Ce handicap n’affecte pas directement les capacités intellectuelles mais plutôt leur mise en œuvre. Il est toujours associé à des soins et ses manifestations sont variables dans le temps.

Pour qu’un patient puisse être placé en famille d’accueil il faut qu’il soit considéré comme « patient psychiatrique stabilisé ». Le cadre de santé du CMP décrit le patient psychiatrique stabilisé comme celui ayant une « disparition des troubles du comportement bruyant sous les effets conjugués de la contention neuroleptique et de l’extinction des productions délirantes débordantes. »

Deux critères essentiels sont retenus pour considérer un patient comme stabilisé :

  • le respect et continuité de la prise du traitement
  • la disparition partielle ou complète des symptômes.

Le malade considéré comme stabilisé présente malgré tout une symptomatologie psychotique toujours au premier plan, mais elle est moins intense que celle du malade considéré comme non stabilisé. Le patient est considéré comme stabilisé mais de manière ponctuelle, toute rechute est possible malgré des années positives du traitement.

Lors de ma rencontre avec le cadre de santé, celui-ci m’a indiqué que l’équipe médicale adaptait le traitement afin que le patient soit stabilisé mais puisse encore avoir quelque uns de ses « délires » dus à la maladie. Délirer, « c’est croire quelque chose mais cette croyance est fausse, irréelle, irraisonnée et non partagée par l’entourage et la société. Classiquement, c’est un trouble du jugement, et de ce point de vue, rêve et délire sont comparés. » [3]

En effet, le cadre de santé m’explique que certains patients privés de ces délires se sentent encore plus mal car ils y sont habitués, ils font partis de leur quotidien. Si ces délires doivent disparaître totalement, ils en prennent conscience et ceci peut porter préjudice à leur stabilisation.

II.1.2. Les pathologies

  • II.1.2.1. La schizophrénie

La schizophrénie est la maladie mentale la plus fréquente. De nos jours, elle frappe près de 1% de la population des pays économiquement développés, autant les filles que les garçons.

C’est une maladie du cerveau qui se manifeste par des perturbations de certaines fonctions mentales. Ce n’est pas une maladie de l’âme, ni un manque de volonté, ni une double personnalité, mais bien un « défaut » de certains circuits neuronaux du cerveau.

Cette pathologie se caractérise par de graves troubles de la pensée, du comportement et de la perception, marqués par une importante désorganisation. Le malade est incapable d’établir des relations logiques entre les évènements. Les hallucinations sont les principaux troubles de la perception. Ils peuvent s’exprimer par un dédoublement de la personnalité, une catatonie. Les éléments dominants sont l’ambivalence des idées du patient, son impénétrabilité et sa rupture avec la réalité, d’où un important isolement et un repli sur soi.

  • II.1.2.2. La psychose infantile

Selon Serge DELEGUE [4], la psychose infantile est une série de troubles de l’organisation de la personnalité et de la relation de l’enfant avec lui-même, avec l’autre et avec son monde extérieur. Le patient souffre donc de cette pathologie depuis son enfance. A l’âge adulte, les deux tiers seront lourdement handicapés.

Le terme de psychose infantile vieillie, désigne les cas chez l’adulte où le déficit est le plus grave. La déficience intellectuelle domine le tableau de psychoses infantiles vieillies.

Les symptômes sont les suivants :

  • une atteinte du langage : tant sur les capacités d’expression, de compréhension, de l’utilisation du langage comme instrument de pensée ou de communication
  • un repli, un isolement, une indifférence à l’environnement
  • une atteinte de la motricité : l’aptitude à des gestes fins ou élaborés est diminuée ; la mobilité générale, les mimiques et les mouvements intentionnels sont diminués au profit de mouvements automatiques, stéréotypiques plus ou moins complexes
  • la mémoire, les capacités de repérage spatio-temporel, la capacité d’acquisition sont très faibles.
  • II.1.2.3. La psychose paranoïaque

La paranoïa fait partie des psychoses qui se manifestent par un délire systématisé ne s’accompagnant pas de diminution de capacités intellectuelles. Le délire paranoïaque se développe dans la logique et de façon chronique à partir d’éléments faux.

La personnalité du sujet se caractérise par :

  • la surestimation du Moi (mégalomanie)
  • la rigidité psychique
  • une méfiance allant jusqu’au délire de persécution
  • la fausseté du jugement
  • l’inadaptation sociale
  • le dogmatisme
  • l’agressivité latente

Les différentes formes de délires paranoïaques :

  • délire de revendication
  • délire de jalousie
  • érotomanie (conviction d’être aimé par quelqu’un)
  • délire d’interprétation
  • délire sensitif.

II.2. De l’hospitalisation au placement en Accueil Familial Thérapeutique AFT
Accueil Familial Thérapeutique
Des personnes souffrant de troubles mentaux peuvent être prises en charge au domicile de particuliers formés, agréés et employés par des établissements psychiatriques.
avec hébergement

II.2.1. L’hospitalisation

II.2.1.1. Les trois types d’hospitalisation

La psychiatrie, comme toute activité médicale, peut s’exercer soit en service public (hôpital général ou spécialisé, consultation médico-psychologique), soit en secteur privé participant au service public (institution gérée par une association), soit en secteur privé (cabinet médical, clinique psychiatrique).

En France, les services publics de psychiatrie sont sectorisés. Tous les départements français sont divisés en zones géographiques appelées secteurs. Dans chaque secteur, une même équipe assure tous les soins psychiatriques pour la population habitant dans cette zone.

Il existe 815 secteurs de psychiatrie pour adultes, soit en moyenne un secteur pour 56 100 habitants de plus de 20 ans.

Il existe trois modes d’hospitalisation [5] pour entrer dans un hôpital psychiatrique. Ces trois modes d’hospitalisations sont régit par la loi n°90-527 du 27 juin 1990 relative aux droits et à la protection des personnes hospitalisées en raison de troubles mentaux et à leurs conditions d’hospitalisation.

HOSPITALISATION AVEC CONSENTEMENT

  • Hospitalisation libre Toute personne qui est hospitalisée avec son consentement dans un hôpital psychiatrique est dite en hospitalisation libre. Elle dispose des mêmes droits liés à l’exercice des libertés individuelles que ceux qui sont reconnus aux malades hospitalisés pour une autre cause. C’est le mode d’hospitalisation le plus courant. Cette forme d’hospitalisation représente 80% des admissions en psychiatrie.

HOSPITALISATION SANS CONSENTEMENT

  • Hospitalisation sur demande d’un tiers Une personne peut être hospitalisée sans son consentement en raison de troubles mentaux si ceux ci rendent impossible son consentement et si son état nécessite des soins immédiats assortis à une surveillance en milieu hospitalier.

Ceux qui peuvent demander l’hospitalisation sont soit un membre de la famille du patient soit une personne qui lui porte de l’intérêt sauf les soignants de la structure qui va l’accueillir.

Cette demande doit être manuscrite, signée et mentionner la nature des relations qui existent entre les deux parties. Il faut présenter deux certificats médicaux, de deux praticiens différents qui constateront de l’incapacité du patient à donner son consentement du fait de ses troubles, du besoin de soins immédiat en milieu hospitalier. Le premier certificat ne pouvant émaner d’un médecin exerçant dans l’établissement d’accueil, mais le second peut l’être.

  • Hospitalisation d’office C’est une hospitalisation qui concerne les personnes qui nécessite des soins et qui compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l’ordre public. Il faut un certificat médical établi par un médecin assermenté. Le certificat médical doit être circonstancié, il doit démontrer le lien entre les troubles mentaux et l’atteinte à l’ordre public ou la sûreté des personnes. L’admission fait suite à un arrêté préfectoral.

II.2.1.2. Le séjour hospitalier

L’hospitalisation à temps plein en psychiatrie se fait dans les centres hospitaliers psychiatriques (Centres Hospitaliers Spécialisés ou hôpitaux psychiatriques), qui constituent le cœur du secteur psychiatrique.

Ils mettent à la disposition de la population des services et des équipements diversifiés de prévention, de diagnostic, de soins, de réadaptation et de réinsertion sociale. Ces services exercent leur activité non seulement à l’intérieur de l’établissement mais aussi en dehors de celui-ci.

L’hospitalisation à temps plein est utilisée lorsque l’état de santé du patient nécessite des soins et/ou une surveillance 24 heures sur 24.

Les acteurs lors du séjour hospitalier sont :

  • Le psychiatre : vient en premier lieu. Le rôle du psychiatre hospitalier est d’être à l’écoute. Il tend à être avant tout médecin prescripteur d’un traitement. Le psychiatre référent est le médecin désigné pour assurer le suivi des soins de façon permanente.
  • L’infirmier(e) : est le lien de vie à l’hôpital. Son rôle devrait être essentiellement de rassurer, d’aménager « la bonne distance » qui doit s’établir entre le patient et sa famille. L’infirmier peut établir alors une relation personnalisée, support de l’alliance thérapeutique de l’équipe médicale. Encadré par le psychiatre, il est positionné comme point de repère pour les jours à venir. C’est souvent lui qui accompagne les familles. Pour le patient, les entretiens infirmiers sont parfois de véritables psychothérapies.
  • Le psychothérapeute : peut être psychiatre, ou psychologue. La psychothérapie devra installer avant tout un climat de confiance qui permettra de colmater les blessures du patient. Quand ils sont acceptés par le patient, les entretiens avec le psychothérapeute sont un complément (quand il est admis par le patient et proposé par la structure) profitable au traitement médicamenteux. Il existe également des psychothérapies familiales qui aident à replacer chaque membre de la famille à sa "vraie place", place qui a pu être perdue lors de l’épisode psychotique aigu.
  • L’assistante sociale : propose une orientation, un accompagnement sur les dispositifs d’aides sociales : aide au logement, aide aux transports, allocations allouées, nouveau statut dû à l’invalidité passagère…

Les étapes du patient en hôpital psychiatrique [6] :

  • Phase 1 : Examens médicaux : à l’arrivée du patient, nous effectuons une batterie de test et d’examens afin d’écarter toutes causes physiques qui peuvent expliquer les symptômes ressentis. Par exemple si le patient entend des voix, ça peut être la cause d’une tumeur au cerveau.
  • Phase 2 : Diagnostic : une fois tous les examens effectués, le médecin pose un diagnostic, celui-ci est renouvelable, provisoire et hypothétique. Entre le médecin et une ou des infirmières : décision de mesures à prendre, traitement à donner. L’avis des infirmiers compte beaucoup pour le parcours de soins car ils sont le plus souvent en contact avec le patient et sont plus apte à décrire certains symptômes et besoins de celui-ci. L’équipe communique toutes ses décisions au patient. L’équipe a besoin de son avis ou de celui de son responsable légal (en cas de tutelle ou curatelle) pour commencer le parcours de soin.
  • Phase 3 : Parcours de soin : différentes phases (adaptation, équilibrage en fonction des symptômes, stabilisation), l’observance du traitement peut modifier le diagnostic.
  • Phase 4 : Permissions de sorties : pendant le traitement et si l’état du patient le permet. Nous accordons des permissions de sorties qui au début commencent par une demi journée ensuite une journée, un week-end, une semaine… pour déboucher sur la sortie définitive de patient.
  • Phase 5 : Sortie de l’hôpital : si le traitement médical et le comportement du patient le permettent. A sa sortie, il doit être suivi par le CMP de sa commune afin de continuer le travail mis en place en hôpital.

La vie quotidienne d’un patient est rythmée par la prise du traitement et les repas. Hormis le matin, où ils ont des tâches bien spécifiques à effectuer telle que leur toilette et le rangement de leur espace de vie, ils sont en temps libre le reste de la journée à s’occuper à des activités plus ou moins ludiques en autonomie totale. L’équipe médicale est présente lors de ces temps libres afin de les observer et de contrôler leurs actes.

II.2.1.3. L’orientation vers l’accueil familial

Peut bénéficier d’un accueil familial thérapeutique avec hébergement, toute personne :

  • à l’exception des patients relevant de l’hospitalisation à la demande d’un tiers ou en hospitalisation d’office
  • prise en charge par un médecin psychiatre de l’hôpital référent
  • dont l’état psychique paraît compatible avec une vie en famille d’accueil.

Les indications de l’accueil familial thérapeutique concernent notamment des personnes :

  • dont les difficultés liées à leur pathologie entravent leur autonomie dans la vie quotidienne
  • dont l’isolement affectif et relationnel aggrave les effets de leur pathologie
  • pour lesquels la mobilisation psychique de l’accueil familial est susceptible d’apporter des effets thérapeutiques différents et plus adéquats de ceux attendus d’une prise en charge dans une institution
  • qui ne disposent pas ou plus d’autonomie suffisante pour vivre à leur domicile de façon indépendante,
  • ou qui ne s’adaptent pas en hébergement collectif,
  • ou qui n’ont pas trouvé de place dans un établissement adapté.

Le médecin psychiatre traitant et les référents soignants proposent à l’équipe pluridisciplinaire médicale du service d’accueil familial thérapeutique (psychiatre, infirmier, psychologue et assistant socio-éducatif) la candidature de patients susceptibles de bénéficier de cette prise en charge, au vu du projet thérapeutique.

Si le patient est placé sous tutelle ou curatelle, l’accord de son responsable légal est indispensable pour la mise en place du projet.

L’équipe prend la décision d’accueil en AFT à partir de la réflexion clinique engagée entre les deux équipes.

Lorsque le projet est retenu, il implique la continuité des soins par le médecin psychiatre traitant. Il faut ensuite trouver une famille d’accueil qui serait susceptible d’accueillir le projet thérapeutique. Ce choix est à la charge de l’équipe du service AFT qui prend en compte un grand nombre de critères.

Le projet d’orientation est soumis au patient et à son responsable légal.

Si le patient donne son accord au projet, les objectifs de l’accueil thérapeutique sont élaborés avec sa participation, celle de l’équipe du service AFT, du médecin traitant et des référents soignants. Ces objectifs font l’objet d’un document appelé contrat d’accueil (cf. chapitre plus bas).

La concrétisation d’un AFT nécessite un temps d’élaboration et de préparation. Un travail de rencontre et d’adaptation entre le patient, la famille d’accueil et les différents intervenants, à l’hôpital et au domicile de l’accueillant.

(...)

II.2.2.2. Présentation du métier

L’accueil familial thérapeutique (A.F.T.) est une modalité de prise en charge de personnes souffrant de troubles psychiques. Celle-ci propose un accueil, conjuguant des prestations d’hôte, un suivi médical et un accompagnement relationnel au sein d’une famille, le tout supervisé par une équipe soignante spécifique du secteur psychiatrique.

L’accueil est financé par la sécurité sociale et l’assurance maladie contrairement à l’accueil familial social. Cet accueil fait suite à une hospitalisation et peut être à temps plein, à temps partiel ou séquentiel.

L’objectif thérapeutique de l’accueil en famille est la mobilisation psychique du patient dans le but de favoriser :

  • le développement de son autonomie dans la vie quotidienne
  • son ouverture relationnelle
  • l’enrichissement de ses liens sociaux
  • la stabilisation du patient
  • ses repères

Il existe quatre formes de prises en charge de l’accueil familial thérapeutique avec hébergement :

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II.2.2.4. Les acteurs et leurs engagements respectifs

ÉQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE MÉDICALE DU SERVICE D’ACCUEIL FAMILIAL THÉRAPEUTIQUE

Placée sous la responsabilité d’un médecin psychiatre (praticien hospitalier), l’équipe pluridisciplinaire est composée d’infirmier(e)s, de psychologue(s), d’assistant(e)s socio-éducatif.

Cette équipe assure l’organisation, le soutien thérapeutique et le contrôle de l’accueil familial dans le respect du règlement intérieur.

Les missions qui lui incombent sont :

  • la réflexion clinique relative aux projets d’accueil et à leur choix
  • l’évaluation des candidatures des familles d’accueil
  • la préparation des patients, des familles d’accueil et des différents intervenants au projet d’accueil familial thérapeutique
  • l’accompagnement clinique du patient dans la famille
  • le soutien du travail de l’accueillant familial
  • le travail de réseau avec différents intervenants
  • la participation aux groupes de travail intersectoriels
  • la veille aux aspects matériels de l’accueil soient satisfaisant et que les droits aux malades soient respectées

Visites à domicile (VAD) : l’équipe assure des entretiens au domicile de l’accueillant. Ce suivi s’adapte aux particularités de chaque accueil et dans tous les cas il doit être au moins mensuel. Ces visites permettent de vérifier si les conditions de vie, le climat affectif et les modalités d’hébergement sont satisfaisantes et le demeurent.

L’ACCUEILLANT FAMILIAL THÉRAPEUTIQUE

La famille d’accueil aide le patient à participer aux activités de la vie familiale dans la mesure de ses capacités.

L’accueillant familial doit :

  • assurer la surveillance et la sécurité du patient dans le cadre du contrat de soins
  • agir dans le respect du patient : l’accueillant et ses proches sont tenus à la discrétion au regard de la vie privée des patients et au secret professionnel
  • respecter le projet thérapeutique défini par l’équipe de soins et participer à sa mise en œuvre
  • recevoir l’équipe du service AFT, les personnes associées au traitement et accepter un contrôle
  • permettre le cas échéant, au patient d’entretenir des relations avec sa famille naturelle et de la recevoir (en fonction de l’établissement hospitalier et du projet thérapeutique)
  • fournir les prestations liées à l’hébergement du patient
  • faire appel en cas de troubles médicaux au médecin référent de l’établissement de rattachement
  • informer l’équipe de tout renseignement d’ordre médical ou social concernant le patient
  • veiller à la défense des intérêts du patient
  • informer de tout changement dans la famille de l’accueillant

A l’inverse l’accueillant à l’interdiction :

  • d’accueillir un patient dont l’un des membres de l’accueil familial assure la tutelle
  • de recevoir un legs du patient accueilli ou toute autre somme d’argent

LA PERSONNE ACCUEILLIE

La personne accueillie s’engage à :

  • respecter les règles de la vie familiale, la famille et le foyer de l’accueillant
  • poursuivre des soins réguliers auprès de son médecin psychiatrique traitant
  • rencontrer régulièrement l’équipe d’AFT
  • préparer avec l’équipe AFT toute modification dans le cadre du projet thérapeutique
  • participer à la vie de famille

Sauf indication contraire de l’équipe du service, le patient peut être visité librement par sa famille et ses amis, recevoir des appels téléphoniques au domicile de l’accueillant familial selon le projet thérapeutique établi.

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III.1. Intérêts de l’accueil familial thérapeutique pour l’accueilli

Les professionnels de la psychiatrie française se sont rendu compte, depuis une vingtaine d’année, des limites de la médication et de la psychothérapie. Des progrès enregistrés ont permis de percevoir des améliorations ou guérisons cliniques, mais le problème de l’insertion sociale restait présent dans la plupart des cas.

C’est à partir de ces constats qu’a été mis en place la réhabilitation psychosociale [7] qui se définit comme « l’ensemble des initiatives en faveur de l’insertion dans la communauté civile de personnes souffrant de troubles psychiques chroniques et invalidants ».

Elle regroupe un ensemble d’actions de soins visant à optimiser leurs capacités et d’actions en direction de la société pour favoriser leur insertion. La réhabilitation se situe donc aux frontières du sanitaire et du social.

Cette notion s’impose de plus en plus ; le handicap psychique relève [8] « de besoins de soins de nature sociale autant que sanitaire pour acquérir un fonctionnement satisfaisant dans la vie quotidienne et trouver une place dans la société ». Le placement en famille d’accueil permet au patient de reprendre confiance en lui par des gestes simples.

La réhabilitation psychosociale se propose [9] :

  • de conduire, avec les usagers, la construction d’un espace intermédiaire entre le champ thérapeutique et le champ social
  • de réduire les symptômes et les effets négatifs des soins psychiatriques
  • d’améliorer le fonctionnement social
  • de réduire la stigmatisation et la discrimination
  • de soutenir la famille
  • de soutenir et maintenir les liens sociaux
  • de favoriser l’autonomie : en permettant aux malades d’accroître leurs capacités de vivre en société, de travailler et d’entrer en relation avec les autres. [10]

Dans ce cadre, les interventions se situent sur trois plans :

  • la vie sociale du patient : nécessité de construction d’une identité personnelle, d’une intégration à un réseau relationnel, de l’acquisition d’un « pouvoir social » minimum, de la conviction de pouvoir évoluer graduellement
  • l’aide psychique : l’exigence pour les équipes de penser à aller au devant des soins (prévention de la rechute) et d’assurer une réponse rapide aux crises par une permanence de l’accès aux soins
  • la vie quotidienne du malade : accès à une aisance matérielle minimum (hébergement, alimentation, argent), l’apprentissage des actes de la vie quotidienne.

On constate que le travail mené par les familles d’accueil s’inscrit totalement dans la réhabilitation psychosociale.

III.1.1. Déstigmatisation de la maladie mentale

Aujourd’hui, 30% de la population générale à des problèmes psychiatriques. Il faut donc changer l’image, ne plus se cacher afin d’aboutir à la réhabilitation de la pathologie mentale. De plus, les médias, chaque semaine ou presque, se font l’écho d’événements, du fait divers au drame, où la psychiatrie est, d’une manière ou l’autre, mise en cause, à tort ou à raison.

De nos jours on mesure combien, malgré des années d’efforts d’information, le poids de la stigmatisation demeure d’une déshumanisante réalité, dés que l’on met à jour, pour quiconque, un« passé psychiatrique ».

Le placement en famille d’accueil permet à ces personnes de mieux s’intégrer à la société, de moins se sentir isolé des autres au prétexte d’une différence mentale. Lorsque des patients franchissent la porte d’un Centre Social et qu’ils participent aux activités avec des familles, le regard des personnes change avec le temps. Malgré les premiers préjugés, ils apprennent à connaître la personne à l’épauler lorsqu’elle n’y arrive pas et à l’encourager dans ses démarches. La personne est considérée alors comme un participant à part entière et non plus comme une personne différente qui intrigue ou effraie

On constate la même évolution des représentations que se font les gens, lorsqu’un patient placé en famille d’accueil est présent pendant les repas familiaux et qu’il y rencontre tous les membres.

III.1.2. Réponse à différents types de besoins

Les trois plans d’intervention présentés par la réhabilitation psychosociale permettent de satisfaire des besoins élémentaires, tels que ceux évoqués par le psychologue Abraham MASLOW.

Besoins physiologiques : liés à la survie des individus ou de l’espèce. Ce sont typiquement des besoins concrets (manger, boire, respirer, dormir). En famille d’accueil le patient mange à sa faim sans peur de se faire voler sa nourriture dans son assiette par un autre patient comme constaté bien souvent en hôpital. Il peut dormir paisiblement sans être réveillé par les autres, son sommeil est respecté. Le patient est assuré en famille d’accueil de pouvoir vivre dans un environnement confortable (chauffage, eau chaude…) ce qui préserve sa santé physique.

Besoin de sécurité consistant à se protéger contre les différents dangers qui nous menacent. Il s’agit donc d’un besoin de conservation d’un existant, d’un acquis. Il s’inscrit dans une dimension temporelle.
Ils recouvrent le besoin :

  • d’un abri : logement de l’accueillant dans lequel il a une chambre à lui et un espace de vie familiale (salle à manger, cuisine…)
  • la sécurité des revenus et des ressources : qui sont assurés car l’accueillant ne doit en aucun cas recevoir, détenir des sommes d’argents ou des valeurs appartenant à un patient [11]
  • la sécurité physique contre la violence (délinquance, agressions, etc.) : l’accueillant veille au bien être de l’accueilli et essaye de le protéger des agressions extérieures
  • la sécurité morale et psychologique : en famille d’accueil aucun jugement de valeur ne doit être fait, le patient est respecté
  • la stabilité familiale ou, du moins, une certaine sécurité affective : le placement en famille d’accueil comble ce besoin en proposant une stabilité familiale et affective au patient. Le patient sait qu’il est protégé en famille d’accueil même si parfois sa pathologie lui fait croire le contraire.

Besoin d’appartenance : révèle la dimension sociale de l’individu qui a besoin de se sentir accepté par les groupes dans lesquels il vit (famille, travail, association, ...). L’individu se définissant par rapport à ses relations, ce besoin appartient au pôle « relationnel » de l’axe ontologique. Malgré la relation qu’un accueillant doit entretenir avec le patient, accueillant/accueilli, relation professionnelle, une part d’affect doit être présente afin que le patient comprenne qu’il est une personne et non pas seulement un malade.

Besoin d’estime prolonge le besoin d’appartenance. L’individu souhaite être reconnu en tant qu’entité propre au sein des groupes auxquels il appartient. Dans le quotidien d’une famille d’accueil, le patient doit apprendre à prendre soin de lui en se lavant, se rasant, se coiffant, en changeant de vêtements tous les jours, en refaisant sa garde de robe avec de nouveaux vêtements. Tout ceci lui redonne une bonne image de lui et lui réapprend à aimer son image.

Besoin de s’accomplir est le sommet des aspirations humaines. Il vise à sortir d’une condition purement matérielle pour atteindre l’épanouissement. Nous le considérons donc comme antagoniste aux besoins physiologiques.

L’avantage en famille d’accueil c’est que l’accueillant s’occupe en exclusivité du patient et non un infirmier pour 5 ou 6 patients en hôpital. Les soins et attentions sont plus personnels. Le patient apprend à ne pas crier, ne pas cracher par terre, être sociable et les règles de bonne conduite (dire merci, s’il vous plaît, rencontrer de nouvelles personnes).

III.1.3. Autonomisation de l’accueilli

L’accueillant familial fait tout pour que le patient acquiert une plus grande autonomie. Il l’invite à participer aux tâches ménagères (ranger et nettoyer sa chambre, aider dans la préparation des menus, mettre la table, aider au jardinage…).

L’autonomisation se fait aussi dans la prise de rendez-vous avec le CMP ou le médecin traitant, dans certaines familles, c’est au patient d’effectuer cette action afin qu’il sache le faire. On peut également les rendre autonome en les incitants à aller retirer eux-mêmes leur argent.

III.1.4. Soin dans un espace social démédicalisé

L’AFT est un moyen, dont les secteurs de psychiatrie se sont dotés pour assurer un travail de prise en charge et de continuité des soins, rompant avec l’enfermement hospitalier. [12]

L’intérêt de l’accueil familial thérapeutique est de proposer au patient un soin dans un espace social démédicalisé. Grâce à ses capacités naturelles, affectives et éducatives, la famille d’accueil fournit un climat propice à l’épanouissement humain du patient et favorise une évolution thérapeutique positive. L’accueil familial est dit thérapeutique dans la mesure où il intègre l’hébergement et la continuité des soins.

Ce placement démédicalisé inclus un intérêt économique non négligeable pour la sécurité sociale [13].

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Annexe 2 : entretien avec un cadre de santé du centre médico-psychologique de Villeneuve St Georges (94)

1. D’où viennent les patients placés en famille d’accueil thérapeutique ?

Les patients placés en familles d’accueil sont issus de l’hospitalisation libre de notre établissement.

2. Quelles sont les conditions pour qu’un patient puisse être orienté vers un placement en famille d’accueil ?

Il faut que le patient soit considéré comme stabilisé comme celui ayant une disparition des troubles du comportement bruyant sous les effets conjugués de la contention neuroleptique et de l’extinction des productions délirantes débordantes.

Deux critères essentiels sont retenus pour considérer un patient comme stabilisé :

  • le respect et continuité de la prise du traitement
  • la disparition partielle ou complète des symptômes.

Le malade considéré comme stabilisé présente malgré tout une symptomatologie psychotique toujours au premier plan, mais elle est moins intense que celle du malade considéré comme non stabilisé. Le patient est considéré comme stabilisé mais de manière ponctuelle, toute rechute est possible malgré des années positives du traitement.

Il faut que :

  • l’équipe médicale (psychiatre et médecin traitant) ainsi que sa famille et lui-même soient favorables à l’hypothèse d’un placement en famille d’accueil
  • que le patient se projette dans ce placement et qu’il soit partie prenante
  • trouver une famille d’accueil qui pourrait permettre l’accueil..

3. Quelles sont les pathologies des patients placés en famille d’accueil thérapeutique ?

Les patients placés souffrent de psychoses :

  • en grande majorité la schizophrénie
  • la psychose infantile
  • la psychose paranoïaque

4. Quelles sont les suites au placement en famille d’accueil ?

  • retour en hospitalisation
  • entrée en institution (maison de retraite, foyer d’accueil…)
  • installation dans un appartement thérapeutique
  • installation dans un appartement autonome (HLM par exemple)

Annexe 3 : entretien avec un infirmier en hôpital psychiatrique

1. Quelle est la différence entre les deux secteurs d’hospitalisation ?

La différence entre les deux secteurs dépendant des actes commis par le patient. Le secteur fermé s’adresse aux patients qui ont commis des délits ou crimes (meurtres par exemple). A l’inverse le secteur ouvert s’adresse aux autres patients qui n’ont pas besoin de surveillance plus intense.

2. Quelles sont les étapes suite à l’entrée d’un patient en hôpital psychiatrique ?

Phase 1 : Examens médicaux : à l’arrivée du patient, nous effectuons une batterie de test et d’examens afin d’écarter toutes causes physiques qui peuvent expliquer les symptômes ressentis. Par exemple si le patient entend des voix, ça peut être à cause d’une tumeur au cerveau.

Phase 2 : Diagnostic : une fois tous les examens effectués, le médecin pose un diagnostic, celui-ci est renouvelable, provisoire et hypothétique. Entre le médecin et une ou des infirmières : décision de mesures à prendre, traitement à donner. L’avis des infirmières compte beaucoup pour le parcours de soins car elles sont le plus souvent en contact avec le patient et sont plus apte à décrire certains symptômes et besoins de celui-ci. Toutes les décisions concernant le patient lui sont communiquées. L’équipe a besoin de son avis ou de celui de son responsable légal (en cas de tutelle ou curatelle) pour commencer le parcours de soin.

Phase 3 : Parcours de soin : différentes phases (adaptation, équilibrage en fonction des symptômes, stabilisation), l’observance du traitement peut modifier le diagnostic.

Phase 4 : Permissions de sorties : pendant le traitement et si l’état du patient le permet. Nous accordons des permissions de sorties qui a début commence par une demi journée ensuite une journée, un week-end, une semaine… pour déboucher sur la sortie définitive de patient.

Phase 5 : Sortie de l’hôpital : si le traitement médical et le comportement du patient le permettent. A sa sortie, il doit être suivi par le CMP de sa commune afin de continuer le travail mis en place en hôpital.

3. Quelle est la journée type d’un patient en secteur ouvert ?

  • 7h Réveil
  • 7h à 8h Toilette : on les stimule pour prendre la douche Tenue vestimentaire : on leurs demandent de mettre des vêtements propres Literie : on les « forcent » à faire leur lit pour qu’ils acquièrent plus d’autonomie
  • 8h-8h30 Prise du traitement Petit déjeuner
  • 9h à 12h Visite et entretiens médicaux : en fonction de l’état et des observations de l’équipe Temps libre dans le service : à leur disposition : télévision dans une salle commune, baby foot, table de ping-pong, jeux de société, MP3. Phase de contrôle et d’observation.
  • 12h Prise du traitement, Repas
  • 13h à 16h Suite visites et entretiens médicaux Temps libre Visite de l’entourage : en fonction de leur état et des autorisations, les patients peuvent recevoir de la visite
  • 16h Goûter
  • 16h30 à 18h Temps libre
  • 18h Prise du traitement
  • 18h30 Dîner
  • 20h à 21h Temps libre
  • 21h Tisane : proposée par l’équipe médicale, aide à dormir
  • 21h à 23h Coucher : préparation pour le coucher avec extinction des feux à 23h maximum

4. Les patients sont combien par chambre ?

Nous avons des chambres individuelles ou doubles.

5. Les patients peuvent-ils personnaliser leur chambre ?

Non ils ont l’interdiction de le faire. Il faut qu’ils comprennent qu’ils ne sont pas chez eux mais en hôpital même si le séjour pour certains est long. S’ils personnalisent leur chambre, ils vont s’attacher au service. L’on souhaite qu’ils se rendent compte que l’hospitalisation est une phase transitoire et qu’ils vont guérir et donc quitter l’hôpital.

6. Comment prenez vous en compte la famille du patient ?

Pendant l’hospitalisation le médecin reçoit la famille sur accord du patient afin de leur expliquer la pathologie, la raison des comportements vécu, les conséquences, le traitement et l’évolution possible.
Il y a un premier entretien entre la famille seule et le médecin et un second entre la famille, le patient et le médecin.

7. Quelle relation entretenez-vous avec le patient ?

Nous sommes obligés, par le règlement intérieur de l’hôpital, de les vouvoyer et de les appeler par leur nom de famille, jamais par leur prénom. Toujours garder une distance. Bien entendu en pratique nous nous adaptons, par exemple si nous avons affaire à une personne présentant une psychose infantile tel qu’un autisme, nous la tutoierons et l’appellerons pas son prénom pour faciliter la communication.

8. Que diriez-vous de la vie en hôpital psychiatrique ?

Ce qui est très difficile c’est que le patient n’est pas conscient de son état, pour lui, il n’est pas malade. Il refuse donc de prendre le traitement ou pense que l’équipe médicale est contre lui et veut l’empoisonner. Il faut constamment les stimuler car les traitements ont des effets soporifiques et les patients ont de suite la facilité de se laisser aller et de ne rien faire.

Notes

[1Source : UNAFAM : Union Nationale des Amis et Familles de Malades Psychiques

[2Source : Fondation des maladies mentales

[3Source : Serge DELEGUE – Praticien hospitalier, psychiatre et enseignant en école d’infirmiers. Source : site aph-metaphore.com

[4Praticien hospitalier, psychiatre et enseignant en école d’infirmiers. Source : site aph-metaphore.com

[5Source site internet du centre hospitalier de la ville d’Erstein

[6Source : entretien avec un infirmier en hôpital psychiatrique. Cf. annexe 3

[7Source : définition de l’Association Mondiale de Réhabilitation Psychosociale (W.A.R.P.)

[8Loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées

[9Source : Congrès du 3 et 4 décembre 1998 à Angers « la réhabilitation psychosociale en France »

[10Source : Gilles VIDON Psychiatre des hôpitaux, chef de service à l’hôpital Esquirol de St Maurice (94)

[11Source : règlement intérieur de l’accueil familial thérapeutique avec hébergement du centre hospitalier intercommunal de Villeneuve St Georges

[12Source : Assemblée Nationale, question de Jean-Christophe LAGARDE du 13/07/2010

[13Source : www.famidac.fr

Dernière mise à jour : mercredi 18 janvier 2012

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