2009 : Une famille maltraitante, l’autre formidable...

Auteurs : Dominique Fonlupt, "La vie" n° 3329, 17 juin 2009 & Caroline Jaouen, La Nouvelle République, 19 et 20 juin 2009.

Merci Dominique pour cet article qui, à partir d’un évènement tragique (le décès, suite à des actes de maltraitance, d’une personne accueillie) évite toute généralisation et présente également l’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). sous un jour positif ... Merci également à "La Vie", pour son autorisation de reproduction

Moi, Bernard, et ma famille formidable

RÉCIT. Handicapé mental, Bernard a toujours vécu chez les autres. Après douze ans de bonheur, une tragédie fragilise de nouveau sa vie.

JPEG - 52.7 ko
© Rodolphe Escher pour La Vie - de gauche à droite : Garry, Suzanne et Bernard.

Le Sauvage. L’endroit porte bien son nom avec ses fermes de pierre ocre cachées dans les châtaigniers et les herbes folles. Pour Bernard Lamoureux, ce hameau de Lorigné, commune des Deux-Sèvres, à mi-chemin entre Niort et Limoges, c’est plutôt le paradis. Paradis perdu puis retrouvé après une tragédie qui le marquera à jamais.

Quand survient la mort de Stéphanie, cela fait longtemps que Bernard vit chez les autres. Handicapé mental, n’ayant plus de liens avec ses parents, ses frères et sœur, il est hébergé dans des familles d’accueil. Trois ans chez les uns, dix ans chez les autres. Il a 34 ans quand il arrive chez les Holding, un couple d’origine britannique installé en France depuis 1990. Garry, ex-prof de musique au Royaume-Uni, enseigne l’anglais au lycée de Civray. Suzanne, femme chaleureuse et généreuse, convaincue qu’elle peut rendre de grands services en accueillant des personnes vulnérables, devient famille d’accueil. Entre 1995 et 2007, ils auront ainsi Bernard sous leur toit. Ils le nourrissent, l’accompagnent, l’apaisent. Garry Holding déteste qu’on parle de son protégé comme d’un handicapé. « Il est limité ! corrige-t-il, mais il a des qualités que d’autres n’ont pas. »

De fait, son visage tanné et ses grands yeux doux ne laissent rien transparaître de ses difficultés. Mais, en réalité, Bernard a besoin d’être surveillé, stimulé, valorisé en permanence. Alors, après quelques vaines tentatives d’intégration dans des Centres d’aide par le travail, Bernard, amoureux de la nature et du grand air, va s’occuper de leur potager et des petits travaux de la maison. Il est trop fantasque pour des tâches répétitives. Sur les deux hectares de terrain, avec vache, cochons, et potager, il trouve un univers à sa mesure et reste 12 ans au Sauvage. Le temps de voir grandir les trois enfants du couple et de participer avec passion et patience à la renaissance de la ferme en ruines. Aujourd’hui magnifiquement restaurée.

Mais les meilleurs moments ont une fin. À 60 ans, l’heure de la retraite sonne et les Holding ont légitimement envie de souffler. Ils aspirent à une liberté que ces années ont singulièrement mise entre parenthèses, la moindre escapade nécessitant la recherche d’un point de chute pour Bernard. « J’étais très fatiguée, se souvient Suzanne, 62 ans, avec une pointe d’accent à la Birkin. Ce métier requiert beaucoup d’attention. » Mais que va devenir leur hôte ? Il faut lui trouver une autre famille. « Le moindre changement l’affole, poursuit Suzanne. Nous avons mis deux ans à le préparer. »

Sur la grande table ronde de sa cuisine, elle consulte son journal, qu’elle tient depuis toujours. Elle y retrouve le récit de leur première entrevue avec Andrée et Gérard Mitaine, le couple recommandé par le conseil général qui a pris leur relais. À l’âge où les Holding se retirent, les Mitaine, eux, commencent leur carrière de famille d’accueil… Bernard s’installe chez eux en février 2007. Le couple dispose d’un agrément pour deux personnes et s’occupe déjà de Stéphanie, 24 ans, lourdement handicapée.

Mais, coup de théâtre, au matin du 22 août 2007, Bernard retrouve Stéphanie, morte dans la baignoire des Mitaine. Coupable idéal, il est d’abord placé en garde à vue, avant qu’Andrée Mitaine reconnaisse qu’elle brutalisait Stéphanie. Coups et plaies mal soignées avaient fini par épuiser la jeune femme. Les Holding découvrent le drame le soir même à la télévision. « On disait que Bernard était peut-être coupable. On nous refusait toute information. Pour les gendarmes, la justice et les services sociaux, nous n’avions aucun droit à demander de ses nouvelles. » Très vite, Bernard est mis hors de cause, mais expédié en hôpital psychiatrique. De fait, on ne sait que faire de lui. L’association chargée de sa tutelle le décrit comme dangereux et les services sociaux du conseil général affirment qu’aucune famille d’accueil ne voudra de lui après ce qui s’est passé. « Bernard en psychiatrie ! tonne encore Garry, deux ans après les faits. Ce n’est pas un endroit pour lui, qui a sans cesse besoin d’être rassuré, encadré, valorisé. Il ne peut pas vivre enfermé, il devient agressif quand il est sous contrainte. » Par chance, son avocat commis d’office, maître Jean-Marc Boizard, ne le lâchera pas. Il ira même jusqu’à menacer l’hôpital de porter plainte pour séquestration. « S’il était resté enfermé, il en serait mort », affirme-t-il.

Avant même que Bernard soit innocenté, les Holding se portent volontaires pour le reprendre chez eux, chose faite au bout de deux mois de combat. Dans le havre de paix du Sauvage, Bernard retrouve peu à peu son équilibre. Aujourd’hui, pour lui, Suzanne s’apprête à demander le renouvellement de son agrément. Désormais, elle sait qu’elle peut compter sur le frère de Bernard. Celui-ci, ayant renoué avec lui, est devenu son tuteur et l’héberge de temps en temps, comme d’autres membres de sa famille. Surtout, Suzanne et Garry rêvent de lui trouver pour l’avenir des gens qui sauront le prendre comme il est, avec le savoir-faire et la patience nécessaires. Avec un jardin aussi. « Mais rien ne presse », le rassure Suzanne.

JPEG - 11 ko
© Richard Holding

Attablé à la terrasse de leur jolie maison, Bernard l’écoute, pensif. Le 18 juin, jour du procès aux assises de Parthenay d’Andrée et Gérard Mitaine, il devra témoigner seul à la barre, lui qui se sent menacé par un rien. « Quand il ne comprend pas ce qui lui arrive, son comportement peut déraper », s’inquiète l’avocat. Les Holding seront dans la salle pour le soutenir dans cette épreuve. Une fois de plus.

L’isolement au banc des accusés

Les 18 et 19 juin [2009], Andrée Mitaine, accueillante familiale, comparaîtra aux assises de Parthenay pour coups mortels sur personne vulnérable, et son époux pour non-assistance à personne en danger. Ce type d’affaire reste rarissime. Selon Brigitte El Moumni, présidente de l’Association des accueillants familiaux des Deux-Sèvres, cette maltraitance fatale pourrait bien être le fait d’un couple débordé par une tâche au-dessus de ses moyens. « L’isolement social dans lequel s’enfermaient les Mitaine aurait dû alerter davantage les services sociaux. Personne, semble-t-il, ne les a aidé à déterminer quelles étaient leurs limites, regrette-t-elle. En outre, les accueillants n’ont pas droit au chômage et renoncer à quelqu’un signifie perdre ses revenus. »

Au conseil général des Deux-Sèvres, Johnny Brosseau, élu chargé des « préventions enfance et famille », défend les professionnels du département. « 120 familles sont agréées pour accueillir des personnes handicapées et c’est la première fois qu’un tel problème se produit. Mme Mitaine a bénéficié d’un avis favorable du maire. Son expérience et son dévouement étaient connus dans la commune. À aucun moment, il n’y a eu de défaillance dans nos contrôles. »

En mars 2007, cinq mois avant la mort de Stéphanie, l’assistante sociale a pourtant proposé que le couple soit soutenu par une équipe de psychiatrie de l’hôpital de Niort. « La jeune fille représentait une charge très lourde, du fait de son handicap », explique Johnny Brosseau. Les Mitaine n’ont pas donné suite, préférant poursuivre leur tâche dans le huis clos. Que s’est-il passé pour que Stéphanie subisse le martyre ? Le procès permettra sans doute d’éclaircir les raisons de ce dérapage et devrait fournir des enseignements précieux à tous ceux qui accompagnent le travail admirable et difficile des familles d’accueil.

Les familles d’accueil en France

La France compte environ 6 .000 accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.
et 9. 000 accueillis, adultes handicapés mentaux, mais aussi personnes âgées. Le nombre de familles d’accueil varie beaucoup d’un département à l’autre : entre 0 et 344.

En mars 2007, le gouvernement a fait voter une loi encourageant ce mode d’hébergement économique, ne nécessitant aucun investissement public ni frais de structure.

Malgré son caractère exigeant et une faible rémunération – une moyenne mensuelle de 582 € par personne accueillie 24 heures sur 24 –, ce métier attire de plus en plus d’aides-soignantes, d’infirmières, d’éducateurs spécialisés. Les conseils généraux sont chargés du contrôle et du suivi médico-social, mais rien n’en précise la périodicité. Certains départements disposent d’équipes étoffées, d’autres s’y intéressent beaucoup moins.

Plus d’infos sur le site famidac.fr :

Le site famidac.fr, animé par l’une des principales associations d’accueillants familiaux, offre une fenêtre très complète sur cette activité professionnelle. Législation, chiffres, actualité, forum, mise en relation accueillants et personnes en recherche d’hébergement.


Extrait de La Nouvelle République du 19 juin 2009 :

Décès d’une handicapée : un drame joué en vase clos

Le 22 août 2007, Stéphanie, jeune femme handicapée de 23 ans, est décédée au domicile de sa famille d’accueil. Le couple comparait devant la cour d’assises.

Multiples embolies pulmonaires, conséquences d’innombrables plaies sur le corps et la face non soignées : c’est la cause du décès, le 22 août 2007, de Stéphanie, une jeune femme handicapée physique et mentale, retrouvée dans la baignoire au domicile de sa famille d’accueil de Scillé.

Dans le box, hier à Parthenay, comparaissaient côte à côte Andrée Peronne et Gérard Mitaine. La première accusée d’avoir porté les coups qui ont entraîné ce décès, et le second pour n’avoir pas porté assistance à la jeune femme. Un couple divorcé depuis les faits, et unanimement décrit comme fonctionnant sur un mode de dominant-dominé.

« Soumis à l’autorité de son épouse », « introverti », l’homme de 66 ans portant collier de barbe et lunettes assumait à la maison les « tâches matérielles ». « Il ne se mêlait jamais des choses désagréables », témoigne sa première épouse. Un homme vivant « dans son monde », évoque l’un de ses fils, avec qui il a perdu tout contact depuis sa rencontre avec Andrée Peronne, au début des années 90.

Elle, petite femme s’exprimant d’une voix claire et forte, venait alors d’être embauchée comme aide de vie par la première épouse de Gérard pour s’occuper de personnes âgées. Une nouvelle étape d’un parcours de vie difficile, marqué par des drames dont elle s’est toujours relevée : abandonnée par sa mère, en charge de 8 frères et sœurs, mariée à 18 ans avec un homme « abusant de la boisson », mère de sept enfants, un second mari décédé du Sida suite à une transfusion sanguine, le suicide d’un fils. Une femme « autoritaire », parfois violente, confie sa fille aînée.

“ La haine existe à l’état pur ”

En 1998, le couple quitte les Ardennes pour les Deux-Sèvres. En 2005, le conseil général leur délivre un agrément de couple pour accueillir des personnes handicapées. Stéphanie est leur première « accueillie ». « Pendant un an et demi, tout s’est bien passé. Jusqu’à l’arrivée d’un second pensionnaire Bernard, où elle a commencé à devenir de plus en plus difficile, à faire sous elle, à refuser de manger », explique Andrée Peronne.

Les coups auraient donc commencé en février ou mars 2007. « Non, je n’avais rien vu », répond sans relâche Gérard aux questions du président Jean-Louis Cleva et de son avocat MeJean-Marie Salzard. Les services de tutelle de Stéphanie et du conseil général non plus, lors de leurs visites début 2007.

L’enquête du conseil général était-elle complète au départ ? Ont-ils vérifié les informations données par le couple ?
Non, confirme l’assistante sociale chargée du dossier au Département. « Ce qui veut dire qu’il aurait suffi d’interroger les enfants de Mme Mitaine sur leurs relations avec leur mère pour que nous ne soyons pas tous là aujourd’hui », assène l’avocat des parties civiles, Me Jean Damy.

Mais comment le climat dans cette « famille » a-t-il pu ainsi dégénérer ? Le professeur en psychiatrie Jean-Louis Senon a tenté de décrire le mécanisme qui a pu conduire à l’issue fatale. La prise en charge extrêmement difficile d’une personne handicapée mentale, la jalousie de l’épouse, le malaise du second pensionnaire. « Le tout mène toujours à une régression archaïque, qui fait que l’un est désigné comme le “ méchant ” […]. Ce drame s’est joué en vase clos. Dans ces situations, la haine existe à l’état pur, au-delà de la colère. »

Aujourd’hui, la cour reviendra sur les faits, puis suivront le réquisitoire et les plaidoiries, avant le verdict attendu en fin de journée.

Voir la version originale de cet article


La Nouvelle République, 20 juin 2009 :

Décès d’une handicapée : douze années de réclusion

La cour d’assises a condamné hier Andrée Peronne, accusée d’avoir porté les coups qui ont entraîné la mort d’une jeune handicapée, à 12 ans de réclusion.

Jeudi soir, au terme de la première journée du procès d’Andrée Peronne et Gérard Mitaine, la cour et .tirés s’étaient retirés avec dans les yeux les images prises lors de l’autopsie du visage de Stéphanie, jeune handicapée morte le 22 août 2007 à Scillé.

« Un visage qui n’avait plus de visage que le nom. Un corps nu, squelettique, mutilé », dira durant son réquisitoire l’avocate générale Marie-Pierre Merle.

Avaient-ils encore à l’esprit cette image hier ? Après trois heures de débats, ils ont rendu leur verdict : douze années de réclusion criminelle pour Andrée Peronne, 66 ans, et trois ans de prison avec sursis simple à rencontre de son ex-époux, Gérard Mitaine. Tout au long de la matinée, consacrée au déroulement de la soirée de la mort de Stéphanie, Andrée Peronne s’est pourtant défendue avec assurance : « Non, je ne l’ai pas tapée. Absolument pas ! » Laissant transparaître cette « force de caractère » qui fait penser que rien ni personne ne peut la déstabiliser.

Rien ? « J’ai perdu mon sang-froid », reconnaît-elle tout de même en parlant de ces derniers mois où la prise en charge de la jeune femme handicapée de 23 ans devenait de plus en plus difficile, depuis l’arrivée d’un second pensionnaire début 2007, dans cette famille d’accueil agréée. Mais, sur les traces de sang dans la salle de bains ou sur son tablier, de la dent de Stéphanie trouvée dans la cuisine, pas une explication. Et de l’absence de soins, juste cette réponse, spontanée et terrible : « Elle n’était pas handicapée des mains, elle pouvait se soigner elle-même ! »

"Un coeur à moitié sec"

Marie-Pierre Merle, l’avocate générale, a requis de 15 à 18 ans de réclusion à l’encontre d’Andrée Peronne, une femme dont les blessures morales « lui ont laissé un cœur à moitié sec ». Même perception du côté des parties civiles, entre Me Jean Damy, confiant n’avoir pas ressenti depuis longtemps un tel « sentiment d’horreur et de malaise » dans un dossier, et son confrère Mc François-Xavier Morisset, décortiquant un « processus de déshumanisation », « un traitement inhumain et dégradant ».

Et puis le silence. « La lâcheté » du mari d’Andrée Peronne, Gérard Mitaine, qui n’a rien dit, rien fait. « Un homme bon », mais « soumis ». Le ministère public requiert à son encontre quatre ans de prison avec sursis. « Il a prié pour Stéphanie », raconte son avocat, le bâton-nier Jean-Marie Salzard. « Par ce lien de soumission à son épouse, il ne pouvait rien faire. Ce n’est ni son tempérament, ni son éducation. » Même ses tentatives de fuite du foyer conjugal ont échoué.

Le tempérament, l’éducation d’Andrée Peronne, c’est ce sur quoi se sont appuyés ses avocats, Me Gaëlle Kerjan et Me Jean-François Trespaillé. Éducation à l’ancienne, corrections fréquentes. Et puis « la très grande solitude » dans laquelle elle a pu se trouver face à la prise en charge de Stéphanie. « Elle s’est retrouvée dans une situation qu’elle ne maîtrisait pas, ce qui ne lui était jamais arrivé. »

Reste un « doute », a pointé Me Trespaillé : « L’origine des blessures qui ont entraîné la mort, peut-être imputables aux pertes d’équilibre et aux chutes de Stéphanie. » Et encore un autre : celui de la responsabilité des autorités de tutelle qui étaient responsables du placement et du suivi de Stéphanie. Si pour Me Damy, le conseil général porte entièrement cette « faute », et doit « changer ses méthodes de travail », pour son confrère Me Morisset, le couple Mitaine « a trahi la confiance des autorités. C’est-à-dire de nous tous, de la société. »

Compte rendu d’audience Caroline Jaouen

Consulter la version originale de cet article (format PDF)

Dernière mise à jour : mercredi 12 janvier 2011

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies qui mesurent la fréquentation de ce site et vous permettent de le partager sur les réseaux sociaux.

Association Famidac © 1998-2016. Reproductions partielles autorisées avec la mention "Source : famidac.fr"
Qui sommes-nous ? | Adhésion | Merci de nous signaler toute erreur ou anomalie | Site réalisé avec SPIP

9 visiteurs (dont 6 sur le forum)

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies qui mesurent la fréquentation de ce site et vous permettent de le partager sur les réseaux sociaux.

Association Famidac © 1998-2016. Reproductions partielles autorisées avec la mention "Source : famidac.fr"
Qui sommes-nous ? | Adhésion | Merci de nous signaler toute erreur ou anomalie | Site réalisé avec SPIP