ADAPEI de Charente Maritime : L’association fête, demain, les vingt ans du service de placement des adultes handicapés en familles d’accueil.
(manque Isabelle) autour de la responsable, Sylvie Jauvat.
(PHOTO Kharinne Charov)
Ces familles ouvrent leur coeur et leur maison
Vendredi, au Palais des congrès, l’Adapei [1] fête les 20 ans du service qui coordonne le placement et le suivi social des personnes handicapées en familles d’accueil. L’occasion sera belle aussi de valoriser le travail de ces accueillants de l’ombre.
Voilà vingt ans, l’accueil familial pour les handicapés de plus de 20 ans, qui sortaient d’un institut médico-éducatif, existait déjà, avec un suivi des assistantes maternelles de secteur. Mais on déplorait une rupture dans l’accompagnement éducatif. D’où l’idée de créer ce nouveau service, le Prefass [2] dont c’est l’anniversaire. « À l’époque, c’est le premier projet structuré en France », dit Sylvie Jauvat, la responsable.
Chaleur et sécurité
Cette structure qui, initialement, bénéficiait d’un agrément pour 30 places en compte aujourd’hui 88. Et, grâce à une convention avec le Conseil général (qui finance), Prefass permet d’accueillir 75 adultes handicapés mentaux - âgés de 20 à 60 ans - dans tout le département. Ils sont suivis par quatre éducateurs qui leur rendent visite tous les quinze jours.
« L’accueil familial, c’est une alternative et une complémentarité à l’institution », annonce Sylvie Jauvat. « Car la solution permet à un adulte handicapé de vivre dans un milieu chaleureux et sécurisant. » Bien sûr, certains accueillis fréquentent, en parallèle, les foyers occupationnels de l’Adapei, ou les établissements et services d’aide au travail ou les hôpitaux de jour. Mais la majorité est accueillie en famille à temps complet.
Il va sans dire que, pour être famille d’accueil, la bonne volonté ne suffit pas. « Souvent, les candidats qui se présentent sont des couples de 50 ans, ayant envie de donner d’eux-mêmes et qui se retrouvent seuls dans une maison que leurs enfants adultes ont quittée », commente la responsable. Les postulants ont droit à un entretien, à une visite de leur habitation et à une enquête de motivation, avant d’obtenir l’agrément du Conseil général.
Accompagnement adapté
Une fois que les familles d’accueil ont passé un contrat de droit privé avec la personne handicapée accueillie - c’est elle (ou son représentant) qui les emploie -, l’Adapei les forme et les informe sur le handicap.
« Nous ne le faisons pas avant, pour que les accueillants puissent adapter leur accompagnement au handicap de la personne qu’ils hébergent », insiste Sylvie Jauvat.
Les travailleurs sociaux de Prefass répondent aux questions des familles d’accueil. L’Adapei leur propose aussi des ateliers, « pour qu’elles maintiennent la dynamique car elles doivent toujours rechercher des activités occupationnelles adaptées à l’âge, à la culture et au handicap de l’accueilli ».
Respect et valorisation
Mais les grands principes de l’accueil - et également de l’Adapei, qui est une association de parents avant tout -, c’est le respect de la dignité de la personne handicapée, la valorisation de ses compétences et sa socialisation.
« Souvent, le projet de vie de la personne handicapée relève du bon sens. Mais toute la difficulté de l’accueillant est de maintenir l’équilibre entre sa propre vie familiale, la chaleur et la sécurité à offrir à l’accueilli et la distance affective à instaurer. »
C’est pour souligner le précieux travail de ces accueillants aux contrats précaires, reconnus ni par un statut ni un diplôme, que l’Adapei a voulu les honorer demain, à travers une fête. Pour l’occasion, elle distribuera à 35 familles d’accueil, qui travaillent avec Prefass depuis plus de dix ans, une attestation de pratique professionnelle. C’est purement symbolique mais quand même !
Kharinne Charov
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