Une autre façon de prendre soin des anciens

Auteur : Catherine JAOUEN, Ouest-France, 28/01/2010

Parmi les possibilités offertes aux personnes âgées ne pouvant plus vivre seules il en est une, méconnue, celle des familles d’accueil.

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Yvette Georges (à gauche) avec Yvonne Fabien
Yvette Georges (à gauche), ici avec Yvonne Fabien, accueille des personnes âgées chez elle, dans sa maison de Néant-sur-Yvel. Elle fait partie de ces familles qui proposent un mode d’hébergement alternatif et peu connu.

La solution n’est pas neuve. Et la présidente de l’association des familles d’accueil 56, Chantal Rouxel en atteste : depuis le milieu des années 1980, elle a reçu chez elle 34 personnes âgées. Ce parcours résidentiel pour les anciens est pourtant peu connu. « Faire la promotion de ce mode de garde est l’une de nos priorités », insiste la présidente.

Les familles d’accueil ont besoin d’un agrément pour de l’accueil allant jusqu’à trois personnes. « Il est délivré par le conseil général », poursuit Chantal Rouxel. Une attestation de 5 ans, renouvelable, fondée sur la base d’un sérieux dossier est requise : possibilités matérielles, disponibilité et, bien sûr, motivation.

Un hébergement moins impersonnel

Avant de lancer une procédure d’agrément, c’est donc en famille que se discute cette démarche. En effet, plus qu’une simple mise à disposition d’une chambre, la famille d’accueil ouvre son espace de vie, son temps, ses loisirs à la personne accueillie. « C’est vraiment un projet familial », appuie Yvette Georges, de Néant-Sur-Yvel.

Deux modes d’accueil existent : l’accueil définitif et l’accueil temporaire. Ce dernier reste une solution idéale pour des personnes âgées en attente de places dans des structures d’hébergement.

Yvette Georges a choisi le dispositif d’accueil temporaire. Jusqu’à ces derniers jours, elle hébergeait Yvonne Fabien. « Pendant 2 mois. Le temps qu’elle trouve une place dans une résidence du côté de Chartres, afin de se rapprocher de sa famille ».

Durant ce séjour, les rythmes de la famille d’accueil et de son hôte se mettent au diapason. Avec le souhait que le courant passe : pas facile, cette rencontre entre inconnus. Mais les choses se déroulent plutôt bien. « C’est un mode d’hébergement moins impersonnel qu’une résidence », souligne Chantal Rouxel.

Moins impersonnel, et moins traumatisant peut-être. En tout cas, une solution originale et séduisante.


Familles d’accueil, mode d’emploi

Qu’on soit familles d’accueil en puissance ou personnes âgées, le contact unique reste le Conseil général. Pour les premières, il suffit de faire une demande d’agrément puis de recevoir une formation.

Pour les personnes âgées, le Conseil général peut les orienter. Dans les deux cas, l’association des Familles d’accueil du Morbihan reste un interlocuteur privilégié.

« Nous recensons 75 familles d’accueil dans le département, pour près de 120 personnes accueillies », détaille Chantal Rouxel, la présidente. « Cinquante de ces familles sont adhérentes, et 18 ont des places vacantes ».

Dans ce cadre, les personnes accueillies sont les employeurs, à qui il en coûte entre 1.400 et 1.800 € par mois (une somme qui n’est pas considérée comme salaire pour les accueillants). Un coût qui peut être couvert en grande partie par des aides. Le choix se fait ensuite entre deux modes d’accueil : le temporaire (pas plus de 90 jours avec la même personne) et le définitif.


« L’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). est un vrai métier »

Source : Ouest-France, 27/01/2010

C’est une alternative, pour les personnes âgées et handicapées, au maintien à domicile et à l’hébergement collectif.

Trois questions à...

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Chantal Rouxel, présidente de l’AFA 56
Chantal Rouxel, présidente des Familles d’accueil du Morbihan.

Que recouvre exactement l’accueil familial ?

Les personnes à la recherche d’une solution pour l’un des leurs, personne âgée et/ou handicapée, ne pensent pas à ce type d’hébergement, qui est une alternative entre le maintien à domicile et l’entrée en hôpital, maison de retraite... On peut faire de l’accueil temporaire ou permanent pour une, deux ou trois personnes. Celles-ci vivent au sein des familles, qui ont reçu un agrément du conseil général.

L’accueil familial est un vrai métier. Les accueillants sont des professionnels formés ; les personnes accueillies, leurs employeurs.

Combien de familles d’accueil en Morbihan ?

Le Morbihan n’en compte que 75. Trente places sont pourtant disponibles. Un paradoxe quand on sait que la liste d’attente pour entrer en institution est parfois de 12 à 18 mois...

Quels sont vos projets pour vous faire mieux connaître ?

Nous venons de réunir les associations de Bretagne. On a échangé sur le fonctionnement de chacune, les différents modes de communication utilisés. On se reverra en mai à Lorient. Nous réfléchissons à la création d’une association Bretagne/Pays de la Loire. Pour ce qui est du Morbihan, nous lancerons en septembre une grande campagne de communication.

Catherine JAOUEN



Familles d’accueil. Une alternative à l’hospitalisation

Source : Le Télégramme, 20 Février 2010.

Leurs missions sont méconnues du grand public. Pourtant, les familles d’accueil permettent parfois d’éviter aux personnes âgées ou handicapées un placement dans des structures spécialisées.

Chantal Rouxel, présidente de l’association des familles d’accueil du Morbihan, souhaite développer cette offre de proximité pour les personnes âgées ou handicapés.

  • Le nombre de familles d’accueil est-il suffisant dans le Morbihan ?

Chantai Rouxel : II y en a 75 ; deux fois moins qu’en llle-et-Vilaine. D’ailleurs, le Morbihan est le département breton qui en a le moins. Pourtant, il reste encore trente places disponibles.

  • Comment expliquez-vous cette faible fréquentation ?

Le public méconnaît l’accueil familial et le confond avec les familles d’accueil pour les enfants en difficulté. Nous avons décidé de lancer une campagne de communication en septembre prochain autour de notre activité.

  • Quel est le public concerné par ce type d’accueil ?

Il s’agit des personnes âgées et des adultes handicapés. La méconnaissance de ce service est d’autant plus paradoxale que la liste d’attente dans les structures spécialisées est très longue. Les familles à la recherche d’une solution ne pensent pas à ce type d’hébergement qui est une alternative entre le maintien à domicile et l’hébergement collectif.

  • Cet hébergement familial est-il une solution provisoire ?

Il y a deux modes d’accueil. Le temporaire offre une solution pour un week-end, ou des vacances ; il est limité à 90 jours par an. Cela permet aux proches de souffler, d’attendre une place dans une institution ou d’envisager une convalescence à la sortie de l’hôpital et avant le retour à la maison. Sinon, l’accueil permanent est mis en place pour une durée indéterminée.

  • Est-ce d’abord une source de revenus pour la famille d’accueil ou un engagement social ?

Les deux ! C’est un travail en accord avec ses engagements. Le montant des tarifs dépend du degré d’autonomie ou de handicap. Et les agréments sont délivrés par le conseil général.

> Contact : Association des familles d’accueit du Morbihan. 3. rue des Lilas, 56100 Lorient - Tél. 02.97.83.35.38.


Les familles d’accueil, un bel acte de solidarité

Source : Ouest France, 9 février 2009 :

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AFA 56 - Ouest France

De gauche à droite, Christiane, Alain et Céline qui vivent en famille d’accueil chez Sarah Belmihoub.

Quand rester seul à la maison est devenu impossible, il existe une alternative à la maison de retraite ou à l’institut spécialisé : la famille d’accueil.

Sarah Belmihoub vit dans une grande maison dans la région vannetaise. Il y a quelques années, quand elle a arrêté de travailler au centre hospitalier Bretagne-Atlantique, elle a souhaité donner un nouveau sens à sa vie.

Décidée à aider les autres, elle fait le choix d’accueillir à son domicile des personnes âgées ou handicapées. Pour cela, il lui a fallu modifier les plans de sa maison en construction et se former... Au bout de quelques mois, Christiane, handicapée, est arrivée chez elle. Céline et René ont suivi.

« Ils sont ma petite famille, » avoue Sarah Belmihoub. Les débuts n’ont, cependant, pas été faciles. Mais aujourd’hui « quand ils ne sont pas là, ils me manquent. » Christiane approuve : « On est bien ensemble ». Alain plaisante : « C’est un peu dur pour moi avec toutes ces femmes. Heureusement que j’ai ma musique. »

« Maintenir l’autonomie »

À ce jour, l’association des Familles d’accueil compte 84 membres en Morbihan. Tous reçoivent chez eux des personnes âgées ou handicapées, moyennant une compensation financière. Il s’agit là d’un vrai métier et d’un bel acte de solidarité.

« Accueillir, c’est permettre à l’autre de préserver, voire de développer son autonomie. C’est aussi lui donner l’occasion de réaliser un projet de vie, de maintenir ou de développer des activités sociales. »

Afin d’informer sur le métier d’accueillant familial, une réunion d’information est organisée à la Maison de la famille, 47, rue Ferdinand-Le Dressay à Vannes, demain mardi 10 février 2009 à 20 h.

Dernière mise à jour : mercredi 3 mars 2010

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