Familles, Idéologies

Daniel SCHURMANS, psychiatre, psychothérapeute
(Institut Psychiatrique, Lierneux, Belgique)

Une analyse intuitive montre que la famille, et les discours qu’on tient sur elle, traversent notre siècle de part en part et sont mêlés à chacun de ses drames historiques. Sans doute n’est-ce pas un hasard. Mais réussirons-nous à rendre compte logiquement de cette constatation ?

En voici en tout cas quelques exemples :

  • en 1917, dans leur enthousiasme révolutionnaire, les bolcheviks ne voulaient rien moins qu’abolir la famille. Après quelques années de pouvoir, ils sont devenus particulièrement conservateurs en la matière, avec la famille comme un des piliers de la morale prolétarienne opposée au décadentisme bourgeois...
  • le nazisme valorisait les vertus familiales germaniques, et la place très spécifique de la femme à la cuisine, les enfants sur les genoux, pour ensuite subvertir, se subordonner et véritablement suborner la famille, sacrifiée sur l’autel de la race : les enfants les plus "aryens" étant produits et élevés en-dehors d’elle
  • les français n’ont certes pas oublié que le mot famille était l’un des trois mots fétiches de l’état pétainiste
  • "haïssable" en 1968, moribonde dix ans plus tard, elle renaît de ses cendres aujourd’hui dans un contexte de conformisme "post-moderne". Les grands enfants recommencent à penser au mariage, quand ils ne préfèrent pas rester très longtemps chez papa et maman.

Remarquons que la persistance au cours du 20ème siècle d’un débat permanent sur le thème de la famille contraste avec le respect qui l’avait entourée et la stabilité qu’elle avait revêtue au cours des siècles précédents. Après avoir été pierre angulaire, la famille serait-elle devenue la pierre d’achoppement de notre temps ?

Remarquons que notre siècle est celui où le collectivisme et l’individualisme se sont portés à leurs extrêmes historiques. La famille ne parviendrait-elle plus à jouer son rôle traditionnel d’institution médiatrice entre le collectif et l’individuel ?

Remarquons que notre siècle est celui où la tradition européenne s’est mise en contradiction brutale avec elle-même. Depuis le 15ème siècle, la culture européenne se donnait un impératif de progrès et de dépassement continuel d’elle-même. Tant que le progrès restait lent, la contradiction pouvait ne pas apparaître. Mais son accélération, bien que conforme à la tradition, finit aujourd’hui par en saper les bases. La famille est-elle, dans cette contradiction, un point nodal ?

Remarquons que cette fin de siècle voit en même temps l’affirmation éthique de l’individu et l’ébranlement de ses bases identitaires : les traditions les mieux établies sont ébranlées, des découvertes scientifiques en matière de reproduction, de greffes d’organe... rendent floues les frontières de l’être personnel, et en guise de point d’orgue à tout cela, le lien familial n’est plus ce qu’il était.

Toutes ces constatations sont-elles liées ? Je suis tenté de le croire. Mais dire que la famille est un élément-clé de l’idéologie de notre temps, et que cette idéologie est en crise, n’aurait aucun sens si l’on n’essayait pas de donner de ces termes éminemment vagues, une définition opérationnelle qui nous permette de penser ensemble sans refaire l’histoire de la Tour de Babel.

Définissons donc ce qu’est une idéologie. C’est impossible, il y a trente, cent définitions différentes... Aussi nous suffira-t-il de donner une définition qui nous convienne.

Une idéologie est donc un système de pensée, sociologiquement construit et déterminé, qui sert de grille de lecture pour la compréhension de la réalité et prétend en rendre compte. Ce système de pensée est conceptualisé ou non, conscient ou non en tant que totalité organisée. Il peut être, il est généralement, partagé et transmis. Il fait partie de l’ensemble culturel. Il est nécessairement incapable de tenir ses promesses d’exhaustivité. Enfin, il assure la cohésion et masque les contradictions sociales.

Au tour maintenant de la famille : c’est d’abord un objet paradoxal. En tant que réalité concrète, en effet, nous savons tous très bien ce que c’est. En tant que concept, au contraire, personne n’est capable d’en donner une définition satisfaisante. En effet, cette définition varie en fonction des normes culturelles. Et même à l’intérieur d’une même culture, les limites de la famille ne peuvent être tracées clairement. Un adjectif est nécessaire : on parlera de famille étendue, de famille élargie, nucléaire, monoparentale....

La question "un couple homosexuel constitue-t-il une famille" dévoile les positions profondes de chacun, et surtout la nature idéologique du concept de famille.

La famille est ensuite un objet idéologique. La définition de la famille ne peut être qu’idéologique parce que la réalité de la génération humaine est tout à fait floue. Dualité d’origine (nous avons tous deux parents), incertitude concernant la paternité (qui repose sur la seule parole de la mère, même si nous n’avons aucune raison d’en douter), définition arbitraire des lignées.

En outre, la définition de la famille se révèle de la plus grande importance idéologique. C’est par elle que sont transmises les valeurs sociales. Ce sont ses valeurs propres qui sont au cœur de toute la construction sociale des valeurs.

De la famille, on peut tout de même dire quelques petites choses générales : elle est liée à la rencontre des sexes, à la succession des générations, à la reproduction humaine, au fonctionnement social. Sans pour autant s’identifier à aucune de ces dimensions ni même à leur ensemble, elle est la machine qui les relie et les fait fonctionner. Sous des formes diverses, elle existe dans toutes les sociétés et semble indispensable au fonctionnement social.

Cette institution sociale minimale sert de matrice à toutes les autres institutions. La forme que prend la famille dans une société donnée se retrouve, en effet, à tous les autres niveaux d’institutions. J’indiquerai plus loin comment cela se passe.

La famille est encore autre chose : c’est un objet symbolique : elle fait partie intégrante du système symbolique et culturel de chaque société. Elle y joue un rôle matriciel, c’est-à-dire que le pattern familial et les signifiants familiaux servent à construire d’autres patterns et d’autres signifiants.

Le langage, par exemple, est structuré dans la plupart des langues selon un mode triangulaire (les trois personnes du discours) qui évoque les relations cardinales au sein de la famille. Je étant l’enfant, Tu étant la mère, Il étant le père. D’autre part, les mots, père, mère, frère, soeur, ne comptent plus leurs usages métaphoriques.

Enfin, la famille est un objet, une représentation imaginaire. L’idée qu’on s’en fait n’a que peu de rapports avec sa réalité. Elle se pare, comme le coq de La Fontaine se parait des plumes d’un paon, de vertus idéales qui ne lui appartiennent pas, et qui sont le reflet hypostasié des valeurs sociales.

C’est la représentation imaginaire de la famille qui sert de modèle à l’Image du Corps propre, selon la théorie de Gisela Pankow : les troubles de cette Image chez les schizophrènes peuvent être mis en rapport avec une malformation de l’Image familiale. La malformation en question est généralement liée à une tentative idéologique de masquer une insuffisance symbolique.

J’ai raconté ailleurs l’histoire de ce patient qui ne pouvait pas se toucher les mains sans ressentir une décharge électrique, comme si les deux moitiés droite et gauche de son corps étaient chargées différemment. Il est clairement apparu dans la thérapie que ces deux moitiés correspondaient aux deux familles dont il était issu, et dont le style de vie ne s’accordait pas.

Remarque :

Le fait que la famille soit à la fois structure symbolique et représentation imaginaire explique les contradictions et les paradoxes signalés plus haut : les deux natures de la famille ne fonctionnent pas de la même façon. L’idéologie sociale veut la réduire à une image idéale, à laquelle sa fonction symbolique résiste. Quand on cherche à définir la famille, on tombe sur des définitions différentes selon qu’on est sensible à l’un ou à l’autre aspect.

Cette différence n’empêche pas le registre symbolique et le registre imaginaire d’être influencés l’un par l’autre. En particulier, une insuffisance symbolique tend à être masquée par une malformation de l’image. Cette malformation est invisible aussi longtemps que l’on reste dans le contexte imaginaire qui lui a donné naissance.

Par exemple, une famille qui ne permet pas à l’Oedipe de fonctionner se réfugie dans une représentation narcissique intouchable d’elle-même, se perçoit comme un modèle parfait, y compris dans la gestion des drames humains que son dysfonctionnement a fait naître.

Conséquences

1) Il est impossible de travailler avec des familles sans comprendre leur fonctionnement institutionnel particulier.

Il est impossible de comprendre ce fonctionnement sans distinguer trois niveaux, et sans comprendre les contradictions et les complémentarités qui existent entre ces trois niveaux :

  • le niveau symbolique, où s’effectuent les opérations sur les signifiants collectifs et individuels
  • le niveau imaginaire : de l’idéalisation, du narcissisme, et de l’autojustification mystificatrice
  • le niveau des rapports de force, que je cite pour mémoire : la famille est aussi un groupe où s’affrontent des intérêts divers à partir de positions de force et de positions hiérarchiques diverses, où des alliances se font et se défont en fonction d’objectifs de pouvoir, de prestige, ou d’acquisitions de biens (qu’on pense à l’héritage).

Une famille ne peut pas se décrire sous un seul de ces aspects sans risque de contresens. Les interprétations idéologiques de la famille sont contradictoires, comme je l’ai signalé, parce qu’elles privilégient un niveau de lecture au détriment des autres. Par exemple, le marxisme a fait l’impasse sur le niveau symbolique. La famille est alors analysée comme un lieu de conflits masqués par une tyrannie idéologique. Et il est vrai qu’elle peut être cela, mais pas uniquement.

Bien que je ne veuille pas mettre le nazisme sur le même plan, je crois intéressant de rappeler que ce dernier accepte le niveau imaginaire comme étant réel, renforce son aspect mystificateur, et finit par mystifier l’institution familiale elle-même en prétendant la remplacer par des institutions d’état qui garantiraient mieux qu’elle sa fonction biologique.

Nous-mêmes pouvons donner des familles avec lesquelles nous travaillons des lectures incomplètes, et par là même dangereuses :

  • tomber par exemple dans le panneau de l’idéologie familiale, prendre pour argent comptant le discours que la famille profère sur elle-même, sur ses valeurs, ses idéaux
  • analyser au contraire le fonctionnement familial comme on analyserait une entreprise, négliger l’intérêt de son fonctionnement symbolique
  • négliger les défauts de la fonction symbolique en analysant exclusivement les autres aspects

Connaître une famille selon ces trois aspects, c’est rendre compte de l’interaction du fonctionnement de l’un avec celui des autres. C’est se donner une chance de comprendre les effets qu’ils exercent sur des individus qui sont eux-mêmes fascinés par l’imaginaire, imprégnés de symbolique et pris dans des jeux de forces.

2) La famille est un opérateur symbolique

C’est-à-dire un instrument capable de modifier le sens des signifiants. Un exemple de la théorie psychanalytique de l’Oedipe : la fusion mère-enfant est brisée lorsque le Père se constitue en Tiers, ceci dans la mesure où la Mère le rend tel en le désignant comme l’objet de son désir. L’enfant y gagne une solide frustration, mais aussi l’accès à l’ordre symbolique, au langage, à la non-psychose, à l’identification de Soi.

Cette théorie montre à l’œuvre une opération symbolique puisque l’ordre signifiant en est modifié. Dans ce cas-ci, il est en réalité instauré, pour l’enfant tout au moins. Cette opération est l’œuvre de la structure familiale en tant que telle. Ce n’est ni le père, ni la mère, ni l’enfant qui en sont l’auteur mais la position réciproque qu’ils occupent les uns par rapport aux autres.

L’exemple est particulier en ce qu’il instaure l’ordre symbolique. Il s’agit aussi d’une théorie générale. Dans la pratique, on peut admettre que l’apparition de l’ordre symbolique se fait d’une façon quelque peu différente d’un cas à l’autre, et que les signifiants constitués gardent quelque chose des conditions particulières qui ont présidé à leur naissance.

D’autres opérations symboliques mettant en jeu la famille existent. Toutefois, elles ont une moins grande portée, se bornant à modifier le sens des signifiants au lieu d’en créer. Dans certains cas, on pourra assister aussi à la destruction de signifiants, mais c’est une autre histoire.

Un exemple, de portée limitée, issu des travaux de Jeanne Favret-Saada : une famille rurale est accablée d’une malchance persistante qui, dans sa conception, s’explique par le sort jeté par un voisin jaloux. Ils s’adressent à une spécialiste, Mme Flora, qui leur tire les cartes.

Elle utilise toujours la même métaphore en présence des deux époux : les cartes rouges les représentent eux, les innocentes victimes ; les noires représentent les sorciers et ceux qui leur veulent du mal. Elle sait parfaitement que la malchance s’explique "aussi" par la mollesse du mari, chef de famille d’un milieu patriarcal mais dont l’épouse est plus énergique et souffre de devoir s’effacer : c’est, en effet, cette sorte de gens qui constitue la grande majorité de ses clients.

Un jour, l’épouse vient seule. Mme Flora change de système, désigne sa cliente par la Dame de Pique, et se justifie en disant : "Vous serez veuve, dans beaucoup d’années". Cette annonce entraîne un grand sourire, non que la femme ait envie de perdre son époux, la perspective est à long terme. Mais, être libre de prendre ses propres décisions...

Le sorcier étant désigné par une carte rouge, le Roi de Carreau, Mme Flora peut jouer de la symbolique des couleurs pour légitimer la violence latente de sa cliente, évidemment orientée vers la défense des justes intérêts des victimes du Sorcier. Par des prescriptions précises, elle oriente la lutte de façon plus agressive, et l’épouse prend ces initiatives en charge. Bientôt, celle-ci a acquis assez de maîtrise pour prendre en main les affaires de la ferme. Le sort est définitivement conjuré.

Ce que les cartes peuvent obtenir (modification de la définition de soi, de la représentation que l’on a des autres, de la connotation et de la dénotation des différents signifiants attachés aux personnes et à leurs relations), a fortiori on peut s’attendre à ce qu’une structure familiale l’obtienne parfois. Remarquons que les cartes utilisées par Mme Flora sont des figures parentales.

Les conditions pour que l’opération symbolique se produise doivent toutefois être réunies.

Par analogie avec le jeu de cartes tel que le pratique Mme Flora, on peut s’attendre à ce que ces conditions soient les suivantes :

  • entre les signifiants à modifier et ceux que l’opération symbolique utilise, il doit y avoir une forte analogie de structure (triangulation) renforcée par une ressemblance d’image
  • cette analogie doit être renforcée aussi, le plus possible, par l’opérateur proprement dit (soit la personne ou la situation qui agit)
  • le sujet de l’opération ayant ainsi assimilé les signifiants les uns aux autres, l’opération doit se poursuivre en offrant une issue totalement différente de ce qu’il connaît
  • cette issue doit se présenter de façon aussi surprenante que possible et en tout cas, de façon absolument imprévisible.

Une telle séquence ne correspond-elle pas à ce que les familles d’accueil font vivre, bien souvent, aux accueillis ?

3) La fonction imaginaire est normale

J’ai toutefois déjà laissé entendre qu’une mauvaise fonction symbolique entraînait en compensation le renforcement narcissique imaginaire. La fonction imaginaire est décrite chez l’individu comme un mode d’aperception des choses qui s’effectue sans référence au langage ni à la dialectique des signifiants. Cela pourrait être l’unique mode représentatif des animaux (?).

Il s’agit d’une connaissance immédiate, qui a toutes les apparences de l’évidence et ne peut se soumettre ni à discussion ni à argumentation. En cela, elle est paranoïaque, qu’elle soit par ailleurs vraie ou fausse. Quelques exemples : la première impression que l’on se fait de quelqu’un, la certitude du délirant, du paranoïaque, l’intime conviction, l’Image de soi, les jeux de la séduction...

Existe-t-il une fonction imaginaire collective, ici dans un groupe familial ? Il semble bien que oui. Les phénomènes de groupe et de masse étudiés par la dynamique de groupe, par Gustave Lebon, par Elias Canetti en portent témoignage. Hitler a basé sa force sur l’existence de tels phénomènes, irrationnels en ce sens que non soumis à la rationalité dialectique, et qu’il savait susciter à son profit. Il les mettait alors en résonance avec son idéologie, toute entière basée sur la séduction qu’exercent les modèles culturels et sur le refus agressif de la pensée critique.

Dans une famille, les mêmes phénomènes se produisent, à plus petite échelle. Ses membres ont besoin, pour se sentir appartenir à un même groupe, d’une identité illusoire, construite sur un mythe ("le sang des Björndal", "le sang des Eygletières"... ). Ils ont besoin de négliger la réalité du fait qu’aucun d’eux n’est davantage Björndal ou Eygletières qu’il n’est identifié avec l’une quelconque des innombrables lignées dont ils descendent sans se reconnaître avec elles un lien de parenté. Pure image donc, mais au nom de laquelle nous attaquerons souvent agressivement la pensée critique qui la conteste.

L’étranger qu’on voit pour la première fois est d’abord une image face à d’autres images. On n’en connaît rien, on croit le connaître parce que l’impression qu’il fait est vive, sans nuances. Plus tard, on mettra des mots sur cette impression, si toutefois l’on n’est pas paranoïaque. En parlant avec l’autre, on nuancera la première impression jusqu’à ce qu’elle se dissolve ou se transforme. On passera, alors, de la connaissance paranoïaque à la connaissance dialectique.

L’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale).

Tous ces phénomènes se rencontrent dans l’accueil familial. La connaissance de ces phénomènes nous permet de le décrire et de le comprendre.

L’accueilli est d’abord perçu sur le mode imaginaire, celui que j’ai appelé paranoïaque. On s’en fait une image sans nuances, en vertu de la première impression. Lui-même, d’ailleurs, fait de même à l’égard des membres de la famille d’accueil.

Celui qui fonctionne sur un mode paranoïaque en reste là. Les autres évoluent, mais cette phase paranoïaque est aisément reconnaissable par l’observateur attentif. Par la suite, même si la relation change, on voit réapparaître des moments "paranoïaques" lors des crises relationnelles.

Ensuite, l’accueilli trouve sa position et sa définition dans une structure symbolique. Par métaphore, on pourrait dire qu’il devient un mot de l’idiome familial, de même que chaque membre de la famille d’accueil devient un mot de son idiome à lui. Le sens de ces mots ainsi que leur usage sont déterminés les uns par rapport aux autres et par rapport aux autres mots de l’idiome, c’est-à-dire notamment par rapport aux personnes définies lors des rencontres précédentes. L’opération symbolique, qui peut avoir une grande importance dans le destin ultérieur de l’accueilli, consistera en un changement du sens qu’il attribue aux mots, aux signifiants relationnels, sous l’influence d’un contexte sémantique nouveau auquel il ne s’attendait vraiment pas.

Une particularité supplémentaire de l’accueil familial est le caractère ambigu et relativement inadéquat des idiomes courants, aussi bien celui de l’accueilli que celui des accueillants, pour décrire et conceptualiser la situation qu’ils vivent. L’accueilli est "comme" un enfant de la famille sans en être un, etc...

Cette particularité est à la fois favorable au changement sémantique dont j’ai parlé, et défavorable à la clarté des échanges. Elle peut être responsable d’une difficulté à définir la relation, au sein de l’accueil. Elle peut être responsable d’une difficulté à communiquer sur la façon dont on communique.

Elle est donc à priori à la fois un facteur thérapeutique et un facteur pathogène. Ce fait rend d’autant plus grande notre responsabilité, d’autant plus grande notre obligation d’observer et de comprendre.

Dernière mise à jour : jeudi 2 novembre 2006

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