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> Extrait :

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Au 31/12/2001, 175 personnes étaient en accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). pour 192 places, chez 138 familles d’accueil dont 20 agréées pour personnes âgées, 104 agréées pour personnes handicapées et 14 détentrices d’un agrément mixte. L’équipe de l’accueil familial, pluridisciplinaire, est composée d’une secrétaire, d’un médecin, d’un agent administratif de l’aide sociale, de trois assistants sociaux et d’une infirmière dont l’intervention est sectorisée.

Les familles d’accueil résident essentiellement en milieu rural, peu en milieu urbain malgré une forte demande, notamment en proche agglomération nantaise, pour des personnes travaillant en centres d’aide par le travail ou en ateliers protégés.

Profil des personnes accueillies

La population étudiée se compose de 134 personnes accueillies à temps plein ou partiel, mais de manière permanente. Elle ne comprend pas les personnes âgées non accueillies avant 60 ans.

Elle se caractérise par une prédominance des hommes : 64%. La moitié a entre 40 et 60 ans. Les plus de 60 ans sont des personnes handicapées vieillissantes, accueillies depuis des années. Sur le plan géographique, elle provient quasi-exclusivement du département. Sur le plan institutionnel, un quart est adressé par un service de psychiatrie. Viennent ensuite l’aide sociale à l’enfance (souvent dans la même famille), le Placement Familial Thérapeutique, et les instituts médico-éducatifs (plus de 50% des provenances connues).

L’essentiel des accueillis (67%) présente une déficience légère ou moyenne. 18% ne présentent pas de déficience, ce qui n’exclut pas des troubles de la mémoire ou du comportement.

Enfin, la cause principale du handicap n’est pas identifiée pour un tiers des accueillis : il s’agit souvent de déficience mentale simple. Pour les deux tiers restants, les causes sont très diverses mais on retiendra l’importance de l’alcoolisme (démences alcooliques), des pathologies mentales de type psychoses de l’adulte ou infantiles, et des carences affectives graves de l’enfance (y compris maltraitance).

Le dispositif d’accueil familial

Un protocole de fonctionnement, « outil complémentaire au dispositif légal » a été mis en place pour examiner les demandes. Il a pour mission de :

  • mieux ajuster les profils des personnes à placer avec les familles d’accueil disponibles,
  • protéger les familles d’accueil de placements trop lourds,
  • mesurer l’adhésion de la personne et la cohérence du projet,
  • informer toutes les parties concernées,
  • vérifier la « faisabilité » du placement, notamment administrative (ressources suffisantes pour rémunérer la famille d’accueil par exemple…).

Quel Protocole ?

Après le traitement administratif de la demande arrive l’étape de l’évaluation, médicale d’une part, et sociale d’autre part. Dans le cadre de l’évaluation médicale, le candidat est reçu par le médecin de l’unité d’accueil familial, au cabinet médical de la D.I.S.S., un lieu « neutre ». Ce dernier donne son avis sur l’indication ou non d’accueil familial social.

L’orientation COTOREP a son importance à ce niveau : pour l’équipe, les orientations en foyer à double tarification ou en maison d’accueil spécialisé sont une contre-indication. Au cas par cas, le médecin entretient des contacts téléphoniques avec le médecin hospitalier ou sollicite une concertation avec les équipes de professionnels qui connaissent les situations.

Si l’avis est défavorable, on peut suggérer une réorientation (maison de retraite, service de long séjour, foyer occupationnel, placement familial thérapeutique...). Si l’avis est favorable, le travailleur médico-social qui dispose d’une place « adaptée » à la demande rencontre le candidat sur son lieu de vie ( famille, institution où il est hébergé…). Il peut aussi rencontrer les autres partenaires : le tuteur, le personnel soignant ou éducatif à l’origine de la demande.

L’évaluation sociale s’effectue dans le cadre d’une rencontre qui doit permettre de :

  • faire connaissance avec la personne, étudier son « profil »,
  • approfondir son projet, le sens de la demande,
  • mesurer son adhésion ou non, ses attentes,
  • apprécier ses représentations de ce qu’est une famille d’accueil et sa capacité à vivre en famille (peut-il respecter des règles de vie ? Peut-il canaliser son comportement ? À quelles activités pourra-t-il participer ? Que va-t-il faire en famille d’accueil ?…).
  • expliquer le fonctionnement de l’accueil familial social.

Si les avis médico-sociaux concordent, le dossier est programmé en commission de placement ; l’objectif est de mettre en parallèle l’offre et la demande, de définir une première orientation, de dégager des pistes de travail. Qui prend contact avec le demandeur ? Qui prépare le placement ? Qui est le mieux placé pour intervenir : le médecin, l’assistante sociale, l’infirmière ?

La préparation du placement

La personne candidate est invitée à rencontrer la famille d’accueil à son domicile, avec son représentant légal, les autres membres de l’équipe à l’origine de la demande et le travailleur médico-social de l’unité d’accueil familial intervenant sur le secteur concerné par le placement. Deux hypothèses se dégagent après cette première prise de contact, sachant qu’on se donne le temps de la réflexion et ce malgré des pressions institutionnelles souvent fortes.

On peut alors continuer. Des temps d’essai sont proposés, plus ou moins longs selon les besoins (une personne hospitalisée depuis longtemps et pour qui la sortie est source de grande angoisse aura besoin de quitter l’hôpital progressivement ; au contraire, une personne désorientée qui pourrait mal vivre trop d’allers et retours entre la famille d’accueil et l’hôpital bénéficiera d’une sortie plus rapide). Le mois d’essai du contrat permet de vérifier la solidité du projet.

Si le ou les essais sont concluants, la personne reste dans la famille d’accueil, et le relais est passé au représentant légal qui formalise avec le contrat d’accueil le début du placement. Le travail avec tous les partenaires est primordial à ce stade.

Chacun, à son niveau de compétences, a un rôle à jouer : le tuteur, l’infirmier psychiatrique, le médecin hospitalier, le médecin généraliste. Étant donné la multiplicité des partenaires, il est aussi important d’harmoniser les interventions auprès de la personne et de la famille d’accueil… On peut aussi se séparer. Si l’essai n’est pas positif, le retour est négocié dans l’établissement d’origine, le temps d’être en mesure de faire une proposition. Avant toute nouvelle proposition, l’échec doit être analysé pour repartir si c’est possible sur de meilleures bases, « ailleurs ».

Il peut arriver que le bilan de ce premier placement conduise à réviser la première orientation.

Le suivi du placement

Il est régulier, même si le rythme des visites à domicile varie en fonction des situations. Certaines nécessitent une visite mensuelle ; d’autres une visite tous les deux ou trois mois. Il est souvent plus intensif au démarrage d’un placement ou en cas de « crise », et varie selon qu’il s’agit d’un placement à temps complet ou à temps partiel…

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Le partenariat extérieur

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l’accueil familial thérapeutique AFT
Accueil Familial Thérapeutique
Des personnes souffrant de troubles mentaux peuvent être prises en charge au domicile de particuliers formés, agréés et employés par des établissements psychiatriques.
représente 110 places gérées par un syndicat interhospitalier.

Le choix a été de refuser le cumul des deux types d’accueil dans la même famille.

Au bout de plusieurs années, certains « patients » considérés comme stabilisés peuvent être admis en accueil familial social, soit dans la même famille d’accueil qui demande alors son agrément, soit dans une autre famille agréée et disponible. Ce passage se fait en concertation avec les deux équipes.

L’inverse peut se produire également lorsque l’accueil familial social ne permet plus à la personne d’évoluer favorablement.

les 9 foyers occupationnels du département proposent 16 places d’accueil temporaire. À l’occasion des vacances, de séjours de ruptures ou pour des bilans, nous pouvons être amenés à les solliciter pour accueillir temporairement des personnes placées habituellement en familles d’accueil. Le développement récent de l’accueil de jour en foyer occupationnel est une réponse complémentaire qui favorise l’ouverture vers des activités extérieures des personnes placées en famille d’accueil.

Le partenariat avec la psychiatrie publique

Près d’un quart des personnes en accueil familial social viennent d’un service hospitalier de psychiatrie sans compter les demandes qui n’ont pas abouti. Par ailleurs, de nombreux accueillis ont un suivi psychiatrique de secteur, même lorsqu’ils n’ont pas été adressés par la psychiatrie. Et nous sollicitons régulièrement les secteurs pour des prises en charge ponctuelles sur des situations difficiles. Il y a donc beaucoup de contacts entre notre service et ceux de la psychiatrie, contacts que nous essayons de transformer en partenariat.

Nous sommes en effet dans un cadre d’échanges de bons procédés en vue de permettre une meilleure qualité de vie à des personnes handicapées :

  • pour les services de psychiatrie, l’accueil familial social représente une porte de sortie socialement intéressante pour des malades chroniques, schizophrènes par exemple, ou pour des per- sonnes « incasables », déments éthyliques de 50 ans par exemple.
  • pour l’accueil familial social, l’aide de la psychiatrie est souvent nécessaire au maintien dans la durée d’un accueil familial, cette aide étant très variable dans le temps et dans son intensité.

En pratique, il existe une charte Départementale de Partenariat entre les secteurs de psychiatrie adulte et les structures médico-sociales mais elle n’inclut pas l’accueil familial social. Un réseau est donc tissé dans lequel le partenariat prend forme à l’occasion de situations concrètes, soit lors de la mise en place d’un accueil familial à la demande d’un centre hospitalier spécialisé, soit pour intervenir lorsqu’un accueil social pose des problèmes relevant de la compétence de la psychiatrie.

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Les autres partenariats

Pour les établissements hospitaliers non-psychiatriques, les rares demandes concernent des démences éthyliques ou des traumatisés crâniens. Les services de médecine cherchent à vider leurs lits, et l’état du patient est rarement assez stabilisé pour envisager l’accueil familial d’emblée. Quant aux services de rééducation, c’est plutôt le manque de famille pouvant accueillir une personne en fauteuil roulant qui limite le partenariat.

En pratique, les choses fonctionnent davantage dans le sens accueil familial social-hôpital, soit pour des soins aigus, soit comme sortie vers des unités de long séjour, soit en derniers recours quand la famille d’accueil fait brutalement défaut (accident, abandon) et qu’on ne peut laisser l’accueilli sur le trottoir. Dans tous les cas, le rôle du médecin traitant est primordial.

Parmi les autres partenaires, citons les centres d’aide par le travail, les autres services de placements, les services de l’aide sociale à l’enfance, les services sociaux de secteur, un centre d’hébergement et de réinsertion sociale.

CONCLUSION

La pluridisciplinarité des métiers et des compétences est une richesse au sein de l’équipe, que nous utilisons au quotidien. Le partenariat existe ; il a été particulièrement accentué ces derniers temps avec les services de psychiatrie, très demandeurs de « solutions » de sortie pour certains patients. De la qualité de ce partenariat dans le respect des compétences et rôles de chacun dépend aussi la réussite de l’accueil familial.

Il a posé problème notamment avec certains organismes tutélaires peu présents sur le terrain parce que surchargés de mesures, et donc peu disponibles. Il doit se poursuivre auprès de tous les partenaires, y compris au sein même de notre institution, et en particulier autour de la problématique des personnes handicapées vieillissantes.

Post Scriptum

Notre de Famidac : le protocole de fonctionnement mis en place par ce Département introduit une confusion entre l’accueil familial de gré à gré et le placement familial, une pratique archaïque contraire aux droits et libertés des personnes accueillies.

Voir, sur notre forum, le sujet "Liberté de choix & pouvoirs des Conseils Généraux"

Dernière mise à jour : mercredi 20 avril 2011

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