Québec : accueil familial pour jeunes handicapés

Auteur : Michel Thibault, Les Hebdos Montérégiens

Une famille d’accueil pour jeunes handicapés dénonce le système de santé

L’argent des contribuables n’est pas judicieusement dépensé en matière de services aux personnes handicapées, selon une famille d’accueil de Châteauguay.

Huguette Dumontier et son mari Yvan Couillard, qui hébergent des jeunes handicapés depuis vingt ans dans une vaste maison complètement adaptée à cet effet, soutiennent que des personnes sont soignées à grands frais dans des hôpitaux alors que des ressources plus légères et moins coûteuses comme la leur pourraient les accueillir.

Sur les cinq chambres que compte sa demeure, deux sont libres depuis plus d’un an, se désole Mme Dumontier. Ce qui représente pour elle et son conjoint un sérieux manque à gagner.

Mme Dumontier se dit persuadée que des jeunes handicapés actuellement soignés à l’hôpital attendent une place en famille d’accueil mais rien ne bouge à cause de la façon de fonctionner du réseau.

"Le gros problème, c’est que le service est financé par deux organismes, les services sociaux et les centres jeunesse, et que les budgets sont cloisonnés. Un centre jeunesse n’est pas intéressé à se voir transférer un jeune pour lequel les services sociaux payent parce que ça affecte son budget. Même si, au bout du compte, ça revient plus cher au réseau", explique M. Couillard.

Autre lacune : un jeune de Montréal ne peut être confié aux bons soins d’une famille d’accueil de Châteauguay parce que les budgets ne se transfèrent pas d’une région administrative à l’autre.

"Alors ils laissent les jeunes à l’hôpital et ça coûte dix fois plus cher", soutient Mme Dumontier.

Il y a 13 ans, une personne handicapée hébergée à l’hôpital coûtait 400 à 500 $ par jour à l’État comparativement à un coût quotidien de 40 $ chez elle, indique la dame.

D’un autre côté, Québec épargne de l’argent en gardant dans leur famille au bout du rouleau des jeunes handicapés. "Tant que les personnes sont chez leurs parents, ça ne coûte rien au gouvernement. Il ne leur donne pas d’aide", dit Yvan Couillard.

Les parents ne placent pas leurs enfants de gaieté de cœur. "Un moment donné, un père est venu. Il pleurait comme un veau mais il n’était plus capable. Ça faisait des années qu’il n’avait plus de vie sociale, qu’il ne faisait que s’occuper de son enfant paraplégique", mentionne Yvan Couillard.

"À Saint-Hubert, une femme voudrait nous confier son garçon de 32 ans pour prendre une semaine de vacances mais elle ne peut pas. On lui a dit qu’il n’y aurait pas de budget avant 2006", raconte Mme Dumontier.

"On veut que les gens sachent qu’il y a de la place en famille d’accueil."

Si aucun pensionnaire supplémentaire ne lui est confié, Mme Dumontier affirme que son service pourrait fermer.

"Ça serait une solution de dernier recours. On n’est pas encore rendu là", précise M. Couillard.

"On les aime, on veut les garder", renchérit Mme Dumontier en parlant de ses trois protégés.

"Mais il faut que ça vaille la peine. Si on avait une personne de plus, ça nous aiderait à boucler les fins de mois", dit M. Couillard.

Le couple souligne qu’il paye une intervenante, Nicole Boivin, pour offrir le meilleur service possible à ses bénéficiaires.

"À trois, ça permet de prendre un peu de répit. On est plus patients et de bonne humeur."

Selon le couple, les mêmes difficultés se retrouvent dans les services aux personnes âgées.

Dernière mise à jour : dimanche 24 décembre 2006

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