Les piliers de la formation des accueillants familiaux

Auteur : Suzanne Moutin, Formatrice
 [1].

Intervention de Suzanne Moutin au forum régional Rhône-Alpes, le 15 mai 2008.

INTRODUCTION

Bonjour

Merci aux organisateurs de ce forum, de m’avoir invitée.

Avant de commencer mon intervention je veux vous lire un texte, écrit par Joshin Luce Bachoux, en juin 2004.


Le petit fils d’une grand-mère lui pose des questions :

« Que fais-tu grand-mère, assise là, dehors, toute seule ? »

Eh bien, vois-tu, j’apprends. J’apprends le petit, le minuscule, l’infini. J’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne. J’apprends à être transparente, à regarder au lieu d’être regardée. J’apprends le goût de l’instant quand mes mains tremblent, la précipitation du coeur qui bat trop vite. J’apprends à marcher doucement, à bouger dans des limites plus étroites qu’avant et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.

« Comment est-ce que tu apprends tout cela grand-mère ? »

J’apprends avec les arbres, et avec les oiseaux, j’apprends avec les nuages. J’apprends à rester en place, et à vivre dans le silence. J’apprends à garder les yeux ouverts et à écouter le vent, j’apprends la patience et aussi l’ennui ; j’apprends que la tristesse du coeur est un nuage, et nuage aussi le plaisir ; j’apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir et à recommencer sans me lasser.

« Grand-mère, je ne comprends pas, pourquoi apprendre tout ça ? »

Parce qu’il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains, à accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée ; parce qu’avec l’élan de la vague et le long retrait des marées, j’apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux. J’apprends qu’il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur, que leurs yeux reflètent dans nos yeux et leurs coeurs dans nos coeurs. J’apprends qu’on avance mieux en se donnant la main, que même un corps immobile danse quand le coeur est tranquille. Que la route est sans fin, et pourtant toujours exactement là.

« Et avec tout ça, pour fini, qu’apprends-tu donc grand-mère ? »

J’apprends, dit la grand-mère à l’enfant, j’apprends à être vieille !


Je suis heureuse d’être présente parmi vous aujourd’hui, surtout dans ce domaine qui me tient à coeur : l’accueil des personnes vieillissantes qui souhaitent garder un maximum d’autonomie et de cadre familial avant ou en dehors de l’accueil en institution d’hébergement.

Depuis, 8 ans, d’une manière ou d’une autre je travaille dans la formation de ceux et celles qui souhaitent être en proximité d’aide et de prendre soin avec nos « vieux » comme le dit Jérôme Pélissier dans son livre « La nuit tous les vieux sont gris ». « Prendre un vieux chez soi »1 pour parodier la chanson d’Yves Duteil (prendre un enfant par la main) c’est s’engager dans un chemin de relation qui n’est pas forcément simple et qui a ses exigences. Il est important, pour moi, que, accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.
, vous soyez préparés à cet accompagnement. La bonne volonté, la sensibilité, l’intuition… sont importants mais pas suffisants dans la durée et surtout face au fait que les personnes accueillies vont vers une perte d’autonomie et une dépendance qui vont s’accentuer.

Si vous êtes famille d’accueil pour des personnes âgées et que vous sentez le besoin de mieux approcher la psychologie de la personne vieillissante

Si vous avez chez vous déjà un proche plus âgé et fragilisé par le handicap ou la maladie et que vous cherchez des moyens pour l’aider, l’accompagner

Si vous souhaitez, devant l’évolution de la dépendance et de la perte d’autonomie de la personne âgée qui est chez vous, comprendre et mieux répondre à ses besoins

Si vous réalisez combien communiquer avec un « vieux » à partir de tous ses sens peut être enrichissant et utile pour le maintenir en contact avec ce qui l’entoure

Si vous avez une maison spacieuse et que vous voulez en faire profiter une personne âgée, isolée, et ayant des difficultés pour assumer le quotidien…

Alors, toutes ces raisons et bien d’autres, vous font pressentir que l’on ne s’improvise pas « accueillant familial ». Oh, le quotidien vous savez gérer, vous vous sentez capable de vous occuper d’une personne (comme de votre grand-mère par exemple) … MAIS vous ferez plus que de vous « occuper » de cette personne, la relation sera « autre » qu’avec votre parent, et heure après heure, jour après jour, vous devrez être là pour répondre aux besoins du « vieux », et cela est « une profession ».

Je n’entrerai pas dans le détail administratif, des coûts et des revenus… mais la personne que vous hébergerez aura droit à une qualité de présence une qualité de soin, elle est ce que disent nos cousins canadiens : « un client » dans le bon sens du terme. Elle paie pour un service. Avec la différence par rapport au client du café du coin que le service de la famille d’accueil concerne autant le matériel, l’hébergement, le service d’hôtellerie, que les relations, l’accompagnement psychologique... afin de faciliter une qualité de vie le plus longtemps possible.

Tout ce que je vais vous dire au sujet de la formation, en relation directe avec votre rôle d’accueillant familial, peut-être dit pour des personnes allant à domicile dans une relation d’aide avec la personne âgée. Les raisons de la formation et ses points forts sont valables pour une aide à domicile, une auxiliaire de gériatrie, une auxiliaire de vie etc…

POURQUOI UNE FORMATION ? les bonnes raisons

Vous allez donc me dire : mais pourquoi une formation ? Ce n’est pas si important que ça ?

Regardons les raisons qui viennent donner du poids à cette nécessité de formation :

  • Vous n’êtes pas seulement un « hôtelier » qui donne la clef de la chambre et fait la facture, semblable aux « gites » qui accueillent des personnes de passage. La personne âgée n’est pas seulement un client, demandant un toit pour quelques jours ! MAIS vous êtes, elles et vous, deux personnes en relation, deux personnes à respecter, deux personnes qui vont vivre « une tranche de vie » dans un compagnonnage particulier, et ça se prépare.
  • Vous avez besoin d’interroger votre pratique, vos émotions, vos possibilités… pour vous permettre, sans jugement ni culpabilité de pouvoir envisager sereinement votre « travail d’aide » auprès de la personne âgée.
  • La proximité au quotidien, avec une ou plusieurs personnes vieillissantes, vous demande d’être capable de vous situer en tant que « personne » intervenant au niveau de la « pratique »… vous avez besoin de connaître les bons gestes, ce qui est bon pour vous et pour la personne accueillie.
  • Vous le sentez, et vous le savez probablement, pour que la relation soit source de bien-être pour l’accueillant comme pour l’accueilli, il y a des moyens, des savoir-être, et des savoir-faire à mettre en place.
  • La personne vieillissante qui vous est confiée ou qui se confie à vous, n’est pas un « objet » même précieux, duquel on prend soin. Un objet on le pose, on le protège, mais on ne s’en occupe pas ! La personne âgée qui est chez vous, est un être qui a des besoins propres, des souhaits des désirs, un passé une expérience… et tout cela est unique, et fait d’elle ce que dit le petit prince de St Exupéry :

« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.
Tu es responsable de ta rose... »

  • Dans ce rôle « d’aidant » « d’accompagnant » il est important que vous trouviez votre place. Dans ce rôle de proximité qui n’est ni celui de la famille, ni celui du conjoint ou tout autre proche… il est important que vous soyez attentifs à ne pas vous attribuer un pouvoir sur la personne, mais votre place est irremplaçable.
  • La relation avec la personne accueillie, est une relation entre deux personnes, en présence par leur corps, leur coeur, leur intelligence, leur esprit, leur expérience… cette relation va s’exprimer dans un va et vient de l’une à l’autre, de manières différentes : par la parole, le regard, le toucher, la voix , à l’occasion des « gestes » quotidiens (repas, hygiène, entretien…), par l’écoute, l’attention… on pourrait continuer d’énumérer… cette expression de la relation se fera sans oublier le respect et l’autonomie.

LES PILIERS DE LA FORMATION

Le contenu d’une formation possible se trouve dans bien des programmes d’organismes habilités, ainsi que sur des sites internet.

Mais je voudrais faire une présentation différente de la formation en mettant en relief ce qui favorise la mise en oeuvre de l’accueil d’une personne âgée dans une famille, dans « votre » famille.

Cette formation s’appuie sur cinq points qui sont pour moi les cinq piliers soutenant la relation de d’aide :

  • Le premier pilier est : La mise en valeur des personnes : « vous le valez bien ! » qui n’a pas entendu cette phrase à la tv pour des publicités de yaourt, de crème rajeunissante etc.…. la personne que vous accueillez ou accueillerez est importante, elle a toute sa place, mais sans oublier votre place à vous, vous êtes aussi importants, vous serez deux personnes en position d’échange, de service mutuel… les deux ont besoin de se sentir exister, utiles etc.…
  • Le deuxième pilier : La personne accueillie est au centre de la rencontre : c’est pour elle que la maison va s’organiser, pour son accueil, mais comme un membre à part entière dans l’habitation, en relation avec touts les autres membres. La famille ne pourra pas continuer de vivre comme avant, comme si la personne n’était pas là… mais la réorganisation de la « famille » fait la place à chacun à chacune.
  • Le troisième pilier : Un mieux être pour une relation de qualité : la relation avec la personne accueillie obéit à des critères essentiels pour que le mieux-être soit à la fois perceptible par la personne accueillie mais aussi par la famille qui accueille. Les critères de relation sont de critères de qualité qui sont simples, que nous vivons spontanément avec nos proches, mais qui ont besoin d’être formalisés pour être mis en pratique avec des personnes venant de l’extérieur et en fragilité.
  • Le quatrième pilier : Privilégier « le prendre soin » pour une bientraitance : il est vrai que nos gestes, nos regards, nos paroles, peuvent être ressentis par la personne en besoin d’aide, comme une agression, comme une violence, alors que nous cherchons seulement à aider, à apporter une amélioration, à rendre service. Il nous faut retrouver, à travers la formation, ce qui nous permettra d’orienter nos interventions d’aide vers une bientraitance en utilisant les bons gestes, en étant capables de s’ajuster aux besoins de la personne.
  • Le cinquième pilier : Contribuer au changement de regard de la société : oui, c’est un objectif un peu utopique et à très long terme, mais il nous faut profiter de chaque instant, de chaque occasion pour que change le regard de notre société, en particulier de ceux qui nous entourent, vis-à-vis de la personne vieillissante qui n’est vue maintenant, que comme un poids, une source de dépenses, un voleur d’emploi … Le travail est immense… d’autres avant nous l’ont commencé. A nous de poser notre pierre !

Ces piliers vont donner sens à la vie quotidienne entre vous, famille qui accueillez et la personne âgée et/ou handicapée. Cela vous demande d’être capable de vous situer au mieux dans l’accompagnement des personnes à travers tout ce qu’elles vivent au quotidien. C’est la qualité de l’accueil qui va permettre à la personne âgée de changer ses habitudes et de s’adapter à une vie nouvelle sans trop de difficultés et progressivement. Il est important de savoir que le regard que nous portons sur la PA modifie son comportement.

La formation sera donc centrée sur l’apprentissage des capacités permettant de favoriser le mieux être de la personne âgée et invite les « accueillants » que vous êtes, à un travail sur vous-mêmes, pour vivre une vraie relation avec ceux que vous hébergez.

Elle permettra aussi d’identifier les différents moyens de relation pour un bien-être mutuel, et de repérer les attitudes fondamentales afin d’harmoniser dans une relation verbale ou non-verbale, votre façon d’entrer en relation avec celle de la personne âgée

Il sera essentiel de redécouvrir le respect de la dignité de la personne âgée face aux situations conflictuelles, être capable de prévenir les réactions de violence, et avoir des éléments pour savoir comment réagir avec une personne âgée agressive anxieuse !

La formation est un chemin

Cette formation passe par des savoirs et savoirs-être, pour mettre en oeuvre des activités adaptées à la personne accueillie. Cette formation est donc un « chemin » à parcourir :

  • Elle est un chemin pour permettre de situer les personnes aidées dans leur contexte humain, sociologique, culturel, historique, géographique, éthique et religieux. Elle sensibilise à une approche de la différence, dans la tolérance, dans la reconnaissance de la singularité de la personne
  • Elle est aussi un chemin de connaissance au niveau des différentes pathologies qui touchent la PA pour être capable d’appréhender les conséquences des maladies, du handicap sur la personne âgée et son entourage, de prendre en compte la personne qui est confiée dans ses besoins, ses faiblesses mais aussi dans ses capacités ses richesses ses ressources.
  • Elle se veut un chemin pour apprendre à articuler l’accueil avec la présence d’autres intervenants suivant l’état de la personne accueillie pour être relais facilitateur, ou faire équipe
  • Elle sera un chemin d’apprentissage pour utiliser des outils afin d être capable d’apporter une aide concertée et efficace à la personne, compte tenu de ses limites, en stimulant ses capacités à garder une certaine autonomie dans les actes de la vie quotidienne
  • Elle peut être une familiarisation avec les possibilités d’accompagnement au quotidien dans l’organisation et l’adaptation de l’ environnement de la personne accueillie, tout en la stimulant par des activités intellectuelles, adaptées, sensorielles ou autres…
  • Elle sera aussi un chemin qui rend capable d’établir une relation de confiance avec les Personnes qui entourent la PA et un partenariat avec les intervenants au service de la personne accueillie
  • Elle devrait être un chemin qui fasse prendre conscience de la différence et de la singularité de chaque personne avec une grande ouverture d’esprit pour accepter la nécessité de s’adapter.
  • Enfin elle est un chemin qui indique que « Etre en relation » avec la personne accueillie passe par de multiples chemins : la parole, le toucher, le regard, le service, l’aide, la technique.

Le chemin de formation initiale

Ce chemin de la formation initiale est un chemin qui pour moi se traduit en trois attitudes importantes, trois temps de démarche que je résume ainsi :

  • Le chemin de la prise de conscience « du besoin » (des deux personnes : famille – personne accueillie) : ceci sera vécu chaque fois que nous saurons respecter le besoin propre de la personne – quitte à négocier parfois si nécessaire – mais n’est-elle pas (sauf exception) capable de savoir mieux que nous ce dont elle a besoin. ?
  • Le chemin de la connaissance « du donner » la réponse de chaque partie dans un va et vient important : répondre au besoin exprimé ! cela suppose une analyse de ce que « moi » dans cette situation je peux apporter (mes compétences mes initiatives mes savoir-faire) qui répondent à sa demande. Donner, dans le sens d’offrir, mettre à disposition, proposer.
  • Le chemin de la liberté de deux personnes, « le laisser libre » comportant le respect, le risque et la confiance : c’est accepter que la décision finale soit celle de la personne âgée, qu’elle accepte ou non la solution proposée, ou qu’il y ait besoin d’une adaptation. C’est prendre le risque d’une liberté en tenant compte des circonstances.

Entre vos besoins et ceux de la PA, et voss réponses et celles de la personne accueillie, c’est un équilibre, « UNE VIE DE RELATION » qui prend toute sa valeur dans un prendre soin marqué par « l’humanitude » selon Yves Gineste. L’aide à la personne « dépendante » et/ou « en perte d’autonomie » nécessite, pour un accompagnement respectueux, que soit trouvé l’équilibre entre leurs besoins et la réponse qui leur est proposée : comment résoudre ce problème de la mesure du rapport « besoin/réponse » pour approcher, trouver cet « équilibre » ?

QUE PEUT ÊTRE LE CONTENU DE LA FORMATION ?

Si nous regardons maintenant le contenu de la formation, elle doit recouvrir tout ce qui fait la vie de la personne accueillie, personnellement, et dans sa relation avec la famille qui l’accueille.

La formation, va donc, dans son contenu offrir les moyens, les outils, la réflexion et l’approche nécessaire pour favoriser le mieux être de la personne âgée.

La famille d’accueil doit pouvoir gérer sans jugement ni culpabilité sa présence auprès de la personne âgée. Vous n’êtes pas seulement un hôtel, une fonction (nous l’avons déjà signalé en début de l’intervention), et la personne âgée n’est pas seulement un espace dans la maison, une alimentation … vous êtes des personnes en relation.

La formation devra vous permettre un accueil de qualité, et vous préparer à vivre avec compétence, humanité et tendresse, le quotidien de ceux ou celles qui vous demanderons de vivre dans votre maison, et elle devra comporter des domaines essentiels.

Premier domaine : la connaissance de la personne âgée et son vieillissement : que cette connaissance vous rendent capable de vous situer au mieux dans l’accompagnement des personnes âgées, à travers tout ce qu’elles peuvent vivre au quotidien et qui concerne leur vieillissement et l’avancée vers la dépendance ou la perte d’autonomie.

L’objectif est aussi de mieux comprendre et appréhender la modification progressive de leur rythme quotidien autant au niveau corporel qu’intellectuel et relationnel, à mieux comprendre l’influence et les conséquences des pathologies qui viennent modifier les capacités de la personne âgée, d’assurer une présence face au sentiment d’isolement de la personne âgée, par rapport à ses relations familiales, aux deuils qui ont précédés le départ de son habitation, à ses origines étrangères par exemple…

Deuxième domaine : le besoin quotidien de la personne âgée : cet objectif vous rendra capables d’effectuer les tâches nécessaires de restauration, de manutention, d’hygiène ou autre, en vous adaptant aux capacités concrètes de la personne âgée accueillie.

L’objectif est de vous permettre d’utiliser vos dons vos capacités votre expérience pour assurer les « besoins de base » de la personne âgée, dans l’importance pour elle du « manger » (de qui de quoi a-t-elle faim ?), de l’équilibre des repas, mais aussi de son bien-être corporel (quels sont les bons gestes ?), son hygiène, l’aide à la toilette, mais aussi par rapport au déplacement de la personne, à la maîtrise de ses gestes mais aussi des vôtres pour favoriser sa coopération, et savoir prévenir la sécurité, les risques…

Troisième domaine : le contact relationnel avec la personne âgée : c’est-à-dire acquérir, par un comportement adapté, la qualité de relation avec la personne âgée. Cette qualité de relation se vivra avec vous, famille d’accueil, avec sa famille, ses amis et les relations qu’elle peut conserver ou recréer.

L’objectif sera de mieux comprendre le « langage » de la personne âgée (dans ses paroles, ses expressions corporelles, l’utilisation de ses sens…), améliorer votre manière de prendre contact avec la personne par une qualité d’écoute par exemple, d’écoute active.. Harmoniser dans une relation verbale ou non verbale, la façon d’entrer en relation avec elle. Avoir des éléments pour pouvoir réagir au mieux dans le cas de personnes « agressives » « anxieuses ». Et savoir prévenir et gérer « en bientraitance » les réactions de violence, les situations conflictuelles.

Quatrième domaine : Savoir créer les conditions d’une mise ou remise en communication de l’adulte âgée quel que soit son âge, sa santé, son handicap, son entourage…

L’objectif sera de revisiter, stimuler les différents sens de la personne âgée, ses centres d’intérêts, proposer, inciter, stimuler pour favoriser une autonomie maximum le plus longtemps possible. Utiliser tous les sens de la personne âgée dans le cadre d’une prise en charge globale et dans le respect de sa personnalité. Il sera bon de mettre en oeuvre des activités concrètes adaptées, pour aider la personne à retrouver de nouveaux repères ou adapter ceux qui étaient les siens.

Cette démarche de formation qui s’ébauche et qui devient de plus en plus nécessaire, est une réponse aux besoins des personnes âgées. Elles ont besoin d’hommes et/ou de femmes, de familles, compétents, respectueux, qui les considèrent jusqu’au bout comme des personnes riches d’expériences, habitées par tout un vécu, et qui soient auprès d’eux des « passeurs » dans le sens d’une présence d’accompagnement.

Nous accompagnons des personnes…

Et pour être fidèle à cette phrase de Nicole Poirier, directrice de la maison « Carpe diem » de la région de Québec, il est nécessaire que la formation du départ, la formation initiale, soit complétée par une formation continue, qui permette de s’adapter à la modification de l’état de la personne âgée.

Pourquoi une formation continue ?

Les raisons qui motivent une formation continue sont multiples et vous en connaissez la plupart. Nous pouvons en énumérer quelques unes :

  • L’évolution de la relation avec la personne accueillie et la nécessité de s’adapter à la modification des relations, à la perte d’autonomie, à l’évolution vers le handicap etc..
  • Le changement du comportement de la personne accueillie
  • Les difficultés de prise en charge et des gestes de soins
  • Le besoin d’échanger sur les pratiques et expériences
  • La mise à jour des réalités administratives, juridiques, financières…
  • Et bien d’autres raisons que vous pourriez ajouter…..

Exemples de sujets possibles

Pour présenter une liste non exhaustive des thèmes qui peuvent être abordés dans une formation continue :

  • Psychologie de la personne âgée et sa répercussion sur la vie quotidienne
  • Relation avec la famille
  • Approche au quotidien de la personne démente
  • La douleur chez la personne âgée
  • Les difficultés de prise en charge devant l’incontinence
  • Les critères d’une relation d’aide avec une personne âgée
  • L’accompagnement dans le deuil et l’approche de la mort
  • La personne âgée et sa relation à la nourriture
  • Les différences culturelles et leurs conséquences sur la vie quotidienne
  • La mémoire et la personne âgée
  • Les bons gestes
  • Prévention de la maltraitance
  • Relation d’aide
  • Canicule et prévention
  • Autonomie et dépendance
  • Etc….

ARBRE

Tout cela est orienté pour favoriser la vie de la personne âgée. Si je la représente comme un arbre bien enraciné, son vécu et son aujourd’hui, ne font qu’un dans ce qui est sa vie ici et maintenant…Et pour que la personne reste « vivante » il est primordial de ne pas la couper de ce qui fait son terrain, ses racines… l’aider à ne pas oublier ou perdre de vue ce qui fait son passé, son vécu et qui finalement, la fait ce qu’elle est aujourd’hui.

Il est aussi important de répondre à ses besoins en mettant en oeuvre des capacités adaptées, permettant à la vie de circuler dans le quotidien de la personne.

Je voudrais terminer cet exposé en vous disant combien je pense important ce que vous proposez comme accueil à nos aîné(e)s vieillissants. Ce moyen terme entre le « domicile » et « l’institution d’hébergement ». Ce que vous faites ou souhaitez faire, avec un quotidien qui peut paraître parfois ardu et stressant, c’est une oeuvre de vie ! Je veux vous le dire avec un texte qui dit l’essentiel :


Nous sommes devant un grand chantier. Beaucoup d’ouvriers courbés dans la poussière, les mains meurtries par les outils taillant la pierre, peinent et travaillent dans la chaleur et l’effort soutenu. Ils bâtissent depuis un grand nombre de jours, dans un même élan une cathédrale.

Le Maître s’approche des ouvriers qui taillent, dans le bruit des outils mordant la pierre. Il voit les ouvriers peinant dans la carrière sous la chaleur du jour. Il demande à l’un d’eux ce qu’il est en train de faire. Ce premier, lève vers lui un visage morose, et transpirant et lui répond : « Tu le vois bien, je casse des pierres ! »

Il va un peu plus loin et s’adresse à un autre ouvrier qui est concentré sur son travail. Cet ouvrier le regarde, essuie la sueur de son visage et lui répond avec fierté et un beau sourire : « Tu le vois bien, je gagne ma vie et celle de ma famille ! »

Il poursuit sa visite, passe à côté d’un grand nombre d’ouvriers tailleurs de pierre. Il s’approche de l’un d’eux, discrètement assis à l’ombre d’une colonne et travaillant la pierre avec des gestes doux et précis, comme s’il travaillait avec quelque chose de précieux. Il semble toucher la pierre avec respect, et communiquer avec elle. Le Maître s’adresse à lui. Celui-ci les yeux rougis par la poussière de la pierre, mais pleins de lumière, écartant les bras comme pour lui offrir son travail, lui répond : « Ne le devines-tu pas ? Je bâtis une cathédrale !! »


Je vous souhaite de bâtir en famille, avec ceux et celles que vous hébergez ou hébergerez, une cathédrale de vie de qualité.

MERCI

Notes

[1Suzanne Moutin participe à des actions de formation d’accueillants familiaux : tél. 06.85.97.53.67 - site Internet

Dernière mise à jour : dimanche 6 juillet 2008

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