Les réseaux de santé mentale dans la cité :

nécessité, particularités et urgence (extraits)

  • Claude FINKELSTEIN, présidente - Fédération Nationale des Associations de Patients en Psychiatrie
  • Jean CANNEVA, président - Union Nationale des Amis et Familles de Malades Mentaux (UNAFAM)

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Claude FINKELSTEIN L’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). est une réponse, mais il faut essayer d’être innovant, de réfléchir à ce qu’on peut donner de plus aux familles d’accueil ou prévoir pour qu’elles continuent.

Jean CANNEVA À propos des réponses, nous avons fait une planification à partir de l’hôpital jusqu’à l’appartement autonome. Sur les 300.000 personnes concernées en France, on sait à peu près où sont 150.000 d’entre elles : dans les hôpitaux, les foyers de post-cure, les MAS et les foyers de vie à double tarification.

Plus minoritaires, certaines sont chez des familles d’accueil, d’autres dans des familles gouvernantes (une maison avec une dizaine de patients et une famille qui assure la présence, au cœur du dispositif. Au lieu d’un patient dans une famille, une famille s’occupe de dix patients. C’est innovant et il n’y a pas de face à face permanent. Quand vous vous occupez de dix personnes, la relation n’est pas binaire, et quelques-unes dans des résidences sociales ou dans des pensions de familles. Voilà pour celles qui sont accompagnées.

Restent donc au moins 150.000 personnes qui sont « dans la nature ». Où sont-elles ? Majoritairement dans leur famille. Cette situation concerne 40% des familles de l’UNAFAM. Parfois, les responsables de services hospitaliers disent à des gens âgés de 80 ans : « Je vous renvoie votre fils de 60 ans », et quand ces parents répondent : « Attendez, je n’ai pas de place, je ne sais pas faire », on leur rétorque : « Vous vous débrouillez, c’est comme ça ».

Certaines situations sont dramatiques. Notre centre d’appels téléphoniques, qui fonctionne depuis trois ans, reçoit 650 appels par mois de gens affolés qui ne savent plus ce qu’il faut faire. Il n’y a aucune formation, ni aucune aide pour les aidants. Ce pays agit sans nuance : il ferme 50.000 lits et ne propose rien en contrepartie, même pas d’hébergement.

Nos proches n’entrent pas dans les critères d’attribution des HLM. S’il n’y a pas des procédures spéciales comme ce que le Dr Roelandt a mis en place à Armentières, ils n’auront jamais de logements, sachant que ce n’est pas suffisant et qu’il faut un accompagnement. L’idée, c’est de faire attribuer des logements par une commission présidée par un élu, à laquelle participent le bailleur social, le soignant, l’assistante sociale, la famille et le patient. C’est ensemble que l’on décide que la personne peut résider dans ce logement, à condition qu’elle accepte l’accompagnement.

Environ 10.000 personnes vivent en principe dans des logements indépendants, mais on sait bien qu’elles sont instables. Et quand la solitude devient intolérable, que fait-on ? Et qu’en est- il du sort des SDF, et des malades incarcérés ?

En fait, les personnes qui sont dans leur famille ou dans des appartements indépendants, ainsi que les SDF et les détenus sont mal accompagnés. Or, ces gens ont besoin d’être aidés, d’autant qu’ils sont souvent incapables d’aller chercher la prestation de services dont ils ont besoin. De plus, dans notre pays, il y a une séparation extraordinaire entre le médical et le social. Et si Monsieur Raffarin décentralise, comme il en a l’intention, la situation risque d’être encore pire.

Les administrations ne se rapprocheront pas parce que chacune a sa logique. Pour nous, le logement et l’accompagnement vont ensemble. Nous demandons 10.000 hébergements accompagnés au gouvernement.

Les familles d’accueil font partie du dispositif même si, de notre point de vue, elles n’ont probablement pas autant d’avenir que les familles gouvernantes pour les raisons indiquées précédemment. Ken Alexander, un australien, a écrit sur la façon de gérer la distance : si vous êtres trop proches, vous fusionnez, et vous risquez d’être entraîné dans la pathologie ; et si vous êtes trop loin, la personne est abandonnée. Il y a donc un problème de réglage. Mais, même en apprenant ces notions, la relation reste duelle en famille d’accueil, sauf si, et nous le souhaiterions pour les familles d’origine, la famille d’accueil bénéficie de l’intervention d’un tiers professionnel.

Dernière mise à jour : jeudi 21 avril 2011

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