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Famidac, l'association des accueillants familiaux
et de leurs partenaires

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Projet de loi Grand âge et autonomie

Dans la perspective d’un projet de loi, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé lançait, en octobre 2018, une vaste concertation nationale « Grand âge et autonomie » qui s’est achevée en février 2019.
Ses conclusions reprennent plusieurs des propositions et revendications de Famidac.

Le 18 juin 2020, des représentants de Famidac a été auditionné par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale.

Brigitte Bourguignon Nous espérons que Brigitte Bourguignon (ex Présidente de cette Commission, nommée en juillet 2020 Ministre déléguée chargée de l’Autonomie) pourra enfin finaliser ce projet de « cinquième branche de la sécurité sociale » concernant les personnes handicapées et/ou âgées.

Le 8 septembre 2020, elle tweete :
Échanges avec Hanane Sidane [adhérente de Famidac] qui prend soin de 3 personnes âgées à son domicile. Maison avec jardin
L’#AccueilFamilial représente une alternative à l’EHPAD que le @gouvernementFR souhaite développer.
Avec le Parlement, nous allons travailler à un véritable statut d’accueillant familial.
7:50 PM · 8 sept. 2020 depuis Pontault-Combault

A voir :


2018 : la concertation

Elle a mobilisé 10 ateliers nationaux, 5 forums régionaux, une consultation citoyenne ayant recueilli plus de1,7 million de votes, 100 rencontres bilatérales et des groupes d’expression de personnes âgées, professionnels et aidants.

Concertation Grand âge et autonomie - rapport complet (228 pages)

Le 28 mars 2019, Dominique Libault, pilote de ce dispositif, remettait son rapport (comportant 175 propositions) à la Ministre des Solidarités et de la santé. « La concertation Grand âge et autonomie qui vient d’avoir lieu s’est traduite par des contributions très riches et convergentes de la part de tous les acteurs. Ce rapport en est la traduction la plus fidèle possible »

2019 : Extraits de ce rapport, concernant les accueillants familiaux accueilant familial
accueillants familiaux
Agréés pour prendre en charge à leur domicile des personnes âgées ou handicapées adultes n’appartenant pas à leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en établissements spécialisés.
 :

Page 15 :
(...) Il faut ensuite engager un changement profond du modèle d’accompagnement. Le défi consiste à concrétiser un principe simple : la personne âgée doit se sentir « chez soi », quel que soit son lieu de vie. Cela suppose d’affirmer résolument la nécessité de privilégier la vie au domicile de la personne, le plus longtemps possible, et donc de diminuer la part de la population âgée en perte d’autonomie résidant en établissement. Cette priorité accordée au domicile exige de répondre à la fragilité économique des services d’aide et d’accompagnement à domicile.
Ce nouveau modèle suppose également, car la vie à domicile présente également des risques, en particulier des risques d’isolement, de sortir d’un choix binaire entre l’Ehpad et le domicile, en développant des formes alternatives et accessibles de prise en charge : résidences autonomie, accueil familial Accueil familial Mode d’accueil alternatif au maintien à domicile et au placement en établissement spécialisé : les personnes handicapées ou âgées sont prises en charge au domicile de particuliers agréés et contrôlés par les conseils départementaux (ou par des établissements de santé mentale). , accueil temporaire, accueil de jour, habitat intergénérationnel et inclusif. notamment.

Pages 32 - 33 :
(...) Entre le domicile et l’institution, plusieurs formes d’habitat (inclusif, accueil familial, résidences autonomie et résidences services) se sont développées permettant de concilier une logique domiciliaire et un bouquet de services adaptés. Toutes ces formes sont du domicile au sens de l’APA et bénéficient ainsi des prestations et des dépenses fiscales qui s’y rapportent.
(...) Environ 6 000 personnes âgées sont accueillies dans le cadre d’un accueil familial. La loi ASV a créé un référentiel d’agrément et amélioré les droits des personnes accueillies. Interrogés dans le cadre de la concertation, les conseils départementaux soulignent l’intérêt de cette forme d’hébergement, mais signalent de fortes difficultés de recrutement pour maintenir leur capacité d’accueil.

Rapport de la concertation Grand âge et autonomie
Proposition 40, page 77

Page 77 :
Proposition 40 : Augmenter le nombre de places en accueil familial en confortant leur cadre juridique et en les adossant à des établissements ou services.

La loi doit prévoir un cadre clair, incitatif et sécurisant pour l’accueil familial afin de développer résolument cette possibilité. Il est notamment proposé :

  • De clarifier et de simplifier le cadre juridique de l’accueil familial en révisant les contrats types afin d’améliorer leur lisibilité et de favoriser le développement d’accueils de jour ou d’accueils temporaires ;
  • D’étudier l’opportunité d’une ouverture du bénéfice de l’assurance chômage aux accueillants familiaux de gré à gré ;
  • De mieux faire connaître l’accueil familial auprès du grand public à travers des actions de communication.

18 juin 2020 : Audition de Famidac

Assemblée Nationale
Commission des affaires sociales, audition 18 juin 2020

La Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale->doc2830] (présidée par Brigitte Bourguignon, nommée en juillet 2020 Ministre déléguée auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, chargée de l’Autonomie) nous demandait de répondre aux questions suivantes :

  • Quels sont les blocages et dysfonctionnements actuels ?
  • Comment y remédier ?
  • Comment améliorer le statut des accueillants ?
  • Comment apporter des garanties aux personnes accueillies ?

Voici un résumé de nos réponses :

Quels sont les blocages et dysfonctionnements actuels ?

1) Les avancées promises par la loi AVS de décembre 2015 ne sont pas encore intégralement mises en œuvre. Voir www.famidac.fr/?Comment-laisser-vegeter-l-accueil-familial

2) Le Cesu accueil familial souffre encore de plusieurs imprécisions et lacunes. Voir La rétribution des accueillants familiaux & l’URSSAF

Conséquences de ces incohérences :

  • indécision des Conseils Départementaux, manquant de textes de référence suffisamment précis,
  • stagnation (voir régression) du nombre d’accueillants,
  • doutes et inquiétude des personnes accueillies, leurs proches et leurs représentants légaux,
  • intrusion de sociétés commerciales dans la gestion financière et administrative d’accueils familiaux ne relevant aucunement de leurs compétences et grevant inutilement le budget des personnes accueillies Voir Arnaques aux services gratuits

Comment y remédier ?

Avant toute nouvelle proposition de loi, qui introduirait des sources de confusion supplémentaires :

1) Demander au Gouvernement de publier les textes manquants :

2) Demander au CESU de rectifier les anomalies de ses relevés mensuels de contreparties financières.

Comment améliorer le statut des accueillants ?

En leur accordant, comme aux autres travailleurs indépendants, le droit aux allocations chômage.

L’accueil familial salarié génère de conséquents surcoûts, liés aux obligations fixées par le Décret n° 2010-928 du 3 août 2010 ; son coût journalier est de 100 à 120€, à comparer au coût moyen d’un accueil familial “de gré à gré” : 62€/jour, charges sociales comprises (44€ après déduction des avantages fiscaux).

L’accueil familial salarié ne pourrait se développer qu’à de nombreuses conditions - voir www.famidac.fr/?2007-Accueil-familial-salarie-une-loi-inapplicable

Comment apporter des garanties aux personnes accueillies ?

Les garanties actuellement apportées par les Conseils Départementaux, les travailleurs sociaux, les proches, les soignants et les représentants légaux des personnes accueillies sont amplement suffisantes.

A suivre...