Variations autour de la table familiale

Jean-Claude Cébula, psychologue clinicien, Directeur de l’IFREP.

Introduction

Les variations autour de la table familiale comme métaphore de l’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). permettent de visiter son histoire, sa réglementation et des aspects du travail des accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.
. Et surtout de redire que l’accueil familial s’annonce comme une convivialité partagée et non comme une forme d’hébergement, d’hôtellerie ou de location à caractère familial.

Avant d’aborder chacune de ces variations, quelques mots sur la famille, la table et les fonc­tions de chacun. La table familiale et ses variations individuelles ou historiques dépendent à la fois des variations de la famille et des variations des modes alimentaires. Les variations de la famille sont multiples. Elle est éclatée, recomposée, monoparentale... Les liens qui unissent ses membres ne sont plus seulement ceux du mariage. Les PACS, des formes d’association libre ont pris le relais. Quant aux variations de la table, c’est-à-dire autour des repas familiaux, elles sont également nombreuses. La télévision a fait son entrée, les activités des uns ou des autres font que l’on ne se retrouve plus pour ce rituel plusieurs fois par jour.

Malgré ces changements, gardons l’idée de la table qui rassemble au moins une fois par jour enfants et adultes composant une famille d’aujourd’hui (auparavant, on pouvait trouver trois générations autour de la table familiale). Lorsque celle-ci est composée d’adultes et d’enfants, on distribue aisément les places, les rôles et les fonctions des parents et des enfants. Lorsqu’elle est composée d’adultes dont des personnes âgées, la distribution des rôles et des fonctions s’opère aisément. Culturellement, dans une famille, et en particulier dans ces moments qui la réunissent, on sait donner une place aux enfants, aux adultes et aux aînés âgés.

En est-il de même lorsque, autour de la table, se retrouvent plusieurs adultes, souvent plus de deux, dont les échanges, les places et les fonctions ne sont pas dépendants de l’appartenance à une famil­le mais sont dus à l’exercice d’une activité d’aide telle que l’accueil familial ? Dans le quotidien partagé autour d’une table, qu’en est-il de chacun, des jeux relationnels qui organisent la vie et l’activité familiale, des enjeux identitaires pour les accueillants et pour les accueillis ? La vie familiale partagée ne peut qu’amener à des interrogations existentielles. Pour les uns, les accueillants, ces questions peuvent relever d’une interrogation sur le métier, ses différentes facettes, ses limites, la place sociale et la reconnaissance que l’on en retire.

Pour les autres, les accueillis, ces questions pourraient être formulées ainsi : « Qui suis-je donc moi qui suis là ? Quelle est mon histoire ? Quelle est ma famille ? Pourquoi ne suis-je pas avec les miens et pourquoi suis-je avec d’autres ?... »

L’accompagnement de l’accueil familial devrait investir ce champ relationnel avec l’idée d’utiliser les ressorts thérapeutiques de cette confrontation permanente qui se pense dans un contex­te familial.

Variations historiques

L’accueil familial avec comme métaphore la table familiale n’a pas toujours été ainsi. Par exemple, l’accueil familial le plus structuré, donc le plus repérable, celui des malades mentaux, était animé, à l’origine, d’autres intentions. À Geel, au Moyen-âge, les « possédés » étaient bien sûr nourris et abrités, mais ne partageaient pas nécessairement la vie familiale des paysans qui acceptaient bon gré mal gré de les supporter. Dans les colonies familiales, installées en France à la fin du XIXème siècle, les accueillants, appelés « nourriciers », n’étaient pas convo­qués pour accueillir à leur table, mais pour héberger dans des espaces distincts, nourrir et gar­der. Un plateau repas était apporté dans la pièce mise à disposition des accueillis qui man­geaient ensemble. Les rôles étaient ainsi établis entre gardiens et gardés ou entre nourriciers et... étrangers. C’est seulement dans les années 1960 que l’on a organisé, dans certains établis­sements, un accueil familial avec une grande proximité entre accueillants et accueillis.

Concernant l’accueil familial des handicapés, il faut préciser qu’il s’agit majoritairement de handicapés mentaux souffrant de troubles de la relation plus ou moins manifestes, ce qui n’em­pêche pas qu’ils puissent avoir aussi des problèmes physiques. Cette précision est importante car la première représentation qui vient lorsque l’on définit quelqu’un par son handicap est celle d’une personne en fauteuil roulant. Lors de sessions de formation, je rencontre fréquem­ment des familles d’accueil qui, dans un premier temps, n’abordent que l’aspect physique des difficultés de la personne qu’elles accueillent.

Par ailleurs, nous savons bien que les handicapés qui n’auraient que des problèmes physiques seraient aidés dans l’aménagement de leur espace de vie afin d’être le plus autonome possible. Quand ces familles d’accueil me disent qu’elles accueillent des handicapés en précisant qu’il s’agit de handicapés physiques, on réalise vite, en échangeant, que ces handicapés ont des troubles relationnels associés à situer dans le registre de la maladie mentale ou du handicap mental ou psychique.

L’histoire de l’accueil de ces populations s’inscrit dans l’histoire du statut donné aux handica­pés et du manque de places en institutions spécialisées. Autrefois, dans une économie rurale dominante, les « handicapés » étaient intégrés dans les réseaux familiaux ou sociaux donnant parfois un coup de main dans les exploitations agricoles.

L’histoire de l’accueil familial des personnes âgées accompagne l’évolution de la famille, des moyens socio-économiques, de l’allongement de la durée de vie et des troubles associés au vieillissement. Il n’y a pas si longtemps, les personnes âgées qui ne pouvaient plus se débrouiller seules étaient accueillies par leurs enfants. Ce qui est devenu de plus en plus diffi­cile par la suite. Dans les années 1970, des particuliers, des voisins, des amis ont suppléé les défaillances familiales en imaginant prendre en charge les aînés délaissés. Certains en ont fait une activité rémunératrice, non reconnue alors.

Mes propos quant aux troubles relationnels des personnes handicapées en accueil familial s’ap­pliquent également aux personnes âgées. Dernièrement, j’étais dans un département où les familles d’accueil évoquaient les personnes âgées accueillies en termes de difficultés physiques plus ou moins grandes. Souvent, le récit de séquences relationnelles laissait apparaître bien autre chose. Par exemple une accueillante familiale relatait : « la dame que j’accueille a des problèmes pour se déplacer. Quand nous sortions en voiture, mon mari, elle et moi, elle deman­dait à monter devant à côté de mon mari. Cela pouvait se comprendre vu ses problèmes phy­siques. Très vite, on s’est aperçu que, assise à côté de mon mari, elle se comportait comme sa compagne, se rapprochant de lui... alors que j’étais derrière. On a très vite décidé que, malgré ses problèmes, elle s’installerait derrière et que je retrouverai ma place ». Question de place, n’est-ce pas ? Autour de la table et même en voiture !

Variations réglementaires

Ces différentes pages de l’histoire ont été rassemblées et canalisées par la première réglemen­tation intervenue en 1989 concernant l’accueil par des particuliers à leur domicile, à titre oné­reux, de personnes âgées ou handicapées.

Rappelons qu’il s’agit d’une loi de contrôle et non d’une loi d’initiative. Elle est pensée pour l’accueil familial de personnes âgées secoué, à cette époque, par de nombreux scandales. La table familiale, pour continuer à tisser la métaphore, n’était pas toujours partagée avec les per­sonnes âgées, entassées plus ou moins confortablement par des familles qu’on ne pouvait pas toujours qualifier de familles d’accueil.

La loi encadre ces initiatives de particuliers à partir de deux notions : l’agrément et le contrô­le. Elle donne également un statut aux échanges financiers, et non pas un statut aux accueillants comme on a voulu le faire croire. Il semblait important de qualifier les échanges financiers entre accueillants et accueillis en termes de rémunération, d’indemnités et de loyer. La loi de 1989 définit finalement un accueil familial à caractère libéral à l’initiative de parti­culiers agréés sans l’inscrire dans les dispositifs sociaux et médico-sociaux existants ou à créer. C’est-à-dire que les familles d’accueil, dès lors qu’elles sont agréées, sont maîtres de leur accueil et de son déroulement.

Cette loi en 1989 a été élaborée sans aucune interpellation des professionnels de l’accueil familial. Certains d’entre eux avaient été invités (j’étais de ceux-là) à une réunion de concertation le 28 avril 1989 organisée par le directeur de cabinet de Michel Gillibert, ministre d’alors. Nous .avons écouté pendant trois quarts d’heure la lecture de la loi. À l’issue de sa prestation, l’ora­teur est parti, nous laissant à nos réflexions !

Pourquoi avais-je été invité ? J’avais écrit quelques articles mais surtout, à l’époque, je dirigeais une étude sur l’accueil familial commandée par la Direction Générale de la Santé, étude commencée en février 1989 et terminée en décembre 1989. Pourtant, sans en tenir compte et sans en attendre les résultats, et sans qu’il y ait urgence, le cabinet « invente » donc une loi. Dans cette étude, je distinguais le « placement familial hôtelier » (les accueillis rémunèrent les .accueillants) et le « placement familial hospitalier » (les accueillants sont rémunérés par une institution, un hôpital le plus souvent). On pouvait repérer également des « placements fami­liaux privés » (liés en fait au statut libéral des accueillants), des « placements familiaux asso­ciatifs » ou dépendant de services tels que des hôpitaux ou parfois des conseils généraux qui avaient organisé des dispositifs d’accueil familial avant 1989.

Bref, la loi de 1989 a voulu résoudre le seul problème des dérives de certains particuliers en charge de personnes âgées. Ces considérations ont été étendues aux personnes handicapées, sans tenir compte des études en cours et en oubliant tout un pan des pratiques, celui de l’ac­cueil structuré des malades mentaux, organisé par des établissements psychiatriques.

Cet oubli nous oblige depuis à composer avec deux dispositifs distincts : l’accueil familial social et l’accueil familial thérapeutique AFT
Accueil Familial Thérapeutique
Des personnes souffrant de troubles mentaux peuvent être prises en charge au domicile de particuliers formés, agréés et employés par des établissements psychiatriques.
. Deux pratiques qui ne sont pas identifiables en fonc­tion du travail des familles d’accueil, ni en fonction des accueillis et de leurs besoins. C’est simplement le circuit de l’argent, la rémunération des accueillants qui vont permettre d’entrer dans un cadre ou dans l’autre : pour l’accueil familial social, ce sont les accueillis qui rému­nèrent les familles d’accueil, alors que pour l’accueil familial thérapeutique, elles sont rému­nérées par un directeur d’établissement de santé mentale, cette rémunération ne leur donnant pas forcément un statut très précis. Rappelons que l’on trouve, en accueil familial social, des handicapés mentaux qui pourraient, en d’autres circonstances ou avec une autre histoire, être en accueil familial thérapeutique ; de même que l’on trouve, en accueil familial thérapeutique, des malades mentaux qui, dans d’autres circonstances et avec une autre histoire, pourraient être en accueil familial social.

La loi de 1989 a très vite été perçue comme insuffisante, difficile à interpréter, voire à mettre en œuvre, et surtout peu valorisante pour les accueillants. Ces difficultés ont conduit la Direction Générale de l’Action Sociale à décider d’une évaluation confiée à l’IFREP en 1996. Cette évaluation a permis de proposer des pistes de travail pour faire évoluer le texte de 1989, évolution concrétisée avec l’article 51 de la loi du 17 janvier 2002.

La loi de 2002 tente de définir un métier en lui attribuant tout d’abord un nom, celui d’ac­cueillant familial, ce qui est une nouveauté. Un métier que peuvent exercer une personne ou un couple. Dans le texte de 1989, plusieurs adultes résidant sous le même toit pouvaient deman­der un agrément, et les services départementaux ne savaient pas toujours quelle décision prendre dans ces situations. Déclarer en 2002 qu’un accueillant familial est une personne ou un couple résout la question : on délivre un agrément à deux personnes qui deviennent un couple accueillant familial qui ne pourra accueillir que trois personnes.

L’agrément en 2002 est valable cinq ans pour 3 accueillis (sans dérogation pour le 3ème) et renouvelable si les conditions d’accueil s’y prêtent. Sa durée et sa reconduction instaurent une certaine pérennité de l’activité (en effet, certains départements délivraient des agréments pour un an renouvelable). Il est national (il reste donc valable lorsqu’on change de département, sous réserve d’une vérification des conditions d’accueil, à savoir le logement, dans le nouveau département de résidence). Et il repose toujours sur cinq conditions que le demandeur doit réunir et qui ont un peu évolué entre 1989 et 2002. Quant au contrat d’accueil, il devient éga­lement national. Ces directives ont pour objet d’aplanir les disparités existantes entre les départements.

La loi de 2002 a également modifié le mode de calcul des rémunérations. La rémunération du travail des accueillants (les services rendus) est calculée en SMIC et ouvre droit aux congés payés. On s’approche ainsi du monde du travail. Et on ne parle plus de loyer mais d’indemni­té de mise à disposition d’une pièce. Ne plus évoquer la notion de loyer, c’est mettre de côté la question de l’hôtellerie ou de la location. On institue une indemnité de mise à disposition comme on a institué une indemnité de frais d’entretien, ce qui semble assez logique. La loi de 2002 apporte également quelques précisions relatives à la formation initiale et conti­nue des accueillants qui font partie des conditions de renouvellement d’agrément.

Pas plus que le texte précédent, la loi de 2002 ne clarifie les limites respectives de l’accueil familial social et de l’accueil familial thérapeutique. Les deux dispositifs continuent de coha­biter, parfois en totale méconnaissance réciproque. Cependant, ce texte offre plus concrètement la possibilité de créer un troisième dispositif désigné comme accueil familial médico-social qui pourrait être une solution pour l’accueil des handicapés mentaux. Nous avons déjà évoqué l’ac­cueil familial médico-social dans le cadre de nos journées en 2002 et nous étions largement en avance en pensant que des décrets allaient suivre. On les attend encore !

Pour terminer, une précision quant à l’ampleur du dispositif. Dernièrement, il se disait que le nombre de familles d’accueil était en nette diminution. Nous avons fait une évaluation au 31 décembre 2002 afin de vérifier ces dires véhiculés par des associations d’accueillants peu satis­faites, ajuste titre, du statut, des rémunérations et de la considération qui leur était accordée. Les réponses de 92 départements sur les 100 interrogés révèlent une augmentation du nombre des accueillants familiaux de 8 % par rapport à 1996. Ces éléments ne concernent pas l’accueil familial thérapeutique pour lequel aucun chiffre n’est disponible.

Variations professionnelles

À propos des variations professionnelles, je voudrais aborder trois dimensions : le travail des accueillants familiaux, leur formation et les besoins des accueillis.

Comment résumer le travail des accueillants ? Accueillir, être accueillant familial est une acti­vité aux multiples dimensions. C’est, au moins, partager, avec des limites, tout ou partie de sa vie familiale. Et plus que la vie familiale, est concernée l’intimité familiale qui ne se partage pas avec n’importe qui. Le vécu commun dans lequel chacun est engagé fait émerger des ques­tions de places, de rôles, de fonctions qui s’organisent dans un contexte familial dans lequel des jeux de rôles sont implicitement déterminés par le contexte du quotidien, de l’être soi, de l’être avec. Dans ce contexte, ce n’est pas, comme dans d’autres, la qualité de professionnel de l’un et la qualité d’usager de l’autre qui structurent les processus relationnels. De ce fait, entre autres, émergent pour chacun des interrogations existentielles qu’il serait utile de prendre en compte pour accompagner, aider, soigner la construction de son être à soi.

Au-delà de ces phénomènes, et en regardant une autre facette du travail des accueillants fami­liaux, on comprend combien c’est un travail de théorisation du monde, du sien dans lequel l’autre accueilli trouve sa place avec ses troubles et ses symptômes décodés avec son savoir-faire et son monde de pensées. Un peu comme une mère qui pense naturellement les besoins de son enfant, une famille d’accueil est dans la position de devoir penser les besoins de l’ac­cueilli pour pouvoir y répondre et penser ses troubles pour pouvoir les supporter. Penser ou théoriser les troubles de l’autre pour pouvoir les accepter dans son quotidien et dans son inti­mité familiale suppose de pouvoir les penser avec d’autres, entre soi en famille, mais aussi avec d’autres professionnels qui exercent la même activité.

Ce point permet d’aborder la formation comme un lieu d’élaboration des modes de pensée et de théorisation des besoins de l’autre et des réponses à apporter dans un contexte familial. Le texte de 2002 introduit la formation initiale et continue sans les définir, en précisant quelque chose qui n’est pas anodin, à savoir que « lors du renouvellement d’agrément dans cinq ans les accueillants familiaux devront justifier d’une attestation de formation ». C’est-à-dire qu’au-delà de la vérification de la pérennité des conditions relatives à l’agrément, le renouvellement d’agrément repose aussi sur la question de la formation !

Par rapport à la formation toujours, un détail de la loi de 2002 nous avait échappé (et il a peut-être échappé à d’autres). Le texte de 1989 confiait l’organisation de la formation (sans préci­sions alors) au président du conseil général (dans le cadre de l’accueil familial thérapeutique, au directeur d’établissement). Le texte de 2002 omet cet aspect, au point que l’on pourrait pen­ser que les accueillants doivent suivre une formation initiale et continue à leurs frais ! On sait heureusement que cet oubli doit être réparé.

En résumé, et pour le moment, une formation initiale et continue non-définies, qui ne compor­tent ni thèmes ni durées et dont on ne sait pas à qui incombe le coût de son organisation.
Troisième point : de quoi les adultes orientés en accueil familial par leur parenté ou par des ins­titutions ont-ils besoin ? On devrait pouvoir simplement dire qu’ils ont besoin d’une vie fami­liale autre que celle que leur propre famille veut ou peut leur apporter. Projet de vie autrement plus interpellant que celui que l’on peut trouver dans d’autres contextes.

Dans l’évaluation menée en 2002, nous avons vérifié le nombre d’accueillis en familles d’ac­cueil par rapport à l’évaluation de 1996. J’ai rappelé que, pour 92 départements, il y avait une augmentation du nombre de familles d’accueil. Pour 87 départements (5 d’entre eux n’ont pas répondu à la question portant sur le nombre d’accueillis), on constate également une augmen­tation de 19 % du nombre de personnes accueillies. Il s’agit pour moitié de personnes âgées et pour moitié de personnes handicapées, ceci dans le cadre de l’accueil familial social. Étant entendu que des personnes handicapées vieillissent et deviennent des personnes âgées, on trou­ve en fait une plus grande proportion de personnes handicapées que de personnes âgées. Il sem­blerait donc l’accueil familial social soit un dispositif vers lequel on se tournerait plus en 2002 qu’en 1996. Quant aux malades mentaux et à l’accueil familial thérapeutique, je le redis, nous n’avons pas le nombre des accueillis.

Pour terminer, quelques mots afin d’insister sur l’accompagnement de l’accueil. Pour faire face aux besoins de quelqu’un qui a des difficultés relationnelles, et parfois en plus des difficultés physiques, il faudrait que les accueillants familiaux ne soient pas seuls. Ni les parents des per­sonnes accueillies, ni leur tuteur le cas échéant ne seront des aides suffisantes pour les accueillants familiaux.

Les parents ou les tuteurs ne sont pas des tiers écoutant de manière neutre ou attentive les difficultés que peuvent rencontrer au quotidien les accueillants. Être accueillant familial supposerait ne pas travailler seul. À ce titre, les départements portent une responsabilité importante et devraient tout faire pour penser et organiser le suivi comme une forme de soutien plutôt que comme une forme de contrôle des accueillants. Pour l’accueil familial thérapeutique, cette question du soutien des accueillants est à traiter éga­lement en se décentrant de la trop grande attention portée au patient et à ses symptômes.

En variation finale, rappelons que l’accueil familial des adultes est un monde très marginal d’une ampleur très limitée qui semble d’une grande complexité et qui n’apparaît pas en tant que tel dans le paysage social ou médical. Le sort des accueillants familiaux et l’évolution posi­tive de la santé des accueillis n’intéressent pas grand monde. Pourtant, il y a là une ressource à développer, une alternative au « tout établissement ». une alternative qui apporte aux per­sonnes accueillies des conditions de vie autres que celles proposées par les établissements mal­gré leurs performances et leur pertinence.

Post Scriptum

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Dernière mise à jour : jeudi 7 avril 2011

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