Il y avait déjà les appartements thérapeutiques et l’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). thérapeutique, voici les "familles gouvernantes" : un groupe de patients vivant dans un ou plusieurs appartements mitoyens salarie une "gouvernante" qui s’occupe d’eux au quotidien, leurs soins étant assurés par des professionnels du secteur (libéraux ou salariés d’établissements).

Profil type : patients incapables de vivre seuls et ne nécessitant pas une prise en charge hospitalière.

Ces personnes handicapées sont colocataires de l’appartement et co-employeurs d’une auxiliaire de vie (ou garde-malade). Celle-ci réside généralement dans un appartement mitoyen ou voisin. On peut comparer cette solution avec les logements indépendants, services compris proposés par certains accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.
, ceux-ci proposant cependant une prise en charge plus individualisée.

Tout comme les accueils en logements indépendants, les familles gouvernantes sont des dispositifs qui, à ce jour, ne sont pas réellement réglementés. L’Unaf organise le partage des expériences et la mutualisation des compétences pour élaborer un cadre d’organisation, sans tomber dans un excès de réglementation qui pourrait condamner, à plus ou moins longue échéance, ces structures naissantes.

Les articles suivants étant extraits d’un communiqué de l’UNAF, nous ne garantissons pas leur impartialité... N’hésitez pas à nous adresser vos informations ou vos commentaires sur ce sujet !



"L’action sociale", supplément "l’espace UNAF" (communiqué) :

Depuis 10 ans, I’UDAF de la Marne a mis en place "les familles gouvernantes" auprès des majeurs placés sous un régime de protection juridique. L’UDAF de la Marne a constitué ce dossier, respectant le désir des acteurs de décrire le cheminement du projet, ses bénéfices et ses difficultés. Parce que, chacun le sait, I’expérience des uns n’est pas reproductible, telle quelle ! En revanche, comprendre les implicites, repérer les Parcours, les concepts, les choix, les modalités de participation des partenaires, le poids du subjectif voilà une série d’indicateurs qui apparaissent dans la description de cette réalisation.

Je formule le vœu que les gestionnaires des politiques sociales s’en emparent et facilitent le développement de formules qui respectent les personnes. "Ta dignité, c’est ma dignité". Puisse ce mot extrait du livre de la 13 journée contre la misère (18 février 2001), être partagé par tous, familles, acteurs, gestionnaires, gouvernantes.

Hubert BRIN, Président de l’UNAF

Les familles gouvernantes, 10 ans déjà avec l’UDAF de la Marne

Le concept des familles gouvernantes est né à l’Union départementale des associations familiales (UDAF) de la Marne, avec le soutien du juge des tutelles, confronté à la difficulté de prise en charge d’une population marginale, polyhandicapée ou/et en situation d’exclusion. Ce projet est unique en France : il a pris naissance à Reims et s’étend désormais sur tout le département de la Marne.

Aujourd’hui à Reims, Épernay et Chalons en Champagne, 170 personnes sous tutelles sont prises en charge par 35 gouvernantes. En effet, comme aime à le rappeler Madame BRENNER, initiatrice du projet, "nous en avions assez d’avoir un pourcentage important de gens qui se suicidaient, de gens qui vivaient dehors, faisant l’aller et retour entre les services d’urgences psychiatriques, les hôtels minables et la rue. Nous avons en tutelle une population cumulant isolement intensif, social et familial, maladie mentale et alcoolisme qui engendrent des troubles du comportement énormes incompatibles avec la vie en société". Il y a dix ans, I’idée est donc venue d’embaucher une gouvernante habitant le même immeuble pour gérer et accompagner cinq personnes en tutelle réparties en deux appartements et ceci dans tous les actes de leur vie quotidienne. Cette expérience innovante ne pouvait pas voir le jour, sans le partenariat actif des organismes logeurs, du secteur médico-hospitalier, qu’il a fallu convaincre avec patience et ténacité...

Aujourd’hui, au cœur de "Croix-Rouge", un quartier périphérique défavorisé de la ville de Reims, cinq adultes sont devenus colocataires et salarient une personne en tant qu’employée de maison. Ils résident dans deux appartements dans le même immeuble que la salariée, leur gouvernante. C’est la proximité de la gouvernante qui permet le maintien et l’insertion en milieu ordinaire. Depuis les "mini-structures" se sont multipliées.

La "gouvernante", une véritable fonction

Le terme "gouvernante" n’a pas été choisi au hasard. Il correspond à un statut référencé dans la Convention collective nationale du travail du personnel employé de maison du 3 juin 1980. Il s’agit d’un emploi à caractère familial, la salariée ayant pour mission de "veiller au confort physique et moral et d’assurer une présence responsable". Dans l’esprit du projet, la gouvernante peut représenter pour les personnes sous tutelle avec les caractéristiques précitées la mère nourricière, rassurante accueillante, présente, satisfaisant les besoins primaires.

La gouvernante doit à la fois faire preuve d’autorité, de rigueur, d’assurance, dans son quotidien, mais aussi d’affection et de maternage. C’est aussi une forme de "désir caritatif" qui la motive. Ce désir s’épanouit dans un travail rémunéré, par le biais d’un statut, et d’une mission fondée sur la disponibilité. Le recrutement de la gouvernante s’effectue à partir d’un réseau de connaissances et de reconnaissance dans le quartier. Tous les mois, un psychiatre du Centre hospitalier intervient pour aborder des problèmes spécifiques liés au travail de la gouvernante (problèmes liés à l’alcoolisme, psychose, alimentation). De plus, I’équipe des gouvernantes participe à la formation action engagée par l’UDAF visant à une meilleure santé des populations les plus démunies des services de tutelle.

La gouvernante au quotidien

L’accompagnement de la personne est un processus d’intervention sociale, individuel, d’intérêt collectif qui tend à permettre à la personne de valoriser ses capacités dans un échange avec elle-même, les autres et l’environnement. La gouvernante accompagne dans la vie de tous les jours l’ensemble des actes d’assistance, de présence et de soins prodigués afin de redonner aux personnes en tutelle un cadre de vie normal. Elle doit respecter les personnes et se faire respecter : il faut savoir être sévère si nécessaire, mais aussi faire preuve de compréhension et de chaleur. Elle doit savoir prendre du recul face aux situations se présentant dans l’appartement afin de faire face avec calme à toutes les éventualités. En cas de problème, elle peut appeler le responsable de service 7 jours sur 7 (même à son domicile personnels les délégués et les médecins. Elle décide, s’il y a urgence, de l’hospitalisation de la personne.

Sur une plage horaire allant du matin 8 heures à l’heure du dîner, du lundi au vendredi, la gouvernante assure le ménage, les courses et les repas, le suivi des rendez-vous médicaux...

Le week-end, le travail est le même en dehors du ménage. Il est assuré en binôme (avec la gouvernante la plus proche) pour permettre les repos et les congés. Les gouvernantes sont également sollicitées lors d’une crise, y compris la nuit.

La gouvernante assure :

  • L’accompagnement dans le logement.
  • La restauration
  • L’hygiène et les soins
  • Les loisirs et vacances...

Et, par ailleurs...

Toutes ces personnes sous tutelle ou curatelle de l’UDAF de la Marne sont accompagnées par des délégués garants du projet individuel de chacun, ils assurent le suivi administratif, éducatif et comptable de chaque adulte.

Un fonctionnement simple, un coût financier moindre

Le service "Famille Gouvernante" fonctionne sans aucune subvention, uniquement à partir des ressources propres des personnes sous tutelle. Le coût financier pour chaque adulte s’élève au maximum à 6.000 francs par mois tout compris : une économie pour la collectivité.

C’est à partir de cinq adultes employeurs qu’une création d’emploi est possible pour des raisons financières : les cinq employeurs permettent de dégager un salaire net de 9.000 francs par mois.

Les gouvernantes sont issues et connues du quartier, caractère essentiel pour favoriser une intégration immédiate des personnes sous tutelle... fonction familiale et solidaire, fonction économique et sociale, tel est l’enjeu de cette réalisation.

Benoît MULLER, Directeur de l’UDAF de la Marne

L’avis de la Vice-présidente du Tribunal de Grande Instance de Reims

Une volonté de qualité

La charge de travail des Juges des tutelles qui s’occupent de la protection des incapables majeurs augmente régulièrement depuis plus de 10 ans et à l’aube du troisième millénaire les enjeux qualitatifs des mesures de protection apparaissent comme un défi qu’il faut relever. Derrière la gestion des biens, ce sont les choix de vie de la personne, le respect de sa dignité ou son retrait progressif de la société qui sont en jeu.

C’est cette philosophie et l’écoute attentive des demandes provenant "du terrain" c’est-à-dire des majeurs protégés eux-mêmes qui ont poussé l’UDAF de la Marne à tenter une expérience innovante que j’ai découverte en 1994 et qui s’est développée sous l’appellation "Familles Gouvernantes" : faire de la personne le centre du dispositif. Pour la juridiction, les Familles Gouvernantes sont une création répondant aux besoins du terrain.

Un constat

Un grand nombre de majeurs ne peuvent vivre au quotidien sans être épaulés et sont soit trop jeunes, sort insuffisamment handicapés pour être pris en charge par un établissement. De plus, ils ne rentrent dans aucune catégorie définie (handicap physique, handicap mental ou handicap social) et cumulent plusieurs sortes de difficultés (dépressions nécessitant un suivi psychiatrique, plus alcoolisme nécessitant un suivi médical, plus désocialisation après plusieurs années de vie dans la rue nécessitant une prise en charge sociale, etc.).

Enfin, leur état est susceptible d’amélioration et la mesure de protection doit leur permettre de retrouver leur dignité et de reprendre si possible leur place dans la société. Or, en France, il n’existe pas de structure permettant d’appréhender la personne dans sa globalité et de prendre en charge des problématiques complexes. De plus certaines familles prenant en charge elles-mêmes un majeur protégé ont besoin de temps de récupération et ne trouvent pas les relais qui leur permettent de se reposer afin de continuer à assumer leur rôle.

Les Familles Gouvernantes : une réponse

La prise en charge du majeur protégé repose donc sur deux principes :

  • recréer une ambiance familiale, une présence, un lien affectif en partageant des moments et des actions,
  • rémunérer une gouvernante (pilier affectif de la maison) en mettant en commun les possibilités financières de plusieurs majeurs protégés.

Ce projet a démontré qu’il permettais de concilier des aspirations souvent considérées comme étant contradictoires :

  • la protection et la liberté, en s’assurant que le majeur dispose à la fois de possibilités personnelles de vie et remplit ses obligations ;
  • la pluridisciplinarité des partenariats : avec les organismes logeurs, les médecins généralistes, les médecins psychiatres, le Juge des tutelles et le gérant de tutelle, le secteur social ;
  • le respect des compétences de chacun organisées autour de la suprématie du terme de "projet global" qui vise chaque personne coordonnée par la gouvernante et l’UDAF ;
  • la sécurité (le majeur protégé est l’employeur de la gouvernante et colocataire de l’appartement, il n’est pas soumis au bon vouloir d’une Institution) ;
  • la flexibilité en fonction de l’amélioration de son état, le majeur protégé a la possibilité de revenir vivre dans sa famille ou de devenir autonome s’il le souhaite.

Des résultats spectaculaires pour un coût modéré

Entre 1994 et 1999, j’ai assisté à un développement important du nombre de personnes prises en charge dans le cadre des familles gouvernantes.

Cette réalisation a fait l’unanimité auprès :

  • des organismes de logement social qui ne rencontrent plus aucun retard dans le paiement des loyers et plus aucun problème de troubles de voisinage ;
  • des autres locataires de l’immeuble qui ne ressentent plus la "différence" des majeurs protégés ;
  • des médecins généralistes et spécialistes, notamment psychiatres, qui aboutissent à des résultats beaucoup plus patents grâce à un suivi régulier des traitements et des contacts privilégiés avec la gouvernante ;
  • des familles qui reconnaissent la qualité de vie des leurs en famille gouvernante, et peuvent intégrer un passage en famille gouvernante dans leur projet global de prise en charge du majeur protégé ;
  • des majeurs protégés eux-mêmes qui retrouvent leur dignité, sortent de l’exclusion et vivent "normalement" ;
  • du Juge des tutelles, maillon indispensable de ce dispositif puisqu’il ordonne la mesure de tutelle aux prestations sociales ou la mesure civile (tutelle plus souvent en curatelle 512) qui permet à l’UDAF de gérer les biens, condition sine qua non de la prise en charge en famille gouvernante.

En tout état de cause, je souhaite rendre hommage à Monsieur DEGREMONT, Préfet de la Région Charente - Ardennes pour le soutien sans faille qu’il a manifesté à cette action. Je souhaite tout comme lui que le dispositif soit pérenne, stabilisé notamment par une reconnaissance juridique.

Anne GONGORA, Vice-Présidente du Tribunal de Grande Instance de Reims

L’avis des médecins

Nous sommes psychiatres traitant de nombreux patients de ces structures. Nous l’avons été comme hospitaliers au CHU et le sommes comme libéraux.

Il faut rendre hommage à l’équipe de l’UDAF pour l’immense travail réalisé dans les structures de réhabilitation psychosociale que sont les appartements avec famille gouvernante. Repères, assistance et protection, hygiène et soins, activités, tout ce dont le malade mental a besoin est développé dans ces appartements dans une logique de partenariat avec différents acteurs du soin psychique.

Cette réhabilitation psychosociale concerne essentiellement des malades psychotiques mais aussi des patients atteints de démence voire certains individus sans pathologie avérée mais déstabilisés et engagés dans une spirale désintégrative sociale et psychologique.

Pierre DENEKER, découvreur des neuroleptiques, a dit : "En France, quand quelqu’un trouve quelque chose, d’abord on dit ce n’est pas vrai, ensuite on dit ce n’est pas important, enfin on dit c’est vrai, c’est important, mais ce n’est pas lui qui l’a trouvé".

Qu’on ne s’y trompe pas : la méthode de l’UDAF fonctionne bien. Elle est indispensable à la prévention des rechutes et à la réintégration sociale de bien des patients du département. Elle comble un vide en ce qui concerne les structures post-hospitalières. Ne pas abandonner le patient psychotique à son destin tragique et œuvrer pour permettre sa réinsertion même protégée et partielle suppose assouplissement des mentalités et pratiques.

Nous rencontrons dans ces structures humanité, dévouement, échange, formation réciproque ; il y règne finalement un pragmatisme qui promeut - enfin ! - une représentation positive de la maladie mentale. Mais nous croyons qu’il y a plus : ces structures ne sont ni un traitement psychique, ni un traitement social de la psychose, elles sont les deux, c’est-à-dire au centre du nécessaire aux malades.

Docteur Alain PERCEAU - Docteur Thierry BROCHIER


La création par l’UDAF d’un service de familles gouvernantes mettant à la disposition, dans de bonnes conditions matérielles et environnementales, un lieu d’hébergement pour des malades atteints d’une pathologie neuro-psychiatrique grave et chronique, hospitalisés souvent depuis de longues années, a constitué une nouvelle et heureuse perspective pour cette population très handicapée qui a pu ainsi se réinsérer socialement en retrouvant un minimum d’autonomie hors les murs de l’hôpital.

En effet, ces patients n’avaient jusqu’alors aucune possibilité de sortir de l’hôpital psychiatrique, faute de "soutien familial", les lieux d’accueil médico-sociaux type centre d’aide par le travail, maison d’accueil spécialisé, ou foyer de vie, ne se déclaraient pas en mesure d’assurer la prise en charge de ces malades, enfin le dispositif des secteurs psychiatriques hors hospitalisation n’était pas suffisamment équipé en locaux et en personnels pour pallier les difficultés permanentes de vie de ces patients. Et nous avons désormais un recul suffisant pour confirmer l’intérêt de ces familles gouvernantes. Les patients ainsi placés et suivis en consultations dans les centres médico-psychologiques, et par des visites à domicile par l’équipe de secteur, dans ces familles gouvernantes, ont pu nous dire et nous montrer leur satisfaction et combien leur vie s’en est trouvée profondément changée.

Peu d’entre eux d’ailleurs ont été réhospitalisés, ou pendant de courts séjours lorsque leur état s’aggravait temporairement.

En outre, c’est en partie grâce à cette initiative de l’UDAF que l’impératif gouvernemental de la diminution du nombre de lits d’hospitalisation, en particulier en psychiatrie, a pu se réaliser, permettant par exemple pour le service dont j’avais la responsabilité médicale, de passer en 20 ans de 130 lits à 20 lits.

Précisons cependant que cette diminution drastique a eu par ailleurs des conséquences souvent très défavorables pour beaucoup de malades qui continuent à relever de notre spécialité. Mais ceci est une autre histoire.

Docteur J. P. DELISLE, Psychiatre des Hôpitaux

L’avis de la Directrice Générale de l’OPAC de Reims

Les familles gouvernantes nous ont été proposées en 1993 par le service des tutelles aux prestations sociales de Sandrine BRENNER, pour loger dans de bonnes conditions des adultes sous tutelle, sous la responsabilité d’une "gouvernante" demeurant à proximité.

L’OPAC a répondu favorablement pour deux, puis cinq et aujourd’hui 36 logements, de type 3 ou 4, pour accueillir divers profils de personnes en difficulté sociale, médicale, de comportement dans des logements du quartier Université (2.000 logements réalisés en 1970 et réhabilités en 1993). Dans ce secteur, la rotation des locataires et la disponibilité des logements permettent d’accueillir plus facilement les adultes sous tutelle et, dans le même immeuble ou à proximité, la famille gouvernante. Le quartier dans lequel s’est déroulée l’expérimentation est classé Zone Franche Urbaine depuis 1 997.

Pour l’OPAC de Reims, souvent sollicité par les équipes psychiatriques pour reloger des patients en "milieu ouvert" sans réelle garantie de suivi médical et comportemental, l’expérience des familles gouvernantes montre le chemin à suivre : un réel accompagnement social des personnes, des logements parfaitement entretenus par leurs occupants, aucun problème d’impayé ou de voisinage.

Cette expérience peut être transposée dans d’autres quartiers et d’autres villes, compte tenu de son antériorité. Mais, en tout état de cause, sa réussite dépendra du volontarisme de femmes et d’hommes à organiser I’accompagnement de proximité des adultes sous tutelle. Elle est aussi fondée sur la qualité du partenariat entre l’OPAC et l’UDAF. Nous poursuivrons ce travail bénéfique pour tous.

Élisabeth CHERY, Directeur général de l’OPAC de Reims

Adresses :

UNAF, 28 place Saint Georges 75009 Paris - Tél. 01.49.95.36.00

UDAF, 65 rue Grande Étape 51035 Chalons en Champagne - Tél. 03.26.69.47.50


L’avis des gouvernantes

Message reçu de Claudine B., mardi 5 octobre 2004

Je suis gouvernante depuis bientôt douze ans, et si bien sûr mon travail me plaît, il est enrichissant, prenant, les salaires ne sont pas conséquents vis à vis du travail donné et qui augmente (le travail) de plus en plus chaque jour. Mes pensionnaires vieillissent ; s’ils ont progressés, en 12 ans, il sont maintenant en régression et moi j’ai également vieilli de 12 ans...

J’ai commencé ce travail avec la personne qui a imaginé et mis en route ce service, toujours pas reconnu, où si peu ! En 1992, je gagnais 9.000 francs net mensuel, soit 1.372 euros. Maintenant, en 2004, je gagne 1.336,08 euros c’est à dire 35,96 euros de moins.

Je pense bien sûr que ce travail est une vocation, mes pensionnaires ne sont jamais retournés en psychiatrie (je m’occupe de 5 hommes, de 43 à 91 ans maintenant) mais il faudrait aussi faire un tant soit peu attention aux gouvernantes qui doivent, suivant le contrat social et moral que nous avons passé avec ces personnes, être sur le qui vive jour et nuit : nous habitons juste à coté de chez eux et sommes en réalité leurs référents.

Il faut faire en sorte que le salaire des gouvernantes soit décent. Nous ne sommes pas indexées sur les hôpitaux, nous nous remplaçons pendant les congés payés, c’est à dire que nous avons dix personnes à soigner pendant les congés de notre " binôme", voir le travail supplémentaire.

Ce n’est pas une plainte mais juste une mise au point, car dans votre article vous ne parlez en rien de la "Gouvernante" de son travail de sa vie. Je connais toutes les personnes citées dans vos articles et que je les admire, mais je sais également que sans nous le service n’existerait pas !

Claudine B., gouvernante à l’UDAF de Reims depuis 12 ans

PS : je suis d’accord pour que ce message soit vu et lu pas tous, y compris ceux qui sont nos hiérarchiques et même les ministères s’ils prennent le temps de se pencher sur des cas comme les nôtres - sans nous, le déficit de la sécurité sociale serait encore plus conséquent.

Message reçu de Brigitte K., jeudi 7 octobre 2004

Je suis également gouvernante à Reims depuis 6 ans. Mon travail me plait beaucoup, il est très passionnant même si j’avais déjà cela sans l’âme ; il m’apporte chaque jour quelque chose de nouveau. Un regard différent sur ceux qui souffre, ceux qui n’ont plus rien, ceux qui sont différents.

Je m’occupe actuellement de 6 personnes chaque jour ; du matin 8h30 jusqu’a 12h45 et de 18h à 19h45. Il nous faut être très organisées, car le travail ne manque pas, pour cela il nous faut être disponibles et compréhensives.

Nous sommes très sollicitées par nos pensionnaires en temps normal et encore plus dans les moments de crises. Ce sont des personnes fragiles qui perdent pied très vite. Les crises interviennent à n’importe quel moment : le jour, la nuit ou même le week-end. C’est pourquoi je dis que nous devons être très disponibles ; déjà par rapport à nos horaires.

Nous ne sommes quasiment jamais présentes avec notre propre famille au moment des repas, même si nous avons 1 jour de repos 1/2 par semaine depuis 2 ans maintenant. Nous travaillons en roulement sur 3 semaines : 1 semaine je suis en repos le mardi midi et le mercredi toute la journée, la semaine d’après je suis en repos le jeudi midi et le vendredi et la semaine d’après le samedi midi et le dimanche et ainsi de suite.... Ce qui nous laisse pratiquement qu’un seul dimanche par mois en famille.

Nous travaillons également tous les jours de fête (Noël, nouvel an, ...), sauf lorsque nous avons la chance d’être en repos ces jours-là ou lorsque nous pouvons nous mettre en congés - et là c’est notre binôme qui passe de 5 pensionnaires à 10 (sans rémunération supplémentaire).

La proximité de notre habitation (moins de 200 m) de chez eux, est parfois difficile. En fait on ne fait pas de réelles coupures entre nos jours de travail et nos jours de repos, puisqu’on reste quasiment sur place. Nous n’avons aucune possibilités de choisir un endroit plus serein et plus calme que la Croix-Rouge, à Reims, pour élever notre famille.

Je voudrais surtout revenir sur l’ article qui parle très brièvement "de la gouvernante au quotidien" :

  • l’accompagnement dans le logement = Ménage complet (carreaux, armoires, frigo, congélateur, ...), achat de linge pour la maison ++ , achat de la nourriture pour 5 (ou 10 quand on remplace notre binôme), achat des produits d’entretien, ...
  • la restauration = Préparation des 3 repas + goûter + le service du repas
  • l’hygiène et les soins = Veiller à la toilette de chacun ou l’aider à se laver, à s’habiller. Achat des vêtements, entretien du linge : lavage, repassage, raccommodage si besoin. Achat des produits de toilettes. Préparation des piluliers. Prise et accompagnement des divers RDV : psy, généralistes, spécialistes, RDV au CHU, au coiffeur, pédicure, etc. ...
  • Les loisirs, les vacances : nous organisons diverses activités pour les pensionnaires.

Nous louons une salle et, chaque semaine, chacun peut venir selon son choix à différentes activités : chant, école, danse, cuisine, théâtre, sorties nature.

Nous animons ces activités pour la plupart sur un temps bénévole, 1 fois par semaine de 14h à 17h.

Nous louons également la salle 1 fois par mois pour fêter les anniversaires du mois.

Nous organisons aussi 2 voyages par année (certaines partent 1 semaine en vacances avec leurs pensionnaires). Ainsi que 2 fêtes en collaboration avec l’UDAF, "la fête de Noël" et un grand barbecue fin juin pour "la fête de l’été", à ces occasions nous en profitons pour faire une représentation de nos danses, chants et théâtre appris pendant l’année.

Je me suis permise de revenir sur la "gouvernante au quotidien" car je trouvais le passage un peu bref et notre rôle à nous : Gouvernante est un peu plus que cela ; nous sommes, il ne faut pas l’oublier, le pilier de l’appartement et en réalité le seul référent.

Je sais que le travail que je fais est formidable mais nous ne sommes pas reconnue à notre juste valeur.

COMBIEN COÛTE UNE JOURNÉE EN PSYCHIATRIE ? Â L’HÔPITAL ?

COMBIEN COÛTE UNE JOURNÉE EN MAISON DE RETRAITE ?

COMBIEN COÛTE UNE JOURNÉE EN FAMILLE GOUVERNANTE ?

Brigitte K., une gouvernante de Reims

PS : Bien entendu, je vous autorise a reproduire mon message. Depuis que notre service existe, il est grand temps qu’un maximum de personnes puisse nous découvrir. Il est vrai que nous faisons un travail formidable. Les personnes dont nous nous occupons chaque jour sont heureuses, elles sont bien, parfaitement intégrées dans leur logement, dans leur immeuble, dans leur quartier. Et pourtant, quand on nous emmène une nouvelle personne, la partie n’est pas toujours gagnée d’avance.

Je connais bien le travail de la famille d’accueil (ma mère et ma sœur le sont). Mais je peux vous assurer, avec ma propre expérience, que cela n’a rien de comparable, le salaire non plus d’ailleurs. Il m’arrive parfois de les envier.

Post Scriptum

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Dernière mise à jour : mardi 26 janvier 2016

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