Accompagnement de l’accueil familial : place et rôle de chacun

Christian BISSON & Michel LEMONNIER, éducateurs
Conseil Général de la Manche

Pages 59 à 62 (...) : commander la revue à : IPI - 50 rue Samson - 75013 PARIS - Tél. 01.45.89.17.17

> Extrait :

Christian BISSON :

(...) L’objectif premier de l’accueillant familial et de son entourage est de fournir à un pensionnaire, dont les capacités physiques ou mentales sont altérées temporairement ou définitivement et qui ne peut plus vivre seul, les meilleures conditions de bien-être et d’épanouissement personnel. Maintenir, améliorer, faire émerger les potentiels, favoriser l’autonomie, développer l’intégration, doivent être les mots-clés pour la famille d’accueil et pour nous.

Les conditions de ce postulat passent par la mise en place d’un cadre affectif, de repères stables ainsi que par la prise en compte d’un secteur géographique approprié aux besoins et aux relations de la personne accueillie. Le lieu de vie deviendra structurant s’il y a équilibre entre les stimulations émanant de l’accueillant (stimulations éducatives, bon positionnement avec la famille naturelle, collaboration avec les professionnels) et les stimulations « naturelles » de l’accueil, de la vie familiale et de la vie sociale.

Un des moyens d’y parvenir est la mise en adéquation de l’offre et de la demande, à savoir que les différentes caractéristiques de l’accueilli correspondent au nouveau lieu de vie qui lui est proposé. Dans l’idéal, ceci suppose l’expression des attentes et souhaits de chacun, mais aussi une connaissance affinée de la personnalité de l’accueillant familial et de celle du bénéficiaire de l’accueil. Dans ce cadre, nous sommes en fait des « facilitateurs d’accueil », nous mettons nos connaissances spécifiques de l’accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). au service des professionnels, tuteurs, travailleurs sociaux d’hôpitaux, médecins ou familles.

Nous n’avons pas fonction à être maîtres d’œuvre d’un placement. Nous intervenons en tant que personnes ressources. N’étant pas inscrits dans une démarche de service de placement, nous ne pouvons qu’appuyer les professionnels ou les familles qui entreprennent une démarche de recherche d’accueil.

La coordination prend alors toute sa place. Le savoir « qui fait quoi » prend tout son sens et permet de rendre complémentaires et cohérentes les actions de professionnels du social et de la santé exerçant des mandats différents. Le partenariat permet de dégager un interlocuteur privilégié, le tuteur ou toute autre personne, auprès de la personne sujet de l’intervention.

Michel LEMONNIER :

Si l’on faisait un cercle, on pourrait mettre au centre la personne accueillie et, à partir de ce centre, dessiner des flèches en direction des différents intervenants : l’institution d’origine qui est demandeuse, la famille si elle existe, le tuteur, les médecins généralistes ou ceux de l’institution d’origine, la famille d’accueil et le service départemental d’action sociale.

(...) Notre rôle est d’orchestrer un accueil familial de qualité. Notre place est surtout à côté de la famille d’accueil : d’une part, nous sommes à l’origine de son agrément, d’autre part, nous sommes ses interlocuteurs. Quelques interventions en direction de nos partenaires viennent régulièrement rappeler que l’accueil se fait 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, que la famille met à disposition son vécu et son intimité familiale, qu’elle offre aussi la cohésion de sa cellule familiale. Il y a là un risque énorme. C’est son outil de travail principal, et l’accueilli ne doit pas venir tout perturber. Il y a un juste milieu à respecter et notre rôle se situe principalement à ce niveau. Il n’est pas inutile de rappeler l’absence de formation des familles d’accueil...

Les familles d’accueil se sont plaintes, après avoir bénéficié d’une préparation pour l’accueil, d’être par la suite laissées un peu seules. En cas de soucis, elles se retrouvent désarmées. C’est pourquoi nous sollicitons avec insistance la possibilité d’allers et retours avec l’institution d’origine, pour la sécurité de chacun, et pour éviter la solitude de la famille et les notions de culpabilité et d’échec.

Il faut également protéger des familles d’accueil pleines de générosité qui disent qu’elles « vont y arriver », et leur dire : « Attention, il y a des missions impossibles ».

Notre travail est aussi de garantir que les conditions d’accueil qui ont justifié l’agrément sont toujours réunies. Dans toutes vies, il y a des décès, des divorces, des situations de précarité qui surgissent. Il faut donc être vigilant et s’assurer que la caution donnée reste d’actualité.

Il y a donc souvent des sonnettes d’alarme à tirer. Une telle approche n’est pas exempte de contrôle, mais l’intervention peut se limiter à du conseil et de la prévention.

Cela permet d’évaluer les points forts et les points faibles de l’accueil pour en dresser un bilan et ainsi mieux préparer l’accueil suivant. Cela permet, non pas d’attribuer une note, mais de donner une connotation à la « qualité » de la famille et d’en ressortir des indices pour réussir un autre accueil. On peut prétendre qu’elle est plutôt capable d’accueillir tel profil (au sens de l’histoire particulière et des besoins spécifiques d’une personne) que tel autre. Cela évite, là encore, l’échec, puis la culpabilité. Ce qui n’a pas « marché » là, c’était peut-être mission impossible. Il faut en tirer des éléments pour recommencer sur de bonnes bases.

En termes de projet, il semble utile de souligner qu’être accueilli en famille d’accueil représente, pour beaucoup d’adultes sortant d’institutions, une étape très importante. Après des années en établissements, le fait d’arriver en famille d’accueil doit représenter un progrès, la reconnaissance de l’autonomie, le droit à être accueilli pour soi-même. Le projet en famille d’accueil doit favoriser ces aspects.

Être en famille d’accueil signifie intégration par le loisir, le soin, les vêtements, l’argent de poche. Il nous a fallu parfois être médiateurs, voire être un peu directifs, par exemple pour obtenir qu’un travailleur en CAT, que l’institution faisait suivre par la médecine du travail, aille voir son médecin traitant personnel, dans un but d’autonomie et d’intégration.

Cette mission d’accompagnement ne peut réussir que par le partenariat. Il ne doit pas y avoir de monopole d’une institution sur l’autre.

Dernière mise à jour : dimanche 1er janvier 2012

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