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Famidac, l'association des accueillants familiaux
et de leurs partenaires

Portugal : les maisons d’accueil

En 1991, le Portugal a réglementé l’accueil familial des adultes dépendants.

La loi qui définit ce mode d’accueil le présente comme l’alternative à la prise en charge par la famille « la plus humaine et personnalisée […], permettant d’éviter ou de retarder le plus possible l’entrée en institution ».

L’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). permet l’insertion temporaire ou définitive d’un adulte dans l’espace résidentiel d’un aidant. L’âge (60 ans et plus) ou un handicap, le manque d’autonomie, l’isolement familial et social, la précarité du logement, ou encore le fait d’être victime de violences constituent les critères légaux de placement en famille d’accueil.

En 2011, il y avait seulement 1.567 adultes en accueil familial contre 74.851 en maison de retraite...

L’accueillant perçoit (en 2012)

  • une rémunération de 225 euros, doublée en cas de grande dépendance (elle reste légèrement inférieure au salaire minimum de 485 euros par mois)
  • une contribution de 222,27 euros aux frais d’entretien (hors frais de médicaments, de vêtements et de
    produits d’hygiène personnels qui doivent être assurés par la personne accueillie ou sa famille.

Bibliographie :

Une expérience portugaise
Les nouvelles relations intergénérationnelles des personnes âgées en famille
d’accueil - Alice DELERUE MATOS, Rita BORGES NEVES

Les nouvelles relations intergénérationnelles des personnes âgées en famille d’accueil. Une expérience portugaise par Alice DELERUE MATOS, Rita BORGES NEVES.- Retraite et société N°64, Décembre 2012, p. 69-83.

Télécharger cette étude - extraits :

(...) La notion de dépendance à l’égard de la famille d’accueil dicte, en fin de compte, l’importance
de celle-ci dans la vie des seniors. Même les personnes âgées mécontentes, comme
Telma, Ema et Laura, pointent leurs aidants comme des personnes centrales dans leur vie.
L’importance qu’elles leur accordent coïncide avec l’existence de réseaux sociaux moins
diversifiés et de relations avant l’accueil de moindre proximité affective. Cependant, la
plupart des interviewés reconnaissent avoir en famille d’accueil une meilleure qualité de
vie et un plus grand confort, en plus des soins apportés 24 heures par jour. Ces aspects
prennent une place importante dans la façon dont ils décrivent leurs relations avec les
membres de ces familles. Mais on aperçoit également l’existence d’une certaine proximité
affective par rapport aux responsables des familles d’accueil : « Maintenant que
j’ai la "maîtresse", je suis au paradis. Elle fait tout ce qu’elle peut pour moi, elle se préoccupe,
elle ne veut pas que je meure. »

(...) Le souci de préservation d’un espace d’intimité et une certaine distance émotionnelle
imposée par quelques familles d’accueil peuvent empêcher de répondre aux attentes
des personnes âgées qui aimeraient établir des relations plus proches avec les membres
des familles qui les hébergent. En conséquence, ces aînés se montrent insatisfaits ou
révèlent même une souffrance psychologique. Cependant, l’attention individuelle et personnalisée
qui est portée aux soins de santé dont elles ont besoin détermine leur préférence
pour cette forme d’accueil quand elle est comparée avec les maisons de retraite.

Face au changement vers une famille d’accueil, la personne âgée construit une nouvelle
conception de l’espace relationnel, de l’intimité et de soi-même. Certains individus
adoptent des stratégies de résignation et d’accommodation face à ce qui leur est imposé,
en même temps qu’ils construisent une représentation d’eux-mêmes comme des personnes
non autonomes et, d’une certaine façon, dépendantes de la bonne volonté des
autres. D’autres individus semblent s’intégrer mieux dans la nouvelle vie familiale et assument
des rôles plus actifs. Cette intégration se traduit par une conception d’eux-mêmes
plus positive, car ils se sentent membres de la famille ou, au moins, la définissent comme
des individus qui leur sont proches et chers. Malgré ces cas de succès, les familles d’accueil
ne parviennent que très rarement à remplacer, au niveau affectif, les familles d’origine
des aînés.

(...) Ces relations intergénérationnelles deviennent plus intelligibles si l’on tient compte du
besoin qu’éprouvent les personnes âgées d’ajuster leur rôle et d’établir des relations
assez proches avec les personnes qui les hébergent, dans le nouveau contexte de vie en
famille d’accueil. L’intégration et l’exercice d’un rôle de membre effectif dans la famille
d’accueil, d’une part, et la participation quotidienne à une dynamique familiale, d’autre
part, permettent de revaloriser la notion de contexte de vie.

Témoignage d’un gériatre portugais (février 2017) :

Les maisons d’accueil ne peuvent héberger que 3 personnes âgées ou bien 3 personnes adultes dépendantes. Ici on les appelle de " Famille d’accueil".
Chaque personne intéressé doive formuler une candidature auprès de la Sécurité Sociale (tutelle) sous peine d’être hors la Loi, ce qui arrive le plus souvent. La plupart du temps les gens "ouvrent" ce genre de petite activité sans la permission de la tutelle.

La Loi d’hébergement en famille d’accueil date des années 90 mais la législation qui régularise ces structure au niveau des conditions d’habitation, (par exemple : dimensions réglementaires des chambres) ne date que de 2014.

Cette forme d’accueil se développa rapidement pendant la grande crise dont nous avons soufferts il y a environs une bonne dizaine d’années ; de manière clandestine, ces structures apparaissent principalement du nord au sud du pays.

C’est la Sécurité Sociale qui se charge du placement. Les valeurs sont approximativement les 450€/mois. Mais si le placement ne passe pas par le réseau public (mais privé), directement entre propriétaire et résident, la valeur mensuelle peut aller jusqu’à 600€ (tout dépend de l’accord avec la famille d’accueil, c’est pour cela qu’ils évitent de "travailler" avec la tutelle.

Avec plus de 3 résidents hébergés, la structure est considérée comme une maison de retraite donc doit respecter la législation des maisons de retraites.

En ce moment, au Portugal, des familles hébergent plus de 3 personnes, mais elles ne se soumettent pas aux normes des maisons de retraites, ce qui les positionne dans un cadre illégal et clandestin. Il y très peu de temps, une petite maison qui hébergeait 10 personnes âgées est a été fermée par la Sécurité Sociale.