Chères maisons de retraite (moyenne : 73 € par jour en 2013)

... mais jusqu’à 145 € par jour (4.430 € par mois) en 2015.

La maison de retraite est un choix par défaut.

Le baromètre du Groupe SOS Seniors / Frédéric Serrière présenté en avril 2015, réalisé auprès de 1.487 personnes de 55 à 79 ans, montre que 80% d’entre elles ne souhaitent pas aller vivre en maison de retraite : "Bien-vieillir, c’est vivre autonome chez soi et entouré".
Le groupe SOS constate que la durée moyenne des séjours diminue au fil des années (33 mois aujourd’hui), avec des entrées de plus en plus tardives.

Le coût moyen d’une place en 2013

Source : DGCS, CNSA, ATIH - enquête de coûts 2013 en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), publiée en mai 2015.

En 2013, le coût moyen d’une place d’hébergement permanent était de 3.087€ par mois, soit plus de 100 € par jour se décomposant comme suit :

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Maisons de retraite - coût moyen en 3013, 73 € par jour

Il s’agit du coût par place en hébergement permanent, supporté par les résidents et leur famille, les conseils départementaux et l’Assurance maladie. Il intègre les données relatives aux dépenses de soins de ville (voir le résumé de cette enquête).

Pour comparer ces chiffres avec le coût d’un accueil familial, il ne faut pas prendre en compte ces soins, toujours à la charge des personnes accueillies et des assurances :

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Enquête de coûts 2013 en EHPAD
  • 26 € Accompagnement dans les actes de la vie quotidienne
  • 23 € Hôtellerie
  • 12 € Restauration
  • 8 € Organisation du lien social
  • 4 € Blanchisserie

Coût total : 73 € / jour soit 2.227 € par mois.

... soit en moyenne 25% plus onéreux qu’un accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). - voir nos exemples de "relevés mensuels des contreparties financières".

En 2012, le PMG annonçait pour sa part un coût net moyen de 2.416 € par mois, soit 79,20 € par jour (étude portant sur 169 établissements, dont 34 établissements publics et 135 établissements Privés Non Lucratifs, hors Ile‐de‐France (l’observatoire KPMG des EHPAD 2012 est téléchargeable sur agevillage.com)

"On dit que cela coûte cher mais considérablement moins qu’un prix de journée à l’hôpital. Dans une maison de retraite cela revient à 75 € en moyenne contre 1 500 € à l’hôpital", explique Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs d’établissements au service des personnes âgées.

2015 : d’importantes disparités entre les métropoles et les villes moyennes

Retraite Plus, organisme d’orientation en maison de retraite, dévoile les tarifs moyens, pour chaque région, d’un séjour en EHPAD privé en 2015 :

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Coût des maisons de retraite privées en métropoles

Le coût moyen mensuel (hors capitales) en ehpad privé s’élève ainsi à 2.325 euros en Poitou-Charentes, contre 3.046 euros en Ile-de-France. Et si l’on considère les grandes villes, il est de 2.690 euros à Toulouse, 3.055 euros à Lille, et... 4.430 euros à Paris. Les tarifs des capitales régionales et des villes moyennes sont très divergents et c’est pourquoi Retraite Plus a dissocié ces deux cartes.

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Coût des maisons de retraite privées hors métropoles

Tous les résultats sont en ligne sur le blog de retraiteplus.fr.

Que comprennent les tarifs des maisons de retraite ?

Les tarifs des maisons de retraite se calculent en fonction de trois éléments distincts et complémentaires : l’hébergement, la "dépendance" et les soins.

Le tarif hébergement, fixé par les établissements, inclut l’administration générale, l’accueil hôtelier, la restauration, l’entretien et l’animation ; il est à la charge de la personne âgée, qui peut avoir droit, comme en accueil familial, à l’aide sociale du département (récupérée sur succession).

Le tarif soins (personnels soignants, médicaments, dispositifs médicaux, …) est financé par l’Assurance Maladie. Chaque établissement le négocie avec ses autorités de tarification. Aussi, un EHPAD « cher » n’aura peut-être pas une dotation soin suffisante et donc un « prendre soin » suffisant.

Le tarif dépendance intègre les interventions relationnelles, d’animation et d’aide à la vie quotidienne ou bien des prestations hôtelières en lien direct avec la dépendance. Le forfait des GIR 5 et 6 est à la charge de chaque résident. Un forfait pour les GIR 3-4 et 1-2 est fixé par le Conseil Général. En établissement l’allocation personnalisée d’autonomie, l’APA, n’est pas la même qu’à domicile ou en accueil familial.

Au tarif de base s’ajoutent des dépenses supplémentaires comme le téléphone, le coiffeur, les produits d’entretien de la personne. « Cela peut faire grimper la note de 200 € par mois », calcule la fille de Jacqueline, une dame de 94 ans qui vit dans une résidence pour seniors de Toulouse.

Roland, ancien agriculteur, ne perçoit pas une pension suffisante pour se payer seul une place dans une maison de retraite. « Il n’a que 800 € de ressources et c’est nettement insuffisant, ajoute Yves son fils. Nous lui avons trouvé une place à 2 400 € par mois. Nous avons donc sollicité le conseil général qui lui a octroyé une aide. Nous avons malgré tout plus de 700 € qui restent à notre charge. C’est vraiment très lourd ».

La fratrie assume aussi les faux frais relatifs à la vie courante de leur père. « Nous payons tous ses produits de toilettes, son téléphone, le coiffeur et sa participation, lorsque c’est possible, certaines animations et spectacles proposés par l’établissement » précise Danièle.
(source : ladepeche.fr)



Archive : 2.200 €/mois en 2009

Source : Etat des lieux relatif à la composition des coûts mis à la charge des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) - Inspection générale des affaires sociales (IGAS), 2009.

« Ces groupes sont rentables et restent des placements sûrs. (…) Parmi les cinq plus gros, trois sont cotés en Bourse. Je connais peu de secteurs dans le domaine de la santé qui ont des marges de progression de leur chiffre d’affaires de 25 %. C’est un créneau très porteur. »

C’est l’émission "Le Business des maisons de retraite" du 6 décembre 2011 (à voir ou à revoir sur http://www.france5.fr/sante/enquete-de-sante/emission/2011-12-06) qui nous a donné envie d’évoquer ici ce rapport.


Etat des lieux relatif à la composition des coûts mis à la charge des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD)

Pour télécharger ce rapport, cliquez ici : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/094000473/0000.pdf

Résumé :

Le reste à charge mensuel des résidents en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) s’élève en moyenne à 2.200 euros.

Pour cette mission sur la composition des coûts mis à la charge des résidents, l’Igas a mené des investigations dans quatre départements (la Creuse, la Gironde, Paris et le Haut-Rhin) et dans 17 Ehpad et trois unités de soins de longue durée (USLD).

L’Igas note de fortes « différences d’un établissement à l’autre » concernant les coûts à la charge des résidents et souligne qu’au final, ces sommes atteignent des montants « sensiblement supérieurs aux données couramment annoncées ».

La mission précise ainsi que le montant mensuel de 1.500 euros « constitue une sorte de minimum incompressible qui ne s’applique qu’aux personnes très attentives à limiter leurs dépenses et qui résident dans des établissements situés en milieu rural dont le terrain et la construction sont financièrement totalement amortis ».

La somme mensuelle de 2.900 euros représente « certes un montant élevé » mais est « fréquemment » observée « en milieu urbain » et « ne correspond pas à des prestations particulièrement luxueuses ».

Les tarifs et les prix les plus élevés enregistrés par la mission correspondent à une dépense mensuelle de 5.000 euros, soulignent les auteurs du rapport, qui précisant que cette somme peut « être largement dépassée en fonction des souhaits de consommation des personnes disposant des ressources financières adaptées à ce mode de vie ».

Ils précisent que les coûts mis à la charge des résidents « ne s’arrêtent pas au seul "tarif hébergement" ». Ils incluent de nombreux autres éléments qui « forment au total un ensemble composite comprenant, d’une part, le montant de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) laissé à la charge du résident et, d’autre part, une série de dépenses diverses » comme les frais de mutuelle, la coiffure, les coûts d’utilisation de la télévision ou du téléphone,…

S’agissant des frais de mutuelles, elle note que, dans les établissements enquêtés, le montant mensuel s’établit au minimum à 60 euros et se monte le plus souvent à 80 euros.

Entre 42.000 et 107.300 €, selon la durée du séjour

La mission souligne que le « coût final à débourser » est certes lié au montant mensuellement mis à la charge des résidents et de leurs familles mais dépend « plus encore du nombre de mois qui va caractériser la durée du séjour ». Elle note cependant qu’il « très difficile, voire impossible », contrairement au court séjour, de « déterminer ex ante la durée [du] séjour ».

La mission qui s’est appuyée sur les chiffres donnés par un grand groupe privé de maisons de retraite qui fait état d’une durée moyenne de séjours, en mai 2009, de 1.120 jours, soit environ 37 mois, pour les séjours permanents non terminés au jour de l’enquête, et de 860 jours, soit environ 28 mois, pour les séjours terminés.

En appliquant ces durées de séjour aux coûts mensuels, la mission a identifié des montants qui vont de 42.000 euros (pour 28 mois à 1.500 euros) à 107.300 euros (pour 37 mois à 2.900 euros), la moyenne se situant à 74.650 euros. L’Igas précise que ces chiffres « constituent des ordres de grandeur mais ne renseignent en rien sur les coûts réels qui ne peuvent s’exprimer qu’individu par individu ».

Elle rappelle que les résidents peuvent bénéficier d’aides publiques, telles que des aides fiscales, des aides au logement et l’aide sociale à l’hébergement, mais ces aides sont « hétérogènes », « attribuées par des financeurs distincts », « non articulées entre [elles] » et « non pas été conçues spécifiquement pour répondre à la préoccupation contemporaine de diminution des sommes mises à la charge des résidents des Ehpad ».

Selon l’Igas, le « ciblage insuffisant de ces aides leur confère un caractère largement anti-redistributif ».

Les auteurs notent en outre que si « formellement, les dépenses mises à la charge des personnes âgées font l’objet d’une transparence », il n’existe pas de lien direct entre le coût imposé au résident et la qualité des prestations fournies par l’établissement, ni entre le montant du reste à charge du résident et son niveau de revenu.

En effet, des personnes aux revenus élevés peuvent être admis dans des Ehpad habilités à recevoir des personnes relevant de l’aide sociale, présentant donc des tarifs « raisonnables » et offrant des prestations de qualité, explique la mission.

Parmi les facteurs explicatifs des montants mis à la charge des résidents, l’Igas cite « l’effet des coûts immobiliers et les normes imposées aux établissements » qui jouent un rôle important.

Elle estime toutefois que le « système laisse une grande place à l’aléatoire », un tarif élevé ne garantissant « aucunement » une prise en charge satisfaisante tandis qu’un tarif bas ne l’exclut pas.

Des hypothèses pour réduire le "reste à charge"

L’Igas formule plusieurs hypothèses qui permettraient d’alléger le reste à charge en Ehpad. Elle propose d’abord de revoir les frontières entre les trois sections tarifaires, soins, dépendance et hébergement. Par exemple, elle cite le transfert, depuis la section hébergement, des dépenses liées aux animateurs vers la section dépendance.

Elle estime aussi que des économies pourraient résulter de mutualisations entre établissements.

Elle propose également de concevoir un nouveau type d’Ehpad qui proposerait « des prestations moins coûteuses » reposant sur une standardisation de la construction des bâtiments, sur la réduction de la dimension des surfaces des chambres et l’abaissement du niveau des normes ou encore sur la diminution du nombre d’agents non affectés au lit du résident, comme le personnel de direction et d’accueil ou le personnel technique.

Enfin, elle évoque la possibilité d’accroître la « socialisation » des coûts de l’immobilier en mettant à disposition gratuitement des terrains en cas de construction d’un Ehpad et en généralisant les subventions à la construction ou à la rénovation.

L’Igas note en outre que l’évolution de la demande de la clientèle, « de plus en plus exigeante », souhaitant des unités de petite taille et qui pourrait se tourner à l’avenir « prioritairement vers des structures sécurisantes dans lesquelles le soin est assuré de manière (…) plus technique et plus respectueuse », ne devrait pas aller dans le sens d’un abaissement des coûts.

Post Scriptum

Comparez l’ensemble de ces données avec le coût d’un accueil familial : voir nos articles

Dernière mise à jour : samedi 23 mai 2015

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