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La hiérarchie des Lois, décrets, arrêtés, directives...

Les règles complexes mais fondamentales formant ce qu’on appelle la « hiérarchie des textes » ou la « pyramide du droit ».

Dans l’imbroglio des lois, décrets, règlements etc., nombreux sont ceux qui ont bien du mal à identifier leurs droits et à "s’y retrouver". Officiellement, les règles sont pourtant claires et logiques :

Pyramide du Droit français

Les textes de niveau "inférieur" ne doivent en aucun cas contredire les textes de niveau "supérieur". Ce n’est malheureusement pas toujours le cas - voir 2 exemples en bas de page.

1) Des règles internationales et européennes s’imposent à l’état français

Les règlements communautaires s’appliquent directement en droit national sans avoir à être transposés dans des textes nationaux et sont de valeur supérieure aux textes nationaux (hors constitution).

Les directives communautaires doivent en revanche, sauf exception, avoir été transposées dans des textes nationaux pour pouvoir s’appliquer, et ne sont pas, sauf dans des cas bien précis, opposables aux particuliers ou aux entreprises.

Enfin, les décisions communautaires sont des textes de caractère obligatoire pour leurs destinataires.

2) En droit Français, les textes s’imposent dans l’ordre suivant

Elaboration d'une loi

Organigramme : hiérarchie des Lois, décrets, arrêtés, directives...

3) L’ordre juridictionnel administratif

Compétences : connaître les litiges touchant au moins une personne publique.

En cas de problème entre les ordres, le Tribunal des Conflits (composé d’autant de magistrats judiciaires et administratifs, ainsi que le garde des sceaux) attribue l’affaire à l’un des ordres.

L’interprétation de la loi par les tribunaux, c’est la jurisprudence issue de précédents jugements sans appel. La manière dont les tribunaux jugent habituellement une question fait jurisprudence et influence les jugements ultérieurs.

4) L’ordre juridictionnel judiciaire français

Compétences : connaître les litiges entre les personnes privées ou concernant les droits et libertés fondamentales.

Les premiers et deuxièmes degrés sont des juridictions dans lesquels les dossiers sont étudiés sur le fond et la forme. La Cour de Cassation ne regarde que la forme et pas le fond, sauf pour des cas exceptionnels.

Mais les lois sont parfois détournées ou dénaturées... par les gouvernements eux-mêmes !

1er exemple : le statut des accueillants

  • La Loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 supprime des textes la mention "Ce contrat, qui ne relève pas des dispositions du code du travail...". La volonté du législateur est clairement exprimée : "Relevant explicitement du droit du travail, les accueillants familiaux bénéficient de fait de l’assurance chômage et du droit syndical. (...)"
    Mais le gouvernement change quelques mois après. Le suivant traîne des pieds pendant 3 ans, Famidac monte au créneau pour une mise en application.
  • Le décret n° 2004-1542 du 30 décembre 2004 relatif au contrat type prévu à l’article L. 442-1 du code de l’action sociale et des familles fait explicitement référence au code du travail ... tout en nous en excluant. Il renvoie par ailleurs tout litiges devant devant le tribunal d’instance (et non les prud’hommes). Premier détournement.
  • La DGAS attend un nouveau changement de gouvernement pour publier, fin juin 2005, une Note d’information encore plus restrictive, qui ne tient pas compte de plusieurs "recalages" que nous avions pourtant clairement négociés et obtenus de ses précédents ministres de tutelle ! (voir ici, les parties de texte en rouge).

L’esprit de la loi, la volonté du législateur n’étaient pas respecté ; à l’époque, notre association n’avait malheureusement pas les moyens de financer les recours qu’il aurait fallu déposer sans délai en Conseil d’Etat...

2ème exemple : l’APA et la PCH en accueil familial

  • Les lois et leurs décrets d’application sont clairs : les personnes accueillies sont considérées comme résidant à domicile. L’allocation personnalisée d’autonomie est affectée à la couverture des dépenses de toute nature figurant dans le plan d’aide élaboré par l’équipe médico-sociale. Ces dépenses couvrent notamment le règlement des services rendus par les accueillants familiaux.
  • La Note d’information DGAS/2 C n° 2002-536 du 23 octobre 2002 induit les Départements en erreur en prétendant que l’APA couvre, à titre principal, l’indemnité en cas de sujétions particulières (mention trompeuse et restrictive, introduite par la DGAS sans aucun fondement juridique).
  • De nombreux Départements limitent donc l’APA (et la PCH) au montant de ces sujétions. Les personnes âgées ou handicapées qui quittent leur domicile pour un accueil familial voient leurs aides réduites au strict minimum. 6 heures d’aides humaines sont converties, au maximum, en 4 MG (l’équivalent de 1,5 SMIC horaire).
  • Il faut attendre décembre 2012 (10 années !) pour que la Cour administrative d’appel de Bordeaux fasse enfin jurisprudence : la plupart des Départements devront réviser leurs règlements pour les mettre en conformité avec la loi.

Résultat : 10 années de droits perdus, pour des personnes handicapés ou âgés (combien de ces bénéficiaires sont encore vivants ?) et pour leurs accueillants...

Comment se votent les lois ?
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