44 - Loire Atlantique : L’accueil familial, alternative à la maison de retraite

Auteur : Nadine BOURSIER, Ouest France, 12 janvier 2011.

À l’heure où l’on parle de la réforme de la dépendance, coup de projecteur sur un dispositif peu connu : l’accueil à domicile d’une personne âgée. À Saint-Michel-Chef-Chef, Agathe accueille Jean-Paul.

Jean-Paul, Nantais de 63 ans, a été victime d’un accident vasculaire-cérébral il y a deux ans. Les séquelles sont importantes. Il souffre encore, entre autres, d’une perte importante de mémoire, ce qui l’empêchait, après son hospitalisation, de rester vivre seul à son domicile. Sa famille n’a, pour autant, pas souhaité, à son jeune âge, le placer en maison de retraite. Elle a opté pour « l’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale).  ».

Jean-Paul a atterri en août 2009 au domicile d’Agathe Masson, dans un quartier paisible à Saint-Michel-Chef-Chef. Depuis, elle l’aide à « maintenir ses capacités, à préserver son autonomie et à maintenir des activités sociales ».

Au fond de la maison, il dispose d’une chambre, décorée par ses soins, d’une salle de bains adaptée, et d’un salon, avec télé, bibliothèque. Il peut y inviter sa famille et ses amis. Jusqu’à septembre, il avait, dans la chambre à côté, un voisin, un monsieur de 61 ans victime d’un traumatisme crânien, qui a pu regagner son domicile. La place est libre depuis. « Cette formule est peu connue, alors qu’il reste des places vacantes », regrette Agathe.

« Il faut s’habituer au début, après on est bien », souffle Jean-Paul. « Mieux qu’en maison de retraite... Ici, je peux sortir, discuter, Agathe m’emmène où je veux : courses, gym, concert, messe... »

Des espaces bien séparés

Le principe de l’accueil familial est simple : des personnes âgées qui ne peuvent plus rester chez elles s’installent au domicile d’une personne ou d’un couple formé et ayant reçu l’agrément du conseil général. L’accueillant assure à ses pensionnaires le gîte et le couvert, les accompagne, les aide à se laver, les promène... Ce qui demande une grande disponibilité et une qualité d’écoute.

Agathe Masson, psychomotricienne de formation, a choisi ce métier parce qu’elle voulait exercer auprès des personnes âgées. « J’ai toujours eu beaucoup de considération à leur égard. Peut-être parce que ma mère était directrice d’une maison de retraite... »

Jean-Paul est son premier pensionnaire. Mariée et mère de trois enfants de 12, 16 et 18 ans, Agathe en a beaucoup discuté avec sa famille. Il a aussi fallu agrandir la maison de plain-pied. « La seule obligation est d’avoir une chambre de 9 m² , mais on préférait installer aussi un salon et une salle de bains à part. » Des espaces bien séparés pour préserver l’intimité des résidents et la leur, et « respecter le rythme de chacun ».

Pas un grand-père d’adoption

Car toute la difficulté est là. Les pensionnaires ne sont pas des grands-parents de substitution. « C’est mon travail, insiste Agathe Masson, qui s’en occupe jour et nuit, toute l’année. Je maintiens une certaine distance. Même si on noue des liens forts. Les enfants sont assez grands pour faire la part des choses également. »

Quand la famille Masson part en vacances, elle trouve une solution : Jean-Paul part dans sa famille, dans une autre famille d’accueil ou en maison d’accueil temporaire. « Il faut s’organiser. Pas de dernière minute ! »

Autre limite : l’état de santé du résident peut aussi s’aggraver. Dans ces cas-là, comment ça se passe ? « Certaines familles décident de garder la personne jusqu’à sa mort. Selon les problèmes, d’autres passent la main aux hôpitaux ou maisons de retraite. »

Nadine BOURSIER.


Qui peut être accueilli ? Par qui ?

  • Quelle personne âgée peut être accueillie dans une famille ?

Il faut avoir plus de 60 ans et être capable de se déplacer. Mais il y a des pathologies qui relèvent des psychiatres ou des dépendances qui relèvent des gériatres et qu’on ne peut traiter dans un milieu familial. La personne ne doit pas non plus avoir besoin d’une surveillance médicale importante. Il faut aussi être capable de s’investir dans une famille.

  • Comment obtient-on l’agrément ?

Pour héberger une personne âgée ou un adulte handicapé, l’accueillant familial doit impérativement demander un agrément au conseil général. Pour l’obtenir, pas besoin de formation médicale. Une enquête sociale est réalisée pour déterminer les motivations, voir si le lieu est bien adapté... L’accueillant est ensuite formé pendant plusieurs jours.

  • Combien de familles ont l’agrément dans le département ?

130 familles font de l’accueil familial d’adultes (handicapés et personnes âgées) en Loire-Atlantique, mais seulement 16 accueillent des personnes âgées, soit 25 places. La Loire-Atlantique a peu de places en accueil familial pour les personnes âgées, car elle dispose d’un bon nombre de places en maisons de retraite. C’est un choix. En Charentes, il existe environ 300 places dans les familles pour les personnes âgées.

  • Par qui est payé l’accueillant ?

Directement par son employeur, à savoir la personne âgée. Un contrat les lie. En cas de mésentente, le délai est de deux mois pour rompre le contrat. Il y a également un mois d’essai, renouvelable une fois. Selon les revenus et le niveau de dépendance, le pensionnaire peut bénéficier d’aides. À titre indicatif, avec l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), ça peut lui revenir à environ 1 300 €, charges Urssaf comprises. Comparativement, le coût moyen mensuel en maison de retraite est de 2 200 €.

  • La personne âgée est-elle quand même suivie ?

Oui. Le conseil général assure le suivi médico-social de l’accueilli pendant son séjour : une visite par semaine d’une assistante sociale au début, puis une visite par mois. Les services médicaux peuvent également intervenir régulièrement à domicile : infirmières, kinésithérapeutes... L’accueillant peut aussi contacter un médecin référent de l’association en cas de besoins, de questions.

Renseignements, auprès du conseil général ou de l’Association de réflexion gérontologique, à l’hôpital de la Seilleraye à Carquefou, au 02.40.18.90.36.

Post Scriptum

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Dernière mise à jour : samedi 15 janvier 2011

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