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Famidac, l'association des accueillants familiaux
et de leurs partenaires

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2017 : Séjour familial pour les séniors

Auteur : Catherine Frey, L’union – L’ardennais, 3 août 2017, pages 4 et 5 (extraits).

Pour un week-end, une semaine ou plusieurs mois, des accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.
ouvrent leur maison aux personnes âgées.


LES FAITS

● Il est parfois angoissant pour une personne âgée de rester seule l’été chez elle quand les enfants sont partis loin en vacances.
● Une des solutions est de choisir une famille d’accueil à la campagne pendant cette période.
● Alternative plus familiale et plus économique que la maison de retraite, ce dispositif peut aussi devenir une solution plus permanente, mais pour bien plus tard.


"Nous habitons dans une ferme à Luxémont-Villotte, petit village à six kilomètres de Vitry-le-François. Vie de famille, jardin, animaux (chien, chat, lapins). Pour plus d’informations, nous contacter."
Cette annonce destinée aux personnes âgées et à leurs proches à la recherche d’une famille d’accueil est en ligne sur le site « Famidac ». Si papy est trop âgé pour suivre les enfants à La Baule, ou s’il n’a simplement aucune envie d’y aller mais ne veut pas être un empêcheur de partir en vacances, il peut très bien se choisir une famille d’accueil dans sa campagne proche et aller goûter à la vie de la ferme.

L’AGRÉMENT OBLIGATOIRE DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL

"Les pouvoirs publics seraient gagnants à développer l'accueil familial" {PNG} L’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). pour adultes, encore peu connu, offre une alternative à la maison de retraite et permet des séjours allant d’un week-end à plusieurs années. « J’ai un monsieur dépendant qui séjourne à la maison l’été pour permettre à tous ceux qui s’occupent de lui pendant l’année de partir en vacances. Pour lui, c’est aussi une façon de faire une coupure estivale dans son quotidien », témoigne Belén Alonso, présidente de l’association Famidac. Le monsieur a sa chambre dans la grande maison de Belén où résident, selon les périodes, un ou deux autres pensionnaires.
« Les accueillants familiaux sont souvent des personnes qui se retrouvent avec une grande maison vide après avoir vu les enfants partir. Ils ont parfois eu l’expérience de s’occuper d’un ancien de la famille aujourd’hui disparu, et ont l’idée d’offrir une vie de famille à une personne âgée qui ne peut plus rester chez elle. »

Pour être accueillant, il est nécessaire d’obtenir l’agrément du conseil départemental. « Il y a un dossier à remplir et une visite à domicile. » Il faut au minimum mettre à disposition une chambre de 9 mètres carrés avec fenêtre et point d’eau à proximité. Comme ce sont les accueillis qui choisissent leur maison d’accueil, il est préférable d’offrir une salle de bain privée. Même pour un simple week-end.
« La famille et l’accueilli sont liés par un contrat qui se négocie à partir d’un loyer minimum. Il n’y a pas de plafond sauf pour les personnes bénéficiaires des aides sociales », précise Belén.

“IL FAUT AMÉLIORER LE STATUT DES ACCUEILLANTS”

Permanent ou temporaire, l’accueil familial est plus économique que la maison de retraite : « Tout dépend du contrat mais c’est en effet souvent moins cher. C’est surtout moins cher pour la collectivité. Il n’y a pas d’Ehpad à construire, ni de personnel à rémunérer. Et si l’accueillant parvient à gagner sa vie, il paie des impôts qui profitent à la collectivité. » C’est tout bénéfice mais les pouvoirs publics, regrette Belén, n’agissent pas assez pour promouvoir la formule.

« Pour vraiment la développer, il faudrait améliorer le statut des accueillants. Il reste de grosses lacunes comme le fait de ne pas avoir droit au chômage. Si la personne âgée s’en va, les familles se retrouvent sans revenu du jour au lendemain. Ceci est un frein important pour des jeunes qui aimeraient faire ce métier. » La création d’une formation diplômante contribuerait également à booster l’activité.
Il faut aussi donner les moyens d’en vivre : « Celui qui n’accueille qu’une personne ne gagne pas sa vie. Il touche moins que le Smic. C’est seulement en recevant deux ou trois personnes qu’on peut commencer à en vivre. » Cela limite l’accès à cette profession qui pourrait être créatrice d’emplois.

Le risque d’avoir des familles d’accueil qui ne travaillent que pour l’argent sans se soucier du bien-être de leur pensionnaire serait limité car le placement se fait par le bouche-à-oreille. Un TripAdvisor « accueil senior » suffira vite à résoudre la question. Papy choisira sa ferme et sa famille si elle obtient au moins quatre étoiles sur cinq.

"NOS PENSIONNAIRES PARTICIPENT À LA VIE DE LA MAISON"

« On ne devient pas accueillant familial pour devenir riche. C’est un très beau métier mais avec des contraintes. Par exemple, on n’a pas le droit de laisser nos accueillis seuls à la maison. Même le temps d’aller en courses. Il faut toujours prévoir la présence d’un adulte ou d’un remplaçant avant de s’absenter. Après, tout dépend des pensionnaires. Nous en avons eu certains qu’on emmenait se promener, même à la plage, au lac des Vieilles-Forges », témoigne Laurence Blois, à Hirson.

En ce moment, et pour longtemps, espère-t-elle, la famille Blois accueille
« Mamie ». Elle n’a pas d’autre nom à la maison. « Mamie, âgée de 88 ans, est ici depuis décembre. Elle est complètement intégrée à la vie de famille. »
Ou presque. Les enfants de la maison, âgés de 13 et 15 ans, savent que leurs parents exercent un métier, ils ne considèrent pas l’accueillie comme leur grand-mère. « Dans ce métier, on s’attache à nos clients que je préfère nommer pensionnaires. Il faut faire attention de ne pas trop s’investir affectivement, c’est un travail à faire sur soi. Les enfants, eux, ont tout de suite compris », confie Laurence.

Le repas de midi est pris avec les pensionnaires, dont Mamie. « Nous prenons celui du soir entre nous. Nos pensionnaires dînent à part. On doit préserver notre famille. » Le reste du temps, les vies sont mêlées. « Mamie a besoin de discuter beaucoup, elle veut aussi participer à la cuisine, faire du ménage, aller au jardin. » Ses enfants viennent lui rendre visite l’après-midi à des horaires fixés.

« Elle a neuf enfants dont quatre qui viennent très souvent. Un jour, ils ont voulu faire un repas de famille mais comme Mamie ne peut plus sortir à cause de sa maladie vasculaire, ils ont fait leur repas chez nous et nous ont invités ! » Quand Mamie est arrivée chez les Blois, elle ne mangeait plus beaucoup. Le médecin était pessimiste.
« Aujourd’hui elle mange quatre repas par jour », se réjouit Laurence.
La famille gagne environ 1 700 euros net pour deux pensionnaires hébergés.

(...)

Les Ardennes plus souples que l’Aisne ou la Marne

Les conseils départementaux chapeautent et contrôlent l’accueil à domicile, mais pas tous de la même façon. Celui des Ardennes facilite le dispositif alors que celui de l’Aisne, qui exige d’être saisi de tout projet d’accueil, impose une lourde procédure jusqu’à la signature du contrat à laquelle il assiste. Quant à la Marne, elle aurait pour défaut de refuser la communication de la liste des accueillants.

CATHERINE FREY

P.-S.

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L’union – L’ardennais, 3 août 2017, pages 4 et 5