2010 : Pour développer les accueils familiaux de jour

Est-ce souhaitable ? A quelles conditions ?
Fanélie HEROUARD, Intervention Sociale d’intérêt collectif, octobre 2010.

Nous avons mis le questionnaire de Fanélie en ligne (voir ci-dessous, en PS de cet article
 [1]
) en avril 2010. Fanélie nous a adressé son "rapport d’étape" en octobre 2010.

Merci Fanélie, pour cette excellente initiative ! ;-)

Tous ceux qui le souhaitent peuvent encore exprimer leur point de vue en répondant à ce questionnaire : leur réponses viendront s’ajouter à celles que Fanélie a déjà dépouillées, et seront utiles aux autres étudiant(e)s qui souhaiteraient compléter ou approfondir cette première étape.

Merci d’avance ! :-)

NB : voir également,



Fanélie HEROUARD
Etudiante Assistante de Service Social (2e année)

“L’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). de jour vu par les Accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.

Intervention Sociale d’intérêt collectif

Le choix de mon intervention s’est fait courant Février 2010. Le service (dans lequel j’effectue un stage de 19 semaines) m’a proposé un travail d’enquête sur les « accueils familiaux à la journée », activité inexistante dans notre département.

Une telle forme d’accueil pourrait répondre à des besoins de proximité, de répit, de relais pour les familles naturelles devant s’occuper d’un de leur proche. Pour autant cette formule d’accueil n’existe pas sur le département, et elle ne correspond pas aux modalités de l’arrêté d’agrément classique.

J’ai souhaité de mon côté mener un travail d’enquête sur le développement de l’accueil familial de jour, en questionnant les familles d’accueil de la France entière, via le site www.famidac.fr


J’ai pu enquêter et faire ressortir plusieurs constats :

  • Des appels à projets (de la MSA, DGAS...), mais également les texte publiés en août 2010, en application de la loi DALO, appellent à développer cette formule d’accueil innovante, qui répond à de réels besoins
  • L’accueil familial à la journée n’existe actuellement que dans très peu de départements
  • Seulement trois familles semblent l’avoir expérimentée sur toute la France
  • Deux de ces trois familles ne peuvent pas en vivre au quotidien
  • Les public visés, et les professionnels du médico-social n’ont pas connaissance de l’existence de cette formule

Pour exercer, les familles d’accueil doivent obtenir un agrément qui stipule le nombre de personnes qu’elles peuvent accueillir (maximum 3) et dans quelle mesure (accueil à la journée, à temps complet, à temps non complet).


Ces constats m’ont amenés à me questionner sur l’offre et la demande de ce type d’accueil en France.

J’ai donc élaboré mon action depuis le début, et réalisée une phase de diagnostic. Pour cela, il m’a paru intéressant de contacter le président de l’association nationale des familles d’accueil, Étienne Frommelt, que j’avais déjà contacté pour mon travail d’enquête. Il m’avait déjà confirmé que l’activité d’accueillant à la journée était peu présente, et qu’il trouvait cela dommageable. Pourtant, elle répond à de réels besoins.

Aujourd’hui de plus en plus de familles naturelles éprouvent un besoin de répit, devant souvent laisser leur proche dans un établissement, en accueil de jour. Bien que ces structures répondent aux attentes et aux besoins de certaines personne, l’accueil familial à la journée, tout comme l’accueil familial à temps complet, permet une alternative aux établissements.

Pour des personnes désorientées par exemple, l’accueil de jour permet d’évoluer dans un environnement calme, avec un rythme et des activités adaptées en retournant dans leur famille le soir.

J’ai donc analysée ce constat et j’en ai tiré des hypothèses.

  • Les familles d’accueil sont intéressées, les besoins sont présents, mais cependant l’accueil à la journée ne se développe pas, cela peut être du aux CG qui seraient frileux à l’idée d’agréer des familles pour ce type d’accueil.
  • Les trois familles exerçant m’ont toutes affirmées qu’il avait été très compliqué et fastidieux d’obtenir un agrément, qu’il a fallu modifier dans le fond et la forme. En effet celui-ci stipule une rémunération à la nuitée ainsi que des conditions d’hébergement et de restauration relatives à un accueil à temps complet.

Les conditions ne sont donc pas réunies pour que les personnes puissent faire leur demande d’agrément pour accueillir à la journée.


Après cette phase de compréhension, il m’a fallu réfléchir à un mode d’intervention. En lien avec Étienne Frommelt, j’ai pu élaborer mon projet et envisager sa mise en œuvre. L’association des accueillants familiaux dont il est le président, est très impliquée dans la défense des droits des familles d’accueil. Celui-ci était très intéressé par le sujet de mon travail.

A la suite de plusieurs mails et échanges téléphoniques avec Étienne, j’ai fait naître l’idée d’un questionnaire que nous pourrions distribuer aux accueillants familiaux de toute la France, en leur donnant la parole sur leurs représentations des avantages et des limites de l’accueil à la journée.

Mon travail d’intérêt collectif serait donc centré sur une phase de diagnostic, pour comprendre quels sont les freins au développement de cette forme d’accueil.

L’objectif étant :

  • d’envisager un développement de l’activité
  • de visualiser la faisabilité de l’accueil familial de jour, par les premiers professionnels du secteur que sont les accueillants familiaux.

Je pense en effet qu’ils sont les mieux placées pour évaluer les avantages et les inconvénients d’un tel travail. Ils sont d’ailleurs peu reconnus dans leur activité au quotidien et leur emploi est assez précaire (ils ne cotisent pas pour le chômage par exemple).

Je voulais donc comprendre pourquoi cette accueil était peu développé et ce qui les retenaient à exercer à la journée : précarité, barrières institutionnelles, pas d’intérêt pour l’accueillant, ou non connaissance de l’activité...

J’ai pu établir mon questionnaire, qui a ensuite été communiqué à tous les abonnés de la "lettre d’information" de l’association (environ 800 personnes) et également en première page du site, dans les actualités.


J’ai par la suite analysé les résultats de mon questionnaire. Pour cela je disposais d’un tableau où s’inscrivaient les réponses au fur et à mesures que les personnes répondaient en ligne. J’ai obtenu 53 réponses (point au 20 octobre 2010), sous cette forme :

JPEG - 47.5 ko
JPEG - 39.9 ko
JPEG - 53.7 ko
JPEG - 46.6 ko

Pensez-vous que ce type d’accueil fonctionnerait dans votre secteur ? (Réponses libres)

Quelques réponses types :

  • Peu de voisins, endroit trop isolé sans transports publics = peu d’accueils à la journée
  • Je ne sais pas si ce type d’activité fonctionnerait, ce que je sais c’est que le métier d’accueillant familial n’est pas reconnu au grand regret de nous les familles d’accueil
  • Je pense que ça pourrait fonctionner, mais pas immédiatement, il faut d’abord que les gens s’habituent à l’accueil familial existant déjà, chose qui n’est pas évidente vu que nous ne sommes pas aidés par notre CG
  • C’est possible par exemple pour des parents souhaitant un peu de répit avec un enfant handicapé.
  • Les familles naturelles et d’accueils en demande. Les associations de parents de personnes handicapées semblent très intéressées. Le gros problème est le financement, quelles aides pour ce service ?
  • Proximité d’une petite ville, nombre grandissant de personnes dépendantes et de familles nous sollicitant pour des accueils temporaires.
  • Peut-être, à condition d’en persuader le conseil général, les CLIC et tous les acteurs de réseaux d’aide à domicile.

J’ai pu observer que les résultats du questionnaire répondaient à certaines de mes hypothèses. A plusieurs reprises, dans les questions « ouvertes », les accueillants ont tenu des propos sur l’investissement des conseils généraux. Selon certaines familles d’accueil, l’institution serait encore trop frileuse à l’idée de s’investir dans des projets novateurs. Cette affirmation est souvent émise par des accueillants ayant déjà déposé des candidatures pour de l’accueil de jour.

Aussi, comme nous pouvons le voir, 58% des accueillants pensent que l’accueil à la journée devrait s’exercer en partenariat avec le conseil général et/ou d’autres associations. S’ils sont assez critiques envers l’institution, ils sont également demandeurs de collaboration avec celle-ci. Bon nombre de familles soulignent la nécessité d’être soutenues dans leur activité, ce qui permet aussi d’éviter l’isolement, d’accéder à plus de reconnaissance.

En effet, les personnes soulèvent notamment les problèmes du financement et du peu de reconnaissance qu’on leur attribue dans l’exercice de leur profession

48% des questionnés, répondent qu’une activité d’accueil à la journée serait complémentaire aux revenus de leur ménage. C’est donc une activité peu rentable, ce qui peu expliquer son faible développement. Pour des familles assez précaires, souvent assez isolé dans un milieu rural (41% des interrogés vivent à la campagne), le fait de s’investir dans un accueil à la journée est certainement trop risqué.

[Note de Famidac : nous préconisons les accueils de jour en complément d’une activité plus régulière ; exemple : 1 ou 2 accueils permanents + 1 accueil temporaire ou de jour.]

Enfin, si de nombreuses barrières expliquent le faible développement de l’accueil familial de jour, il semble qu’il répondrait pourtant à des besoins. Selon 61% des personnes questionnées, cette alternative aux établissement d’accueil de jour (hôpitaux, EHPAD, cantou...) serait une offre de répit aux aidants naturels. A la campagne notamment, la proximité et l’esprit d’entraide pourraient faciliter l’exercice de cette profession....

Il reste aujourd’hui à pouvoir élaborer dans de bonnes conditions ce genre de projet et faire force de proposition, dans l’intérêt des principaux intéressés : les personnes âgées et handicapées.


Notes

[1Vous pouvez encore compléter le questionnaire ci-dessous

Post Scriptum

Le questionnaire

Les accueils familiaux de personnes handicapées ou âgées "à la journée" sont encore rares, mais devraient se développer car nous avons obtenu la prise en compte de cette possibilité par le Décret n° 2010-928 du 3 août 2010.

Vous pouvez encore exprimer votre point de vue en répondant à ce petit questionnaire, sans oublier de cliquer sur le bouton "Envoyer", en fin de formulaire :-)

Vos réponses viendront s’ajouter à celles que Fanélie a déjà dépouillées, et seront utiles aux autres étudiant(e)s qui souhaiteraient compléter ou approfondir cette première étape.



Dernière mise à jour : samedi 19 janvier 2013

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